Justice | | 24/03
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259 000 euros: le prix du silence de l’ex-dg à la Semeco de Bobigny

259 000 euros: le prix du silence de l’ex-dg à la Semeco de Bobigny © Semeco

La société d’économie mixte de Bobigny a annoncé mercredi avoir déposé une plainte contre son ancien directeur accusé d’avoir touché plusieurs centaines de milliers d’euros lors de son départ contre son “silence” aux élections municipales de 2020.

L’ex-directeur général visé par la plainte avait pris la tête en 2014 de cette structure, la Semeco, chargée de gérer parkings, dalles et réseau de chaleur municipaux. Un poste à responsabilités pour ce proche de l’équipe municipale de cette ville de Seine-Saint-Denis alors tout juste remportée par Stéphane de Paoli (UDI).

Débarqué début 2020, le litige autour de son départ s’est soldé par un protocole d’accord transactionnel signé le 4 février 2020, soit environ un mois avant le premier tour des élections municipales, qui ont vu la victoire des communistes.

Ce document stipule que pour bénéficier de cette transaction financière, il prend “un engagement de neutralité politique jusqu’à la proclamation définitive du résultat du scrutin municipal”, compte-tenu de “sa détention de données socio-économiques privilégiées” acquise par sa fonction, relate la plainte.

En clair, il s’engage à ne participer “à aucune manifestation à caractère politique”, “s’abstenir de formuler une quelconque opinion à caractère politique”, “plus généralement à ne participer à aucun titre que ce soit aux élections municipales de Bobigny de 2020, ni la propagande qui les précède”, détaille cet accord, consulté également par l’AFP.

Contacté par l’AFP, l’ex-directeur a indiqué ne pas pouvoir faire de déclaration, tant que la Semeco “ne l’y autorise pas”. 

En échange, la société lui a versé un montant global d’environ 259 000 euros, selon les calculs du nouvel exécutif de cette structure. L’objectif était “d’acheter le silence de l’ancien directeur de la Semeco avec de l’argent public”, cingle Mario Luciano, actuel directeur.

L’ancien président de la Semeco est également visé par cette plainte pour abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux, complicité et abus de pouvoir. Il figurait en 2020 sur la liste du candidat UDI Christian Bartholmé, lui-même également visé et par ailleurs ex-premier adjoint et proche du patron du parti de Jean-Christophe Lagarde.

Cette procédure s’accompagne de six autres plaintes visant quatre anciens dirigeants de la Semeco, qui les soupçonne d’avoir “détourné des fonds” publics dans leur seul intérêt personnel en s’octroyant des indemnités de départ pour 1,2 million d’euros.

Fin 2020, une première salve de plaintes avaient été déposées pour des soupçons de fraude au sein de l’organisme HLM de la ville. L’ancien président de cet office avait dénoncé une manoeuvre “politique”.

La gestion contestée de la maire de Bobigny pendant la mandature centriste fait par ailleurs l’objet d’une enquête pilotée par la Brigade de répression de la délinquance économique.

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Cet article est publié dans , avec comme tags Affaire judiciaire, , HLM, Jean-Christophe Lagarde, OPH, UDI
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