| Paris | 09/10
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Accusé de viol, un gynécologue de l’hôpital Tenon mis en retrait de ses responsabilités

Accusé de viol, un gynécologue de l’hôpital Tenon mis en retrait de ses responsabilités

Le professeur D, gynécologue renommé de l’hôpital Tenon à Paris visé par une enquête judiciaire pour “viol sur mineur de plus de 15 ans”, est mis en “retrait de ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique”, ont annoncé vendredi l’AP-HP et Sorbonne Université.

Ces deux institutions avaient décidé le 20 septembre de déclencher une enquête interne.

“Pour que cette enquête puisse se dérouler dans la plus grande sérénité, l’AP-HP et Sorbonne Université ont acté avec le Pr (… D) son retrait de ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique”, indiquent-elles dans un communiqué.

“La situation du Professeur D sera réexaminée au vu des conclusions de l’enquête interne. La date précise de rendu de l’enquête, prévue avant la fin octobre 2021, dépendra du nombre d’auditions à programmer, avec le cas échéant un rapport intermédiaire si la mission l’estime possible”, poursuit le texte.

Spécialiste de l’endométriose, chef de service gynécologique-obstétrique et médecine de la reproduction à l’hôpital Tenon, D est visé par au moins deux plaintes, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert le 28 septembre une enquête judiciaire pour “viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans”. Les investigations ont été confiées à la Brigade de protection des mineurs.

Interrogé par l’AFP fin septembre, le Pr D avait indiqué: “Je récuse les faits et me remets aux conclusions de l’enquête conjointe de l’AP-HP et de Sorbonne Université”.

Le médecin, qui consulte toujours, a été accusé par plusieurs ex-patientes de pratiquer des examens vaginaux et rectaux de manière brutale et sans demander le consentement.

“Nous saluons cette bonne volonté mais trouvons scandaleux qu’il soit toujours en exercice. Il devrait être totalement suspendu au moins le temps de l’enquête”, a indiqué à l’AFP Sonia Bisch, porte-parole du collectif “Stop violences gynécologiques et obstétricales” qui avait recueilli des témoignages sur son compte Twitter.

Par ailleurs, “le directeur général de l’AP-HP, le président de la Commission médicale d’établissement, le président de la Conférence des doyens d’Ile-de-France, avec la Collégiale de gynécologie obstétrique, ont décidé de réunir l’ensemble des gouvernances des services de gynécologie-obstétrique de l’AP-HP très prochainement, en présence de représentants des usagers, afin d’échanger sur l’élaboration d’une charte commune de bonnes pratiques”, indiquent l’AP-HP et Sorbonne Université dans leur communiqué.

“Nous saluons cette décision, preuve d’une volonté de changement”, a réagi Sonia Bisch, ajoutant qu’“il ne faut pas minimiser. Ce ne sont pas juste de mauvaises pratiques, ce n’est pas juste un défaut d’information. Ce sont des faits pénalement répréhensibles. Il y a eu des plaintes pour viol”. “Ce monsieur n’est pas un cas rare isolé mais l’arbre qui cache la forêt”, a-t-elle poursuivi, estimant que “le gouvernement doit s’emparer de cette question de santé publique”.

Les actes violents subis par les femmes durant le suivi gynécologique et obstétrical ne sont “pas des faits isolés” en France et appellent à une “prise de conscience” des pouvoirs publics, concluait en juin 2018 un rapport du Haut conseil à l’égalité sur ce sujet polémique.

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