Reportage | | 07/10/2021
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A Sevran, un bus pour l’aide aux démarches administratives

A Sevran, un bus pour l’aide aux démarches administratives © Charles Henry

Un an après avoir obtenu le label France Services, le PIMMS (points d’information médiation multiservices) de Sevran a inauguré son antenne mobile ce mardi 5 octobre. Bien implanté dans le quartier des Beaudottes depuis huit ans, il pourra désormais élargir son rayon d’action à d’autres quartiers de la ville mais aussi à Tremblay-en-France.

La force d’une structure de quartier comme la nôtre est de créer un lien de confiance et du lien social entre les habitants“, résume Donatella Lleras, la directrice du PIMMS de Sevran. Créée au cœur du quartier des Beaudottes en 2013, l’association a été labellisée France services en 2019 sous son impulsion. Des allocations familiales à l’assurance-maladie en passant par l’assurance-retraite, la Poste ou encore les impayés d’électricité, elle fait fonction de guichet d’aide aux démarches administratives. “Environ 8 000 à 15 000 personnes s’y rendent chaque année estime Donatella Lleras, pour environ le double de démarche suivies. Avec ce bus on va pouvoir aller plus loin dans l’esprit du allez vers.

Sevran, Tremblay-en-France et bientôt Villepinte

Le dispositif n’entend pas se cantonner à Sevran mais aussi couvrir Tremblay-en-France. “C’est une coopération qui s’est faite naturellement, considère Laurent Chanterelle, adjoint en charge de la politique sportive venu représenter le maire de Sevran lors de son inauguration devant la station de tramway de Freinville. “Ce maillage du territoire est très important, ajoute Brigitte Bernex, 1ère adjointe en charge des relations sociales. Parce que, par exemple, marcher d’ici au Beaudottes, ce n’est pas tout près. Mais surtout parce que l’on parle beaucoup de fraude aux droits sociaux, mais jamais du non recours au droits sociaux, ce qui représente un volume énorme.” Villepinte devrait également s’associer à l’initiative mais pas avant 2022.

Le véhicule utilitaire qui fera office d’antenne mobile du PIMMS s’arrêtera quatre jours par semaine dans différents quartiers prioritaires ou excentrés. A Sevran: ceux de Freinville/Westinghouse, du Montceleux/Pontblanc et celui des Sablons. A Tremblay-en-France: ceux du Grand Ensemble et du Vieux Pays.

Dans les deux communes, des étapes sont aussi prévues en centre-ville mais ces périmètres ne sont pas encore bien définis et d’autres quartiers sont susceptibles de s’ajouter à la liste. “Dans chacune des villes, explique Donatella Lleras, on a inclu des quartiers pavillonnaires où l’on sait que les ressources des foyers sont plutôt faibles comme les Sablons. Dans le cas du Vieux Pays, c’est une autre logique parce que c’est un public avec un niveau de revenu moyen voire élevé, mais il est excentré. Notre but est de permettre à tout le monde d’accéder aux droits sociaux.”

France services

La création du PIMMS mobile était déjà en gestation avant l’appel à manifestation d’intérêt national “mais il nous a permis d’obtenir un financement conséquent”, précise sa directrice. Soit 90 000 euros qui ont principalement servi à aménager le véhicule en guichet d’accueil. Celui-ci a en effet été mis à disposition par Keolis, société de transport qui gère 5 lignes de bus à Sevran et qui est l’un des dix partenaires privés du PIMMS dont la présidente depuis deux ans, Françoise Bonniel, est directrice opérationnelle au sein du groupe. Le trésorier de l’association, Driss Berroukeche, est également cadre de Keolis, responsable territorial pour la Seine-Saint-Denis (mais aussi le Val d’Oise et la Seine-et-Marne). “Notre groupe est un partenaire historique du PIMMS, indique celui-ci. Grâce à ce partenariat, nos médiateurs sensibilisent le public aux normes de de civilité, de sécurité, mais aussi de tarification sociale, notamment dans la zone de la gare de Sevran-Beaudottes.”

De son côté, Enedis, ex-ERDF (Électricité Réseau Distribution France), participe également au financement du PIMMS. “Nous apportons des informations sur la consommation d’électricité, détaille Gilles Marion, délégué territorial du groupe. Nous sommes d’ailleurs en train de mettre en place un outil pilote pour aider les gens à mieux gérer les dépenses dans ce domaine. Le but c’est que ce soit le plus simple possible en utilisant un système d’alerte.” Enedis met aussi à disposition deux ordinateurs reconditionnés à disposition du PIMMS mobile de Sevran. Ceux-ci seront d’ailleurs sans doute encadrés par des jeunes en service civique.

Médiateurs

Si aucune date précise n’est pas encore fixée, les tournées de l’antenne mobile du PIMMS devraient démarrer dans les prochaines semaines. Sur le terrain, ce seront une dizaine de médiateurs, dont des adultes-relais (rétribués par l’Etat), qui prendront en charge les demandes. “Nous avons mis en place des formations pour qu’ils puissent aiguiller ensuite les gens en organisant des rendez-vous en visio-conférence ou si nécessaire en présentiel“, indique Amel Mekni, manager opérationnel en Seine-Saint-Denis de la Caisse primaire d’assurance-maladie.

Sakina, 35 ans, travaille depuis un an et demi au sein du PIMMS de Sevran. “Il y a beaucoup de types demandes à traiter mais on apprend au fur et à mesure, explique-t-elle. Le plus difficile à identifier, ce sont les problèmes de surendettement, il faut beaucoup parler pour pouvoir aider les gens.” Une permanence de l’association Crésus Ile-de-France sur le sujet a d’ailleurs été mise en place deux fois par mois au sein du PIMMS de Sevran.

Ces médiateurs sont en cours de professionnalisation, ce qui constitue un autre volet de la mission du PIMMS. Sakina, qui vit dans le quartier des Beaudottes, vise ainsi un poste de responsable d’activité au sein de la structure. “Ce n’est pas facile tous les jours, il y a parfois de tensions“, souligne Donatella Lleras. En cause, la précarité dans laquelle vit une grande partie de la population qui vient au PIMMS. “Le contexte social est encore plus difficile depuis la crise sanitaire, estime-t-elle. Il faut se rendre que compte que le revenu par foyer ne dépasse pas les 8 000 euros par an.”

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