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Visières de protection made in Périgny : quand un partenariat local protège la santé et les emplois

Visières de protection made in Périgny : quand un partenariat local protège la santé et les emplois
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L’industrie de plasturgie Microplast-Ecom, le spécialiste du rangement Multiroir et la jardinerie Périgny Garden. Il y a encore peu, les dirigeants de ces trois entreprises situées à l’entrée de Périgny-sur-Yerres se croisaient poliment. La crise du coronavirus les a rapprochés autour d’un produit commun, les visières de protection, un dispositif qui vient en complément des masques pour éviter les projections. Une production locale née d’une initiative solidaire, qui protège la santé et les emplois locaux.

Début du confinement, mi-mars 2020. Chez Microplast-Ecom comme ailleurs, on est sous le choc. Comment réagir, contribuer à son niveau ? Un professionnel du packaging, Anthony Seddiki, a des solutions. L’Essonnien a lancé le projet Visière solidaire qui fédère des usagers d’imprimantes 3D pour créer des visières de protection à partir de feuilles transparentes utilisées pour les présentations sur rétroprojecteur. Celles-ci sont ensuite offertes aux soignants. Microplast-Ecom répond avec ses moyens, l’injection plastique industrielle. Barthélémy Gagnon, directeur général, crée le moule, et le 2 avril, la production est lancée, à raison de 2500 visières/jour.

Lire à ce sujet : Protection coronavirus: à Périgny-sur-Yerres, Microplast lance une production quotidienne de 2500 visières

20 000 protections offertes à Visière solidaire

« A ce jour, nous en avons produit 70 000 dont 20 000 ont été données à Visière solidaire », explique David Anger, dirigeant. Le reste a été vendu par un canal très local, occasion d’une coopération encore inédite entre voisins. « Un lundi, nous avons reçu 120 coups de téléphone de restaurants, coiffeurs, petites entreprises qui voulaient équiper leurs salariés… Mais nous ne sommes pas organisés pour gérer cette clientèle. Nous avons quelque 150 clients grands comptes et nous ne savions pas comment répondre à cet afflux de demandes », témoigne David Anger.

Quand le voisin devient partenaire commercial

La réponse vient quelques jours plus tard en croisant les associés de l’entreprise immédiatement voisine, Multiroir. Comme Microplast-Ecom, celle-ci est dirigée par d’anciens salariés, Thierry Bureau et Florence Voillard. Eux, vendent essentiellement du matériel de rangement très spécialisé en fonction des métiers, s’adressant aussi bien aux opticiens, aux dentistes, aux maraîchers, à la grande distribution ou encore aux tribunaux. Vendre en direct à tout type de professionnel et à toute taille d’entreprise, ils savent faire, avec en appui un site Internet de vente en ligne.

La ligne de production de visières chez Microplast-Ecom

Déjà 100 000 visières made in Périgny commercialisées

« Plusieurs de nos lignes de produits étaient à l’arrêt en raison de la crise du coronavirus et nous avons eu envie d’essayer de vendre ces protections en pensant que cela pourrait intéresser nos clients », indique Thierry Bureau, le président de Multiroir. Le succès est immédiat. Les commandes affluent de grands groupes qui souhaitent équiper leurs personnels, en complément des masques de protection. Une mutuelle a même demandé un devis pour offrir des visières à tous ses clients retraités. « Ces ventes nous ont permis de sortir nos 25 salariés du chômage partiel », indique Florence Voillard, directrice générale. Depuis avril, l’entreprise pérignonne a déjà commercialisé 100 000 pièces.

« On livre en chariot élévateur »

« Les entreprises se préparent à équiper leur personnel en vue du déconfinement et nous avons beaucoup de demandes de professionnels qui sont en contact rapproché avec les personnes comme par exemple les dentistes, et qui souhaitent doubler le masque d’une visière », détaille Thierry Bureau. « Pour nous c’est pratique, on livre directement en chariot élévateur », s’amuse David Anger. Un clin d’oeil à l’histoire de ce site situé à la lisière du Val-de-Marne et de la Seine-et-Marne, qui accueillait jadis, avant 2000, une seule et même entreprise, Paris Jouet, en place de Microplast et Multiroir.

Entrepôt de stockage de Multiroir

Alors que le déconfinement commence à peine à se profiler, les deux PME pérignonnes se préparent désormais à la diversification pour accompagner les professionnels. « Nous avons lancé un modèle amovible qui permet de lever la protection tout en gardant la partie serre-tête et travaillons sur de nouveaux prototypes » , explique Barthélémy Gagnon. Avantage pour les deux partenaires situés à 100 mètres d’écart, les réunions prospectives sont faciles à organiser…

Chez Périgny Garden, les visières sont parties comme des petits pains

En marge de cette distribution à grande échelle, un autre partenariat local s’est noué à Périgny même, avec la jardinerie située juste en face cette fois. A sa tête, Vincent et Stéphanie Martin qui ont repris l’affaire familiale. « A l’origine, mon grand-père était horticulteur, dans la rose. C’est lui qui a créé la jardinerie avec mon père », explique Vincent. Le magasin, qui commercialise notamment des produits alimentaires pour animaux, a d’abord continué les livraisons, puis s’est mis au drive avant d’avoir le droit de rouvrir complètement le 15 avril pour permettre aux nombreux jardiniers du coin de venir acheter leurs plants de tomates. « Au début, nous avons été voir Microplast pour notre équipe, et puis, nous avons pensé que cela pourrait intéresser nos clients », explique Stéphanie Martin. Disposées à côté de la caisse, à 6,95 € pièce, les visières sont parties comme des petits pains, déjà vendues à plus d’un millier d’exemplaires. « Nous avons beaucoup de coiffeurs mais aussi un peu tout le monde », notent les gérants.

Depuis sa réouverture, la jardinerie n’a pas désempli et tout le monde est sur le pont, entre le grand-père qui nettoie les barres de caddie entre chaque client tout en veillant sur la file d’attente et les employés des rayons en berne mobilisés à organiser les flux dans le magasin. « Nous étions très inquiets car le printemps est la meilleure période de l’année et c’est le moment des meilleures primes. Finalement, tout le monde a pu travailler avec les mêmes primes », indique Vincent Martin.

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