Coronavirus | Val-de-Marne | 31/03
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Urgences coronavirus: les secouristes bénévoles sur le pont avec le Samu 94

Urgences coronavirus: les secouristes bénévoles sur le pont avec le Samu 94
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Ce matin, Thomaz Rolland, comptable, était en réunion par visioconférence. D’ici à la fin de la journée, le président du CFS 94 plongera dans une « tenue Covid » rejoindre les équipages de secouristes qui sillonnent le Val-de-Marne en support du Samu 94. Dans cette crise qui mobilise massivement les urgences, Centre Français du Secourisme, Fédération française de sauvetage et secourisme, Croix Blanche, Croix Rouge et Protection civile ont répondu 5 sur 5 et depuis toute la France à l’appel à renfort.

La collaboration entre les associations de secourisme et le Samu du Val-de-Marne n’est pas nouvelle. Régulièrement, les bénévoles participent à raison de quelques gardes le weekend par exemple. « Cela contribue à la formation », indique Ernest Pagniez, qui a déménagé près de Lille mais reste dévoué à la fédération Val-de-Marne de la Croix Blanche dont il est le responsable. Depuis le début de la crise Covid 19, le partenariat a changé de dimension. Car pour décider de manière pertinente des patients à hospitaliser ou à maintenir à domicile, il faut objectiver les données en allant prendre les constantes (pouls, saturation en oxygène…) sur place.

Désormais, pas moins d’une dizaine de véhicules d’associations de secourisme interviennent donc en plus des 5 véhicules du Samu 94. « Hier, ils ont fait 80 interventions », témoigne Eric Le Carpentier, chef du Samu 94. Et même la nuit, trois équipages associatifs restent de garde.

« Nous sommes sur place dans les 10 minutes et nous communiquons toutes les constantes au médecin en charge de la régulation. Le Samu nous a aussi formés à la prise d’électrocardiogramme et fourni les appareils », indique Ernest Pagniez. Si les mesures sont inquiétantes, les secouristes emmènent le patient à l’hôpital, toujours après échange avec le médecin coordinateur. Si le patient est dans un état trop grave, c’est un véhicule du Smur (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) qui rapplique.

« Nous faisons des gardes de 12 heures, de 7 heures à 21 heures et de 21 heures à 7 heures du matin, du lundi matin au samedi matin. D’habitude , les gardes durent 24 heures mais nous veillons à ne pas épuiser nos bénévoles car nous sommes dans une course d’endurance », témoigne le responsable de la Croix Blanche 94. Chaque association organise son planning en fonction de ses possibilités et en lien avec les autres. Si les bénévoles sont de tous âges, les plus de 65 ans ont généralement été affectés à des tâches logistiques et les équipages ne comprennent pas de mineurs. On trouve en revanche une bonne proportion d’étudiants. « Nous ne nous sommes pas non plus appuyé sur les soignants ni pompiers car nous savons d’expérience que dans ce type de crise, ils sont réquisitionnés. La difficulté n’est pas de trouver des volontaires mais de tenir dans le temps. La clef de cette crise est l’anticipation, la planification, la protection des intervenants », analyse Kamil Belkhelladi, en charge de la coordination pour la FFSS Ile-de-France.

Pour garder leur souffle, les fédérations nationales s’appuient aussi sur des équipes d’autres départements pour l’instant moins touchés, faisant affluer les bénévoles de Bretagne, du centre, du nord… De quoi assurer une force de frappe permanente d’une trentaine de personnes (3 par véhicule), le tout en jouant en équipes.

« Depuis le début de la crise, nous avons développé la coordination inter-associative comme jamais auparavant. Il y avait des liens entre les associations et le Samu mais pas de coordination inter-associative en tant que telle », insiste Thomaz Rolland, à la tête du CSF 94 qui s’appuie sur quatre centres en Val-de-Marne, à Thiais, Créteil-Nogent, Champigny-Joinville et Chennevières-sur-Marne. « Au niveau national, nous avons établi un partenariat avec la Croix Rouge et l’Ordre de Malte. C’est la première fois. Cela nous permet d’être réactif. Nous avons pu ainsi répondre très vite à une demande d’équipe pour accompagner un train médicalisé », abonde Kamil Belkhelladi. Un renforcement de la coopération qui constituera l’un des acquis de cette crise.

La logistique, elle, a été huilée par le Samu 94 qui a complètement intégré les équipes bénévoles dans sa coordination et leur fournit le matériel au même titre qu’à son personnel. Personne ne part sans sa tenue Covid, à savoir le masque FFP2, la blouse, les sur-chaussures, la charlotte et les lunettes. « Actuellement, nous avons suffisamment de matériel pour fournir tout le monde pour toutes les interventions. La distribution est contrôlée mais il n’y a pas de pénurie. Pour les lunettes, nous avons mis en place un système de nettoyage et de désinfection pour pouvoir les réutiliser », détaille Eric Le Carpentier.

Alors que les bénévoles ne sont pas tous du Val-de-Marne et assurent des gardes de nuit, la logistique hôtelière a aussi été pensée. « L’école d’infirmière n’étant pas en activité actuellement, nous y avons installé des dortoirs », indique le chef du Samu. Trois dont un pour l’équipe de garde la nuit ont ainsi pris place, ainsi qu’un réfectoire avec des repas pour tous les bénévoles. « Le Samu est aux petits soins pour nous », reconnaît Ernest Pagniez. Formateur professionnel en temps normal, il est présent toute la semaine et va retrouver sa famille à Lille le weekend.

Vigilance sur la trésorerie
Si les associations ne se concentrent aujourd’hui que sur un objectif, sauver des vies en travaillant de la manière la plus organisée possible, elles devront aussi gérer demain les difficultés de trésorerie liées à cette crise du Covid. Avec la période de confinement en effet, tous les événements festifs et sportifs sur lesquels les associations de secourisme interviennent d’habitude, et qui contribuent activement à leur financement, ont été annulés, de même que toutes les formations. Les factures récurrentes liées aux locaux, au matériel, aux véhicules, continuent en revanche de tomber, et les pleins d’essence pour faire circuler les véhicules de premiers secours non plus. Un effet de ciseaux que les responsables associatifs ne peuvent s’empêcher de regarder d’un œil.

« Notre priorité, une fois la crise terminée, va être de mettre les bouchées doubles sur la formation », indique Thomaz Rolland. Une manière aussi d’anticiper la prochaine crise, en préparant plus de monde. « Beaucoup de personnes souhaitent aider mais le secourisme ne s’improvise pas, il faut d’abord avoir été formé. »

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