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Triangulaire polémique au 2ème tour des municipales à Boissy-Saint-Léger

Triangulaire polémique au 2ème tour des municipales à Boissy-Saint-Léger

Un ex-PS passé chez LREM qui rejoint LR… Il n’y a pas qu’à Lyon. Régis Charbonnier, Fabrice Ngaliema et Laure Thibault s’affronteront dans le cadre d’une triangulaire au second tour des municipales 2020 à Boissy-Saint-Léger, avec des alliances à gauche comme à droite. Détails des grandes manœuvres et des polémiques.

Pour rappel de contexte, quatre candidats sont arrivés en position de se maintenir au second tour, obtenant plus de 10% des suffrages exprimés, et trois peuvent fusionner, qui ont obtenu plus de 5% mais moins de 10%. Voir détails ci-dessous.

Liste conduite parVoix% inscrits% exprimés
M. Régis CHARBONNIER (LSOC)106312,1833,20
Mme Laure THIBAULT (LLR)5276,0416,46
M. Fabrice NGALIEMA (LDVG)5015,7415,65
M. Moncef JENDOUBI (LREM)3954,5212,33
M. Christian LARGER (LVEC)2883,308,99
Mme Maryse MICHEL (LDVD)1822,085,68
M. Bernard SEMSER (LFI)1802,065,62
M. André YON (LEXG)650,742,03

A noter aussi que trois des candidats sont des anciens adjoints du maire PS Régis Charbonnier, certains dans la mandature qui s’achève comme Fabrice Ngaliema, qui a aussi embarqué le premier adjoint (et ancien maire de 1977 à 1995) Roger Guillemard. D’autres dans la mandature précédente, Moncef Jendoubi (ex PS aujourd’hui LREM) et Christian Larger (EELV).

Alliance à gauche autour de Fabrice Ngaliema et contre le maire sortant

A gauche, Fabrice Ngaliema (sans étiquette) et Christian Larger (EELV) ont déjà scellé leur alliance. « Nous partageons les mêmes valeurs de gauche et nous sommes cohérents », motive Fabrice Ngaliéma. Une fusion confirmée par le candidat écologiste qui a négocié 4 à 5 places éligibles en cas de victoire. La discussion est aussi engagée avec Bernard Semser (liste soutenue par LFI) mais pas encore aboutie. « Nous devons encore nous discuter du positionnement sur la liste et d’une partie du programme. Nous avions fait des propositions innovantes que nous souhaitons continuer à défendre comme le projet de téléphérique ou de jardins pour faire cultiver les légumes bio pour les cantines », insiste Bernard Semser.

Moncef Jendoubi rejoint Laure Thibault tandis que LREM claque la porte

Arrivé en quatrième position, Moncef Jendoubi, a pour sa par décidé de rejoindre la liste de Laure Thibault (LR), au grand dam du comité local LREM qui a publié un communiqué pour signifier son départ de la liste, dénonçant une fusion « au mépris de la démocratie interne » et déplorant « une issue qui ne convient ni sur le fond, ni sur la méthode employée ».

Des accusations rejetées par Moncef Jendoubi. « En 2014, on m’a reproché de ne pas avoir fait de fusion. Cette fois ci, j’ai consulté l’ensemble de mes colistiers et la très grande majorité a voté en faveur de cette alliance », défend l’ancien PS, adhérent LREM mais candidat au nom d’une liste sans étiquette, le Rassemblement citoyen. Lui explique le claquage de porte de LREM autrement. « Les marcheurs étaient favorables à cette alliance puis ont changé d’avis car la présence du député Laurent Saint-Martin sur la liste posait un problème à Laure Thibault », indique l’élu d’opposition. Un motif de départ que corrobore Christophe Fogel, colistier et chef de file Modem. « L’équipe de Laure Thibault a accepté toutes nos conditions sauf la présence de Laurent Saint-Martin car cela appuyait la présence LREM qui n’est pas très porteuse en ce moment. Les marcheurs en ont pris ombrage », confirme le colistier Modem. « Cela marquait trop la liste sur la politique gouvernementale alors que nous avons été capables de sortir des étiquettes », indique Laure Thibault. Joint au téléphone sur ce point, Sébastien Delelis, animateur du comité local LREM, ne souhaite pas commenter, n’apportant ni confirmation ni démenti.

Au sein de l’équipe initiale, la fusion avec la liste LR n’est pas passée non plus du côté de la tendance de gauche de l’équipe, incarnée notamment par l’ancienne adjointe socialiste Corinne Durand. « Ce qui importe localement n’est pas l’étiquette mais ce que l’on fait. Cela ne sert à rien d’avoir un maire PS si c’est pour supprimer des places en crèche ou l’accompagnement des bénéficiaires du RSA », réagit sur ce point Moncef Jendoubi, directeur de mission locale dans sa vie professionnelle. « Nous sommes sur une élection locale donc ce qui compte est l’avenir des Boisséens. Nous avons des programmes et des ambitions similaires. Nous parlons ensemble depuis longtemps. Les citoyens nous ont demandé de nous entendre. Il s’agit d’une alliance de bon sens », défend Laure Thibault, qui portera les couleurs du rassemblement.

Reste une inconnue : la présence ou non de Maryse Michel, candidate divers droite. « Elle m’a contacté », indique Moncef Jendoubi. « Nous sommes prêts à travailler avec qui voudra nous rejoindre sur les bases de notre programme », invite Laure Thibault. Pour Christophe Fogel, c’est tout vu et c’est niet. Ancienne tête de liste soutenu par l’UMP-UDI-Modem en 2014, l’élu d’opposition avait en effet vu Maryse Michel, également candidate UMP dissidente, se maintenir au second tour. Entre les deux Boisséens, l’inimité date de 2008. A l’époque, Maryse Michel était deuxième de liste de Christophe Fogel au premier tour et elle avait peu goûté l’alliance de ce dernier avec l’ancien maire UMP Daniel Urbain (1995 – 2001) au second tour. « Il n’est pas question de faire place à Maryse Michel, c’est très clair entre nous », rompt Christophe Fogel. Pas si sûr…

Pour le maire sortant, Régis Charbonnier, les jeux d’alliance ne sont pas faits

De son côté, Régis Charbonnier, maire PS sortant arrivé en tête avec un tiers des voix, reste confiant et assure que les jeux ne sont pas encore faits en termes d’alliance, indiquant continuer à parler avec tout le monde à gauche. Concernant la fusion entre les listes de Moncef Jendoubi et de Laure Thibault, l’élu doute du succès de ce nouvel attelage auprès des électeurs. « Moncef Jendoubi a successivement été socialiste, puis soutenu le candidat Front de Gauche contre notre partenaire PRG aux législatives de 2012, puis mené une liste sans étiquette, est passé chez LREM et s’allie désormais avec LR… récapitule l’édile. Dans cette chevauchée fantastique, je ne suis pas sûr que tous les électeurs se retrouvent. En ce qui me concerne, je suis toujours resté sur mes valeurs de gauche », ferme le maire-candidat. Concernant les places en crèche et l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, l’élu fait savoir que le second point est désormais de la compétence du département et, sur, le premier point, rappelle l’installation de la crèche Babilou et les projets d »établissement départemental intercommunal avec Limeil-Brévannes ainsi que du boulevard de la Gare avec Maison bleue.

Voir notre comparateur de programmes de premier tour à Boissy-Saint-Léger

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