Polémique | | 13/10
Réagir Par

Cachan: passe d’armes polémique en conseil municipal et buzz national

Cachan: passe d’armes polémique en conseil municipal et buzz national © cataliseur30

Demande d’explications du ministre de l’Intérieur, manifestation, pétition, mise en exergue sur Cnews… A Cachan, le clash sur l’armement létal de la police municipale lors du conseil du 30 septembre a pris des allures d’affaire d’Etat, au grand dam de la commune qui aimerait bien calmer le jeu. Rappel du contexte.

Il était un peu plus de 21h30 ce jeudi 30 septembre quand au détour d’une classique délibération à propos de la mise à jour des effectifs de la ville, le président du groupe d’opposition de droite, Sébastien Trouillas, a posé une question sur les effectifs de la police municipale et demandé si la ville souhaitait profiter de la délibération récemment votée par le Conseil régional pour aider les villes qui le souhaitent à armer leur police municipale d’armes létales. Avant de passer au point suivant, l’adjoint à la vie scolaire, Dominique Lanoë (LFI), a réagi sur le terme létal et manifesté sa réserve. “Je croyais que le but de la police était de protéger la population, pas nécessairement de posséder des armes pour la tuer.”

Des propos qui ont fait bondir le groupe d’opposition. “Les policiers tuent la population ?” a questionné à plusieurs reprises Sébastien Trouillas, réclamant des explications à la maire. “Vous êtes ignobles”, a aussi réagi son colistier Pascal Castillon, policier dans la vie professionnelle, avant que les deux élus ne quittent la salle.

A la fin du conseil municipal, avant la séquence des vœux, c’est le président du groupe centriste, Maxime Megret-Merger, qui a pris la parole pour revenir sur l’incident, faisant savoir que son groupe était choqué et condamnait les propos de l’adjoint LFI. “Nous ne faisons pas de théâtre et nous n’avons pas quitté le conseil municipal, mais nous ne considérons pas que les policiers municipaux, si on leur met des armes, ils tuent leurs concitoyens”, a-t-il déclaré, demandant à la maire de prendre position, en tant que cheffe de la police municipale. L’élu a par ailleurs réclamé que les propos de l’adjoint soient consignés dans le procès-verbal du conseil.

“Je crois que l’assemblée s’est emballée

“Je crois que l’assemblée s’est emballée. Evidemment la police est là pour protéger nos concitoyens”, a réagi la maire, Hélène de Comarmond (PS). “Me concernant, je pense que la police municipale a aussi et surtout une mission de prévention et je souhaite qu’elle accomplisse du mieux possible cette mission de prévention”, a-t-elle ajouté en revenant sur les actions liées à la sécurité dans la commune et en insistant sur la complémentarité entre police nationale et police municipale. “Le débat sur l’arment de la police municipale est un débat qui transcende cette problématique et nie cette réalité que les acteurs doivent avoir chacun leur rôle (…) “

L’affaire prend un tour national

Le lendemain, 1er octobre, Sébastien Trouillas exprime sa colère sur les réseaux sociaux, relayé quelques jours plus tard par le maire Libres de L’Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun, qui poste l’extrait du conseil montrant la déclaration de l’élu LFI et la réaction de Sébastien Trouillas et de son colistier. Le maire de L’Haÿ lui apporte son soutien et en appelle au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Son message sera retweeté plus de 800 fois en quelques heures. “Il y a eu près de 60 000 vues de la vidéo et 150 000 impressions. C’est une très bonne chose, cela a été repris notamment par les syndicats de police qui ont été très choqués”, constate le maire qui se félicite que le ministre ait pris la plume pour réclamer des explications. “On ne tolérerait pas ces propos envers des enseignants ou des médecins, on ne doit pas les tolérer pour des policiers”, lâche l’élu. Hier, c’est CNews qui a repris le relais et l’affaire est devenue nationale.

Une vidéo qui ne montre pas la réaction de la maire

Alors que le ministre de l’Intérieur a réclamé des explications à la maire, la ville s’étonne, par l’intermédiaire de son avocat, que le ministère de l’Intérieur n’ait pas pris connaissance de l’intégralité du conseil municipal, pourtant disponible en ligne. La maire s’est en effet expliquée sur le sujet à la fin de la séance, après l’interpellation de Maxime Mégret-Merger. Concernant les propos de l’élu LFI, l’avocat évoque une “maladresse” et regrette que cette “erreur ait été montée en épingle” en “sortant les propos de leur contexte”.

La ville a par ailleurs réagi dans un communiqué, en dénonçant la propagation d’une vidéo qui altère “volontairement la réalité des propos et des faits.” Le communiqué rappelle ensuite les explications fournies par la maire en fin de séance et indique que “dans les jours qui ont suivi, cette position a été réaffirmée auprès des autorités compétentes.”

La ville n’exclut pas un recours en justice pour fausse information

“La ville de Cachan œuvre pour le développement de la prévention en matière de sécurité depuis la création de la police municipale en 1980. Depuis sa création, les dispositifs de coordination, permettant une collaboration appuyée entre police nationale et municipale, ont été mis en place, toujours renouvelés et amplifiés encore récemment. (…) Or, il semblerait que cette mise au point, lors de la séance, n’ait pas trouvé l’écoute de ces élus d’opposition qui, aujourd’hui, préfèrent relayer un vidéo-montage diffusé sur les réseaux sociaux par l’édile de la ville voisine, et qui ne fait qu’entretenir cette polémique stérile.” Et de dénoncer des propos “tronqués et montés pour porter atteinte à la pratique profondément républicaine de la maire”. la ville ajoute que la maire “n’exclut pas d’intenter une action en justice, aussi bien à l’encontre de l’auteur du montage vidéo contesté qu’à l’encontre de toute personne qui le reprendrait, en diffusant par-là même une fausse information.”

Vincent Jeanbrun rappelle pour sa part que la maire n’a pas réagi au moment de la sortie de son adjoint, lorsque les deux élus d’opposition ont réclamé des explications et insiste sur le fait qu’il n’y a pas eu d’excuses publiques.

De son côté, Sébastien Trouillas n’entend pas calmer le jeu non plus. Il a lancé une pétition pour réclamer la démission de l’adjoint et décidé d’organiser une manifestation la semaine prochaine, mardi 19 octobre à 18 heures, à laquelle le maire de L’Haÿ indique qu’il participera pour “soutenir les forces de l’ordre”.

Voir la vidéo intégrale
Le premier échange a lieu à 2h08
Le deuxième à 2h40

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF. Déjà abonné ? Cliquez ici.
2 commentaires pour Cachan: passe d’armes polémique en conseil municipal et buzz national
Ajouter une photo

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A lire aussi