Culture | | 11/06
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Créteil: Jacques Juillet, l’écrivain octogénaire qui court après sa mémoire

Créteil: Jacques Juillet, l’écrivain octogénaire qui court après sa mémoire

Meurtres en Ehpad, voilà le polar que Jacques Juillet, pensionnaire d’une maison de retraite à Créteil, sortira prochainement pour rendre compte de la folie du confinement, après son douzième livre, Un octogénaire peut en cacher un autre. Ayant perdu sa mémoire immédiate après des accidents vasculaires cérébraux (AVC), le retraité puise dans l’écriture, qu’il appelle “sa nouvelle obsession”, pour ne pas perdre le fil.

S’il ne sort jamais de sa chambre de la Cristolienne, une maison de retraite de Créteil (groupe ABCD), Jacques Juillet, 84 ans, ne s’ennuie pas pour autant. “Dans mon entreprise, j’étais directeur technique responsable de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Avec toutes ces responsabilités, j’ai eu peur du vide que j’allais avoir en quittant ma vie professionnelle”, confie-t-il. “Et puis, écrire permet de conserver ce que je pense au moment même où je le pense, sinon c’est trop tard. J’écris aussi pour ma famille, pour qu’elle sache qui je suis“.

Avec ma mémoire, c’est assez compliqué, il m’est déjà arrivé d’écrire deux fois le même chapitre! Mais au moins, je peux relire mes livres sans connaître la fin!” Pour aboutir malgré ce handicap, Jacques Juillet use des moyens de son temps, “Mes fichiers Word sont directement liés à mes fichiers Excel, ce qui fait que je peux récupérer les blocs et m’en sortir dans la construction de l’histoire“.

Sur ses douze romans, la plupart sont des policiers. “Pour faire un polar, il faut une histoire bien construite et dense, quand on a ça, c’est assez facile à écrire”, indique celui qui se voit “entre écrivain et conteur”. Ce qui n’empêche pas une certaine empreinte biographique au fil des pages.

Se définissant comme solitaire, Jacques Juillet écrit la majorité de son temps, la nuit parfois. “C’est d’abord pour ne pas perdre mes idées, et puis je me laisse emporter. Je pense écrire 2 à 5 heures par jour, toujours dans ma chambre où j’ai plusieurs ordinateurs.”

Une passion d’écrire mais pas de lire. “J’ai dû lire un demi-livre en cinq ans. Je ne le fais pas parce que je veux que tout vienne de moi et n’écrire que sur des choses neuves. Pour la relecture, je peux aussi compter sur l’avis de ma famille même s’ils sont féroces. J’ai complètement recommencé un livre après une remarque négative de mon fils!” confie l’écrivain. L’ancien directeur, qui écrit depuis 20 ans, édite ses livres avec Encre Bleue Large Vision et Maia.

Cette expérience donne lieu à une vraie leçon d’humilité, ce n’est pas facile de supprimer plusieurs heures de travail quand on voit que ce n’est pas bon.” De l’ensemble de son œuvre, Jacques Juillet dit bien aimer Au-delà… Un aller-retour dans lequel il rencontre Jésus et le dieu catholique pour discuter. “C’est sûrement mon préféré parce que c’est le plus imaginatif, à l’inverse de mon dernier, Attention ! Un octogénaire peut en cacher un autre qui raconte simplement ma vie.

Meurtres en Ehpad, quand le confinement rend fou

Prochaine sortie, Meurtres en Ehpad raconte “le quotidien des résidents d’un Ehpad qui deviennent un peu fous après la situation sanitaire. Pour passer l’ennui, certains font des paris sur le prochain à mourir“, confie l’octogénaire, pince-sans-rire.

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Cet article est publié dans avec comme tags confinement, culture, La Cristolienne, littérature, Maison de retraite, mémoire,
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