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Université de Nanterre: la mobilisation se poursuit pour les « sans-facs »

Université de Nanterre: la mobilisation se poursuit pour les « sans-facs » © Lina Tran

Après une occupation de 36 heures du bâtiment administratif de l’Université de Nanterre, le syndicat étudiant Unef-Tacle a obtenu un rendez-vous avec la présidence pour évoquer la situation des « sans-facs ».

Dans la nuit du mardi 13 octobre jusqu’à jeudi 15 octobre au matin, le syndicat étudiant Unef-TACLE (Tendance Action Collective et Luttes Étudiantes de l’Unef) a décidé d’occuper le bâtiment administratif de l’Université de Nanterre afin d’interpeller la présidence sur l’absence de réponse face à la situation des « sans-facs », ces jeunes qui n’ont pas obtenu d’affectation à la rentrée. L’occupation a pris fin jeudi 15 octobre après qu’un rendez-vous avec la présidence ait été obtenu.

Depuis le mois de juin, l’Unef a recensé près de 500 recours auprès de l’Université de Nanterre, dont la moitié en L1. Depuis, le syndicat a connaissance d’une quarantaine de dossiers acceptés et d’acceptations au compte-gouttes. « Beaucoup trop faible » pour Victor Mendez, membre de l’Unef. Pour faire avancer la situation, le syndicat étudiant a réalisé une liste de 88 dossiers à traiter en priorité. Elle comprend des demandeurs d’asile, des réfugiés et des personnes en situation médicale particulière, des gens en situation de déménagement et des bacheliers. Cette mobilisation s’effectue dans un contexte où la date de fin pour la réexamination des dossiers était ce jeudi 15 octobre.

Un énième rendez-vous avec les instances de l’université

© WWC : Jean-Pierre DalbéraBâtiments de l'Université de Nanterre

La rencontre entre les deux parties est loin d’être la première. « On a eu 8 ou 9 rendez-vous avec la présidence. À chacune de ces rencontres, elle nous dit de patienter. Elle fait attendre les sans facs, des personnes qui sont en situation de précarité difficile et des néobacheliers qui au bout d’un ou deux mois sans cours se démoralisent », explique Sélim membre de l’Unef. « Pour l’instant, la présidence a inscrit principalement des demandeurs d’asile, des réfugiés, des personnes en situation médicale particulière et en situation de déménagement. Ils ont obtenu une inscription au bout d’un mois de mobilisation, alors que l’année dernière ils étaient inscrits de droit », ajoute Sélim. De son côté, l’Université de Nanterre estime le procès injuste. « Nous sommes victimes de notre politique d’ouverture à vouloir réétudier des dossiers. Avec l’Université Paris 8, nous sommes les seules à le faire ». Cette situation n’est pas unique pour les universités françaises. Avec un taux de réussite record de 95,7% pour le baccalauréat 2020, les universités avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur le manque de place et de personnels à venir.  

Après 1 h 45 de rencontre, le résultat reste mitigé pour l’Unef. Les dossiers des L1 sont toujours en cours de traitement par le rectorat et l’université accepte de recevoir la liste des 88 cas prioritaires pour une réexamination. Pour autant, aucune date limite n’a été donnée sur le traitement des dossiers. Pour Victor Mendez, « cela prouve que notre occupation a eu un impact ». Ce vendredi 16 octobre, l’Unef-Tacle organisait une assemblée générale pour discuter des suites du mouvement.

« Étudier est un droit, pas un privilège »

Certaines personnes attendaient beaucoup de ce rendez-vous, comme Sabrine, en attente de «  réponses concrètes, car être dans l’attente c’est dur ». L’étudiante souhaite se réorienter vers une licence de psychologie après un BTS mais cette formation fait partie des filières sous tension comme la licence de STAPS et de droit. Selon l’Unef, ces filières n’ont pas obtenu d’augmentation de places. Bien qu’une majorité de dossiers acceptés concerne des demandeurs d’asiles, d’autres personnes dans la même situation ont fait chou blanc. « La présidence s’était engagée à régler les cas des sans-papiers, des réfugiés, de déménagement et de maladie mais elle n’a pas tenu sa promesse », signale Sadou Bah, lui-même demandeur d’asile. « Tout ce que nous demandons, c’est étudier, préparer notre avenir et être une fierté pour nos parents ».

Pour d’autres, la seule solution reste le vœu par défaut de Parcoursup. « Ce matin, j’étais à l’université de Bobigny, pour récupérer ma carte étudiante. Je me suis inscrite pour avoir une option, même si ce n’est pas ce que je veux faire », se désole Sabrine. Pour Aissatou, sans université depuis 2 ans après une licence en mathématiques appliquées à la finance, la situation est plus grave. « Je vais surement être licenciée de mon travail étudiant. Donc je me retrouve sans université et sans travail. Comme le rappelle Georges, membre du syndicat de l’Unef « On parle de dossiers, mais ce sont aussi des gens derrière dont la vie peut dépendre de l’inscription ».  

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