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Champigny-sur-Marne: l’association Femmes relais s’attaque aux violences conjugales

Champigny-sur-Marne: l’association Femmes relais s’attaque aux violences conjugales © Fb

Installée depuis 23 ans au cœur du mail Rodin, dans le quartier du Bois l’Abbé à Champigny-sur-Marne, l’association Femmes relais, qui aide les habitants dans leurs démarches administratives et œuvre au lien social dans le quartier, a vu la question des violences conjugales s’imposer à son agenda à l’occasion du confinement.

Présidente de l’association, Aurélia Dos Santos, 81 ans, est connue dans le quartier, et c’est bien souvent qu’on l’interpelle pour lui demander conseil. «Encore aujourd’hui à La Poste, une femme m’a demandé où trouver un supermarché avec des prix abordables. Je l’ai accompagnée jusqu’au magasin où j’ai mes habitudes puis je lui ai conseillé de venir nous voir au local», relate-t-elle.

Toute la semaine, les médiatrices interculturelles de l’association y accueillent des hommes et des femmes de tous âges, à la recherche d’information et d’accompagnement. Les permanences se déroulent du lundi au vendredi de 9 heures à midi puis de 13h30 à 16h30. L’association repose sur six salariés et une soixantaine de bénévoles et ses financements dépendent exclusivement de ses partenariats institutionnels. Elle reçoit chaque année un millier d’usagers dont 400 à 500 récurrents. Ses médiatrices, qui cumulent des connaissances dans 17 langues étrangères, œuvrent essentiellement à de l’accompagnement administratif (renouvellement de carte de séjour, constitution de dossiers CAF, ou de demande de logement,…). Elles s’impliquent également dans l’animation de la communauté éducative locale en proposant des projets pour accroître l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants.

Cet été, l’association a notamment participé à l’organisation de “Déconfin’action”, un village associatif au sein du Bois l’Abbé, pour proposer des animations quotidiennes aux habitants comprenant un volet insertion professionnelle pour les jeunes.

Sur le plan de la santé, l’association travaille sur la lutte contre les discriminations pour prévenir les refus de médecins de prendre des patients bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) et pour améliorer le dialogue entre personnel de santé et patients ayant des difficultés à se faire comprendre. L’association a également été mise à contribution pour informer sur la Covid-19. «Nous percevons beaucoup d’inquiétudes chez les gens. Le port du masque a été difficile à faire accepter. Au sujet du vaccin, nous constatons malheureusement parmi nos publics qu’ils sont parfois victimes de “fake-news”», constate Asma Ashraf.

Démarches administratives, projets pédagogiques, insertion professionnelle, prévention santé ou participation à des événements festifs,… en 23 ans d’existence, l’association a multiplié ses propositions pour répondre à tous les besoins de proximité. Mais les besoins évoluent sans cesse.

«Avec la crise sanitaire, nous avons essayé de nous adapter pour maintenir cette présence tout en gérant le flux. Nous avons constaté une recrudescence des témoignages de violences conjugales. Ces situations se produisait peut-être déjà auparavant mais le confinement a sans doute accru le phénomène et poussé les victimes à se manifester. Pour nous, il est devenu évident que nous ne pouvions pas traiter ce sujet dans le cadre de notre permanence et que cela nécessitait une approche propre», explique Asma Ashraf, directrice de l’association, et qui a grandi au Bois l’Abbé.

C’est dans ce contexte que l’association a répondu à un appel d’offre du Conseil régional d’Île-de-France pour démarrer des permanences destinées aux victimes de violences conjugales dès le mois de janvier. Cet accompagnement permet d’aider ses femmes à devenir autonome au plan financier de façon à pouvoir quitter leur conjoint violent en évitant de se retrouver sans ressources. Les récentes réunions du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), consacré aux violences conjugales, et dans lequel siège l’association, a par ailleurs permis d’évoquer l’ouverture prochaine de logements d’urgence pour les victimes, à Champigny-sur-Marne.

Ressources pérennisées

Ce mercredi, l’association a reçu le préfet délégué à l’égalité des chances du Val-de-Marne, Abdel-Kader Guerza , lequel est venu leur annoncer la pérennisation de leurs ressources. «Vous avez été le cœur battant de la République, le bras armé de nos services durant cette période en maintenant vos activités. Nous voulons soutenir plus particulièrement les associations du dernier kilomètre, au contact direct des réalités des quartiers populaires. Aussi, je suis venu vous annoncer que nous allions pérenniser vos ressources en transformant les subventions que nous vous versons en fonds pluriannuels», a ainsi insisté le représentant de l’Etat.

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