Justice | | 29/11/2021
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A Champigny-sur-Marne: Dupond-Moretti face aux lycéens

A Champigny-sur-Marne: Dupond-Moretti face aux lycéens © Fb

La justice est-elle “trop lente, trop clémente, trop laxiste, trop sévère ? Il n’y a aucun sujet tabou”, lance Eric Dupond-Moretti devant une centaine d’élèves de première et de terminale ce vendredi au lycée Louise Michel de Champigny-sur-Marne. Une initiative pour tâter le terrain qui a plutôt pris la forme d’une série de questions – réponses.

“La Justice, c’est notre pacte social, c’est ce qui nous permet de bien vivre ensemble. Alors, pour l’améliorer, je veux faire circuler la parole, récolter les remarques des citoyens”, motive le garde des Sceaux, ancien avocat pénaliste.

Armelle rompt le silence en s’interrogeant sur le budget de la justice. Une question d’actualité après la tribune « Nous ne voulons plus d’une justice qui n’écoute pas et qui chronomètre tout » signée par plusieurs milliers de magistrats dans le journal Le Monde. “Avocat j’ai constaté le dénuement de la justice et ce qu’un de mes prédécesseur avait appelé sa clochardisation. J’ai obtenu une augmentation de 33% de nos crédits. Est-ce suffisant ? Non, mais cela nous a permis d’embaucher des magistrats et des greffiers”, se défend le ministre.

A Kérane, qui voulait connaître la façon dont les peines de prison étaient déterminées, le ministre renvoie la balle à la procureure de la République de Créteil par intérim, Béatrice Bossard. “Une peine ce n’est pas un calcul, ce n’est pas comme une recette de cuisine où il faut telle quantité de farine, tant de sucre. Cela découle d’un débat judiciaire. La peine est prononcée à l’issue d’un procès où chaque acteur va indiquer les éléments à charge et à décharge, l’existence d’un casier judiciaire, la personnalité, les besoins de la personne et la plaidoirie des avocats. Tout cela relève de l’alchimie”.

Jennyfer, elle, a préparé une intervention un peu plus longue. La lycéenne a choisi d’évoquer le sort de la justice des mineurs et de l’aide sociale à l’enfance, s’inquiétant des placements de mineurs et interrogeant sur les statistiques de récidive. “La prison peut être criminogène mais elle est aussi nécessaire et permet de sauver beaucoup de gens de la délinquance. C’est la même chose pour le placement. Malheureusement, vous entendrez davantage parler des cas dans lesquels le système n’a pas fonctionné que des réussites”, réagit le garde des Sceaux.

“Que pouvez-vous faire pour améliorer la vision de la justice en banlieue et dans les quartiers défavorisés ?”, demande encore une élève. L’occasion pour le ministre d’évoquer les difficultés spécifiques liées au deal de drogue et de rappeler son opposition à la légalisation du cannabis. Voilà un sujet qui aurait pu faire l’objet d’un débat avec les élèves.

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