Politique | | 25/03
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Champigny-sur-Marne: le maire accuse l’ancienne majorité d’emplois fantômes

Champigny-sur-Marne: le maire accuse l’ancienne majorité d’emplois fantômes © Fb

Alors que le conseil municipal de Champigny-sur-Marne était réuni ce mercredi après-midi pour le vote du budget 2021. Laurent Jeanne, à qui l’opposition reprochait un budget bâclé, a contre-attaqué en accusant l’ancienne majorité d’emplois fantômes. (Article mis à jour le 26 mars)

Pour cette première retransmission d’un Conseil municipal de Champigny-sur-Marne en direct, l’ambiance . En guise d’introduction, le maire, Laurent Jeanne, a sèchement rappelé le rejet du recours contre son élection par le tribunal administratif de Melun, ponctuant son intervention d’un “la campagne est close”.

Après le vote du premier point à l’ordre du jour consacré à la modification du règlement intérieur, retoqué par le préfet pour avoir lié l’espace dédié aux tribunes du magazine municipal à la proportionnalité des résultats aux élections, Sophie Amar, adjointe aux finances a fait la lecture d’une synthèse sur le budget primitif 2021 de la commune. Cet exercice est marqué par des dépenses de fonctionnement à 126 millions d’euros, en baisse de 7% , et un budget d’investissement à 64 millions d’euros, enhausse de 10%. Ce dernier va être massivement financé par un recours à l’emprunt de 30 millions d’euros malgré une dette à 12 millions.

La présentation achevée, Christian Fautré (PCF), a pris la parole pour dénoncer un projet de budget “bâclé” et pas à la hauteur de la crise. “Un budget ne doit pas être qu’une affaire comptable et nous restons sur notre faim. La situation exige de revoir les priorités. Il faut construire du logement pour tout le monde et votre première proposition est de réviser le PLU pour ne plus construire du logement social. Mais dans quel monde vivez-vous ? Après le drame [de la rixe de début mars] vous évoquez une police municipale, nous proposons école, culture, sport, vivre ensemble et droit au logement pour tous”, a défendu le conseiller municipal d’opposition avant de se plaindre de la baisse du budget du CCAS (- 58 000 euros par rapport au BP 2020) ou des changements opérés sur des projets lancés par son équipe comme la médiathèque.

Le maire, Laurent Jeanne a alors attaqué “l’héritage” laissé par son prédécesseur. “Quand on a géré la commune comme vous l’avez fait, le minimum est faire preuve d’humilité. Pendant quinze ans, vous avez promis de reconstruire les écoles Bassis, Solomon et Cotton. Ensuite vous dites que nous allons réduire les postes, mais lesquels ? L’un des deux postes de directeur général des services payé 14 000 euros net par mois pendant cinq ans et qui n’a jamais mis les pieds à la mairie ?” Ambiance.

Fin de conseil houleuse

Au fil des points à l’ordre du jour, les passes d’armes se sont enchaînées, qu’il s’agisse de la fin de la gratuité des balades urbaines commentées ou de l’avenant au protocole de préfiguration du plan de renouvellement urbain du Bois l’Abbé. La tension n’est toutefois véritablement remontée qu’en toute fin de séance, avec la présentation d’un vœu déposé par l’opposition pour dénoncer la loi de transformation de la fonction publique et la remise en cause d’un certain nombre d’acquis sociaux des agents territoriaux. Après la présentation de ce vœu par Christian Fautré, c’est la première adjointe notamment en charge des ressources humaines, Aurore Thiroux, qui est montée au créneau. “Vous faites des grands discours sociaux et vous avez alerté tout à l’heure sur la baisse du budget du CCAS qui n’en était pas une [la majorité a promis une rallonge sur un budget supplémentaire prochain]. Pour moi, la sincérité de votre vœu est remise en question. Qu’est-ce que l’on peut penser quand un collaborateur de cabinet a une rémunération de 70 000 euros annuels pris sur budget du CCAS au détriment de l’action sociale des campinois pour rédiger des notes politiques ?”.

Cette fois-ci, Jean-Jacques Mailler réplique. “Mais ça n’a rien a voir, on parle du vœu, ça suffit, vous aimez bien faire des procès d’intention, vous balancez des choses sans que l’on puisse y répondre parce qu’il n’y a aucun élément sur ce que vous dites, ça suffit ! Il y a un vœu, on vous demande votre avis”. En réponse, Laurent Jeanne a indiqué qu’il allait faire un signalement au procureur de la République.

Marchés douteux, emplois fantômes

Selon le cabinet du maire de Champigny-sur-Marne, Laurent Jeanne a déjà signalé des faits de vol de matériel informatique et de téléphonie au préjudice de la ville pour plusieurs centaines de milliers d’euros. Il prépare une nouveau signalement pour des marchés publics qu’il juge douteux, l’emploi présumé d’un directeur général des services qui n’aurait jamais été en fonction en 5 ans, le paiement présumé d’un collaborateur de cabinet sur le budget du CCAS pour 70 000 euros annuels… Le détail des accusations est d’ores et déjà prévu via la prochaine tribune de la majorité dans le journal municipal.

L’ancien maire se défend

Deux jours après ce conseil municipal, Christian Fautré a réagi aux accusations de Laurent Jeanne. “Il n’y avait pas deux directeurs généraux des services. A l’arrivée de Philippe Pierre, son prédécesseur a été en rupture de contrat et comme tout agent de la fonction publique, il y a eu une négociation. Cela s’est passé avant que je n’occupe la fonction de maire aussi, je ne peux pas parler au nom de Dominique Adenot aujourd’hui disparu. La chambre régionale des comptes [dans son rapport rendu en 2018] n’a pas fait de remarques là-dessus”, défend-il.

Sur les accusations d’emploi de collaborateur de cabinet financé sur le budget du CCAS ou d’emplois de complaisance, l’ancien maire communiste estime que “dans une grande ville comme la notre avec un tel budget et avec les questions sociales comme ADN, il n’est pas illogique d’avoir des hommes et des femmes fléchés à divers postes pour rester en proximité avec les habitants.” L’élu ajoute ne pas connaître ” la totalité de 1600 agents de la commune” mais précise qu’il y a une grille indiciaire, un statut” et “quon ne peut pas faire n’importe quoi”.

Article mis à jour le 26 mars avec les explications de l’ancien maire sur les emplois évoqués par le maire.

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