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Créteil: accidents et crise de confiance au collège de Beauvoir

Créteil: accidents et crise de confiance au collège de Beauvoir

Ces dernières semaines, deux élèves du collège Simone de Beauvoir à Créteil ont été victimes de blessures alors qu’ils se trouvaient dans leur établissement. Les parents d’élèves ont manifesté ce mardi pour dénoncer “la non-assistance à personnes en danger”. Une plainte est en cours de dépôt. Au-delà, une crise de confiance entre parents et enseignants sape l’ambiance depuis plusieurs mois.

Le torchon brûle entre des parents d’élèves du collège Simone de Beauvoir à Créteil, la direction de l’établissement et le personnel. Ce mardi matin, plusieurs manifestants ont formé une chaîne humaine devant le collège pour exprimer leur colère. “Harcèlement, irrespect, malveillance, collégiens en dangers”, dénoncent les slogans brandis par les parents.

Le 19 mai, un élève de 13 ans a reçu un flacon de gel hydroalcoolique en pleine tête alors qu’il se trouvait dans un couloir du collège. Un camarade l’avait jeté en direction d’élèves avec qui il se chamaillait et la victime a été accidentellement blessée à l’œil. “Il a été à l’infirmerie où l’on a appelé sa mère pour qu’elle vienne le chercher mais il n’y pas eu d’appel des secours. Résultat, avec la prise en charge tardive, l’élève mettra peut être des années à retrouver la vue”, relate Ouarda Iratni, déléguée FCPE également membre de l’association Parents qui œuvre à Créteil et à Bonneuil-sur-Marne. Deux semaines plus tard, alors que les collégiens se pressaient contre le portail de l’établissement pour la sortie des classes, un autre ado s’est retrouvé pris dans le mouvement de foule et s’est retrouvé piétiné. “Il a appelé le surveillant à l’aide mais celui-ci n’a pas bougé le petit doigt. L’élève est traumatisé. Il est arrêté jusqu’au 25 juin”, poursuit-elle.

De son côté, l’inspection académique propose une rencontre mais écarte tout manquement au protocole. “Ce sont deux malheureux accidents. Nous avons proposé une rencontre avec le directeur académique adjoint, le chef d’établissement et les parents et devons nous mettre d’accord sur une date. Les familles vont être entendues et rassurées. Toutes les situations ont été traitées comme il le fallait et l’équipe de direction est en soutien et en accompagnement des personnels”.

Pour les parents d’élèves réunis ce mardi en cortège devant l’établissement, cette conclusion en “absence de défaillance”, fait injustement porter toute la responsabilité de ces accidents sur les élèves. “C’est plus facile de taper sur les doigts de nos gamins que de reconnaître ses torts. Nous avons élaboré ensemble en conseil d’administration en octobre dernier un protocole selon lequel c’était aux enseignants de détenir les flacons et d’en distribuer dans la main des élèves. Des plaintes sont en cours de dépôts”, ajoute la représentante de parents d’élèves.

Une crise de confiance qui enfle

Le personnel de vie scolaire et les enseignants réfutent, eux, toute responsabilité dans ces deux accidents. “Quelqu’un a volé le flacon à l’enseignante. L’infirmière a également fait de son mieux pour trouver une solution. Les parents d’élèves s’en prennent à nous alors que nous n’y sommes pour rien. Cet incident nous a tous affectés”, explique un représentant d’enseignants.

Ces deux événements ont en tout cas fait éclater au grand jour la défiance de représentants de parents d’élèves vis-à-vis de certains profs après plusieurs mois de dialogue rompu. Au collège Simone de Beauvoir, des enseignants se mobilisent pourtant régulièrement aux côtés des parents pour demander des moyens supplémentaires. “Les accidents, nous les craignions. Voilà trois ans que nous nous battions avec les représentants des parents d’élèves pour demander des postes supplémentaires d’assistants d’éducation (surveillants) en vain. Toutes les écoles de notre secteur sont classées en réseau d’éducation prioritaire mais pas le collège, tête de réseau. Nous le payons cher puisque nous n’avons pas de moyens adaptés aux besoins de cet établissement”, ajoute l’élu enseignant. En mars dernier, pendant une dizaine de jours, une grève a ainsi été menée contre la suppression de 58 heures sur la dotation horaire globale, représentant deux fermetures de classes en 4e et 3e. “Dès le départ, les représentants de parents d’élève ont désapprouvé ce mode d’action mais pour nous, il était important de se mobiliser. C’est un établissement qui n’est pas facile, passer de classes à 25 à des classes à 28 voire 30, ce n’est pas anodin. C’est incompréhensible que l’on nous reproche de nous être battus, d’avoir sacrifié nos journées de grève”, juge un enseignant.

Ouarda Iratni confirme que cet épisode à laissé des traces. “Nous reprenions après les vacances, les élèves de 4e et de 3e avaient du retard à rattraper. L’examen du brevet blanc n’a pas pu être organisé. Ils auraient pu aller manifester devant l’inspection académique pour laisser étudier les élèves dans de bonnes conditions. Maintenant il faut arrêter les dégâts, penser à la réussite éducative des enfants et appliquer de la bienveillance”.

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