Initiative | | 19/02
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Champigny 2030: journal d’une utopie?

Champigny 2030: journal d’une utopie? © Free-Photos
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Un aquarium géant et une annexe universitaire au Bois l’abbé, un réseau de kiosques de convivialité, des centrales solaires, une coulée verte en place de la VDO… voilà quelques unes des projections que des habitants de Champigny-sur-Marne ont couché sur le papier dans le cadre d’un “Journal du futur, Champigny 2030”. A l’initiative, les cofondatrices de l’Alternateur. Explications et détails avec l’une d’elles, Mikhal Bak.

La distributrice de films indépendants n’en est pas à sa première expérience d’autogestion dans la ville, cofondatrice de l’Amap Les Paniers des Bordes en 2008, puis de l’épicerie coopérative Coopali, et encore du collectif Champigny en Transition, Val-de-Marne en Transition et l’Alternateur, un projet de tiers-lieu dédié à la transition écologique, mené avec Annelise Meyer, traductrice indépendante, membre de Boucles de la Marne en transition. C’est dans le cadre de ce projet d’Alternateur que les deux associatives ont décidé d’imaginer avec les habitants un journal d’anticipation positive. “Notre objectif est de faire de Champigny une ville pilote en matière de transition écologique sur tous les plans, cela suppose que tout le monde s’implique dans un esprit de soutien mutuel, que les gens se sentent bien dans leur ville, s’approprient l’espace public, s’intéressent à leur cadre de vie et réalisent qu’ils peuvent améliorer des choses eux-mêmes, défend Mikhal Bak. Pour que les gens s’intéressent, il est important de formuler une vision positive et pas juste de dire que l’on court à la catastrophe, sinon cela pétrifie!”

Pour formuler cette “vision positive”, les deux initiatrices de l’Alternateur ont organisé une douzaine d’ateliers participatifs dans tous les quartiers de la ville, en commençant toujours par demander aux habitants ce qu’ils aiment dans leur quartier, avant de les inviter à projeter leur quartier dans dix ans, comme ils le rêveraient. Le public a été plus au moins au rendez-vous, de 3-4 personnes à une douzaine.

Le plus compliqué pour attirer du monde a été dans les quartiers les plus populaires, indique Mikhal Bak. “Au Bois l’Abbé, nous sommes passés par une association, Les Parents du Bois l’Abbé, et seules des femmes sont venues. Ce-sont elles qui ont imaginé l’aquarium.” Installé en place de l’école Solomon, l’aquarium a été imaginé dans le cadre d’un complexe de loisirs avec billards, bowling, cinémas, salle commune… Et aussi, à côté, une antenne Pôle Emploi, un “centre municipal de santé moderne”, l’annexe universitaire de Marne-la-Vallée et encore le Centre Cnam Champigny (Conservatoire national des arts et métiers)…

Dans le quartier du Plateau, c’est le bailleur social Adoma qui a ouvert ses portes pour faciliter la réunion. “La première réunion, on avait organisé un apéro pour attirer les gens et on leur expliquait ensuite la démarche, puis nous sommes revenues pour faire l’atelier. C’est de là qu’a été pensé le projet de jardin partagé.”

Parfois, plusieurs sujets ont émergé, comme au quartier du Maroc, où a été défendu le développement des pistes cyclables et où a aussi germé l’idée d’un réseau de kiosques de convivialité. “On y vient pour jardiner, réparer, déposer des objets dont on n’a plus besoin dans les boites à dons, mais aussi pour y chanter, écouter des contes, voir des spectacles ou proposer ses propres activités”, se projette le journal.

Les derniers ateliers se sont achevés en visio, début 2021, occasion de se projeter en mode inter-quartiers.

De ce travail, a émergé un journal de 20 pages qui se projette au début de l’année 2030. On y revient sur la “vélorution”, le développement de l’agriculture urbaine, des centrales solaires, on y raconte l’histoire de la coulée verte le long de la VDO (la friche en cours de mutation qui résulte d’un projet abandonné de rocade). On y annonce les prochaines fêtes, randos vélo, scène musicale ouverte, appels à projets de l’économie sociale et solidaire… L’utopie locale se prolonge aussi sur le national avec un article sur les conséquences du revenu universel et de la taxe pour une économie locale soutenable.

Une distribution papier prévue le 28 février

Et après ? La prochaine étape sera la distribution du journal sous format papier le 28 février place Lénine pendant le marché. Le tirage papier a été financé grâce à une collecte en ligne. “L’objectif de cette distribution est d’expliquer la démarche aux personnes, pas de le distribuer comme un flyer”, insiste Mikhal Bak. Suivra une réunion en ligne le 8 mars pour réfléchir à la suite.

Si la démarche programmatique ne s’inscrit pas dans un cadre institutionnel et politique, les initiatrices comptent en revanche composer avec pour faire aboutir les projets. L’organisation des ateliers a déjà reçu une subvention Politique de la ville pour aller dans les quartiers populaires et beaucoup de projets sont imaginés en projetant un partenariat avec la vile, le territoire, le département, la métropole, la région… pour passer de l’utopie au concret. Pour l’heure, l’équipe a adressé son journal à tous les élus de la ville.

L’Alternateur ouvrira en 2021

En attendant 2030, un premier projet, le tiers-lieu l’Alternateur, se concrétisera rapidement, qui prendra ses quartiers prochainement dans l’ancien logement de fonction attenant à l’ancien collège Lucie Aubrac, mis à disposition par le département. Le site, près des Boullereaux, devrait ouvrir après une période de travaux que l’association entend organiser sous forme de chantier d’insertion.

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