Politique | Val-de-Marne | 17/06
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Départementales en Val-de-Marne: 9 cantons à veiller comme du lait sur le feu

Départementales en Val-de-Marne: 9 cantons à veiller comme du lait sur le feu © Pixabay
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Dans l’ombre des élections régionales qui se tiennent le même jour et peinent déjà à passionner les foules, les départementales 2021 sont quasiment passées sous les radars. Le Val-de-Marne attire un peu l’attention malgré tout, au niveau national, en tant que “dernier département communiste de France” qui pourrait basculer. A sa tête depuis 1976, la gauche ne tient plus qu’à deux cantons.

La droite, elle, s’est payées plusieurs bastions communistes en 2020, à commencer par Champigny-sur-Marne, ville de feu Georges Marchais (ancien secrétaire national du PCF) et de l’actuel président du département Christian Favier, mais aussi Villeneuve-Saint-Georges, Choisy-le-Roi et Valenton, même si elle a reperdu l’emblématique Villejuif. Elle n’a guère à craindre non plus des marcheurs qui l’inquiétaient autrement au sortir des élections européennes de 2019 avant de se crasher aux municipales. Elle doit se soucier davantage du Rassemblement national qui, bien que relativement peu présent sur les marchés, fidélise tranquillement ses électeurs.

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Pour tous les candidats, la principale inconnue reste toutefois l’abstention. Pas en épaisseur bien-sûr, tout le monde sait qu’elle sera massive. Mais en nature. Qui s’abstiendra un peu moins ? Ses sympathisants ou ceux de son concurrent ? Qui aura réussi à mobiliser le plus effacement son électorat ? Réponse dimanche.

En attendant, petite revue de détail des cantons où le suspens sera majeur à 20 heures ce 20 juin.

Pour rappel, le Val-de-Marne compte 25 cantons dont actuellement 14 à gauche et 11 à droite.

Cantons à gauche : Alfortville, Arcueil, Champigny1 et 2, Choisy-le-Roi, Créteil 1 et 2, Fontenay-sous-Bois, Ivry-sur-Seine, Le Kremlin-Bicêtre, Orly, Villejuif, Vitry 1 et 2.
Cantons à droite : Charenton-le-Pont, L’Haÿ-les-Roses, Maisons-Alfort, Nogent-sur-Marne, Plateau briard, Saint-Maur-des-Fossés 1 et 2, Thiais, Villeneuve-Saint-Georges, Villiers-sur-Marne, Vincennes.

Champigny-sur-Marne : les 2 cantons qui pourraient faire l’élection

Prise la plus symbolique de la droite aux municipales de 2020 au terme d’un duel droite-gauche sans RN, Champigny-sur-Marne sera l’objet de toutes les attentions, composée de deux cantons actuellement tenus par des élus PCF, dont le président du département, Christian Favier, en binôme avec Jeannick Le Lagadec (LFI).

Sur le canton du président sortant, Champigny 1, la gauche a réussi à faire l’union. La majorité présidentielle, elle, a choisi de ne pas interférer dans le scrutin mais son candidat malheureux des municipales, Jean-Michel Schmitt, s’y présente, sans étiquette. Le Rassemblement national, qui avait fait 16% au premier tour des départementales de 2015, est aussi de la partie.
Au 2ème tour de 2015, Christian Favier et Jeannick Le Lagadec avaient battu Laurent Jeanne et Aurore Thiroux avec 451 voix d’écart (6 227 voix contre 5 776).

Sur Champigny 2, la gauche n’a pas réussi à faire l’union. Au total, le canton compte 8 binômes de candidats. A noter que ce canton s’étend sur une partie de Champigny mais aussi toute la commune de Chennevières-sur-Marne, dont le maire UDI Jean-Pierre Barnaud fait partie des candidats.
Au 2ème tour de 2015, Alain Audhéon et Marie Kennedy avaient battu Jean-Pierre Barnaud et Isilda de Amorim avec 324 voix d’écart (4 772 voix contre 4 448).

Choisy-le-Roi : union de la gauche, inconnue RN

Composé de Choisy et d’une partie de Villeneuve-Saint-Georges, deux villes ex-PCF conquises par la droite en 2020, ce canton a vu en 2015 son destin scellé par le score du RN au premier tour, lequel s’était positionné entre les candidats PCF-LFI et les candidats LR. L’une des questions est donc de savoir si le RN réussira à nouveau à se placer en deuxième position et donc se maintenir au second tour, et derrière qui. Compte-tenu des taux d’abstention attendus, il est en effet très peu probable qu’il y ait des triangulaires (sauf à faire partie des 2 premiers, il faut en effet 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour). L’autre inconnue est la capacité de la droite à confirmer l’essai après les municipales, avec comme candidat le maire en personne, Tonino Panetta, face à une gauche qui ne s’était pas présentée devant les électeurs de manière aussi unie depuis longtemps, avec de nouvelle têtes dont l’ancienne sportive Katiana René (société civile).
Au 2ème tour de 2015, Nathalie Dinner (LFI) et Didier Guillaume (PCF) avaient battu Lucie Dos Santos et Dominique Joly (RN) avec 2 934 voix d’écart (7 043 voix contre 4 109).

Créteil 1: le canton que peut espérer LREM

Fief du PS, Créteil, qui compte deux cantons, a tranquillement fait réélire ses conseillers en 2015, malgré la désunion de la gauche qui perdure en 2021. Le PS bénéficie cette fois du soutien du PCF mais devra affronter deux autres candidatures à gauche : LFI et EELV. Depuis 2015, la nouvelle donne a été la razzia LREM lors des législatives de 2017 qui a vu Jean-François Mbaye se faire élire contre le candidat LFI, le PS n’ayant même pas pu se maintenir au second tour. De quoi laisser LREM espérer d’y compter un binôme, alors que le député s’y présente en personne avec Imane Idrissi (TDP). Les scores des dernières municipales doivent néanmoins faire garder la tête froide, qui ont vu le maire Laurent Cathala rafler 45% des suffrages dès le premier tour, largement devant les candidat LR Thierry Hebbrecht (15%) et LREM Mehmet Ceylan (9%), désormais candidat à Créteil 2.

L’Haÿ-les-Roses : le canton que la gauche rêve de reconquérir

Le canton comprend Fresnes et L’Haÿ-les-Roses, deux communes qui faisaient partie des bastions PS il y a encore dix ans. C’est il y a dix ans justement que la situation a commencé à se retourner à L’Haÿ-les-Roses, suite aux affaires judiciaires liées à l’ancien maire Patrick Sève. Une passe pour la droite saisie la balle au bond par Vincent Jeanbrun, élu en 2014 puis en 2020. Lors des départementales de 2015, le PS, fragilisé par la perte de cette commune, a de plus subi une véritable hémorragie suite à sa réaction drastique à la candidature de Brigitte Tironneau, élue sortante (ancienne remplaçante de Jean-Jacques Bridey) non réinvestie par le PS, en binôme avec le PCF Stéphane Colonneaux. Le parti à la rose avait répondu par 30 exclusions dans la section lhayssienne et une candidature PS officielle qui a échoué au 2ème tour face au nouveau maire de L’Haÿ et sa binôme fresnoise Frédérique Pradier. De son côté, la gauche fresnoise a fait preuve d’une résilience qui n’était pas gagnée d’avance. Après des municipales très serrées en 2014, lors desquelles l’ancien maire Jean-Jacques Bridey n’a dû sa réélection qu’à la division de la droite, le PS a résisté au passage chez LREM du député-maire en 2017, maintenant la ville sous sa bannière contre toute attente lorsque le député a dû rendre son écharpe de maire après les législatives. Pour rappel, la majorité municipale avait élu Marie Chavanon (PS) contre la candidate marcho-compatible poussée par le parlementaire. La suite n’a pas été simple dans l’ex-majorité municipale mais a été tranchée par la réélection de la maire en 2020. De quoi faire espérer à la gauche de reprendre l’avantage. Pour commencer, elle a commencé par faire l’union totale autour du PS et le pôle écologiste. En face, se présentent la droite, également unie, la majorité présidentielle et le Rassemblement national.
Au 2ème tour de 2015, Vincent Jeanbrun et Frédérique Pradier (LR-UDI) avaient battu Fabienne Heilbronn et Philippe Vafiades ( à l’époque PS) avec 1 595 voix d’écart (7 824 voix contre 6 229).

Orly : nouveau suspense

En 2015, c’est à 76 voix près que le binôme Daniel Guérin (MRC) – Christine Janodet, maire gauche citoyenne d’Orly, avait battu Didier Gonzales, maire LR de Villeneuve-le-Roi et Nicole Duru-Berrebi (UDI). 6 ans plus tard, on prend presque les mêmes et on recommence, avec à nouveaux deux maires concurrents, bien réélus en 2020. A quelques détails près toutefois. Dans les équipages d’abord, Didier Gonzales a troqué sa binôme UDI par une autre, Marie-Amélie Martin, contre l’avis de l’UDI qui a exigé en retour que la paire ne soit pas investie par l’alliance LR-UDI-Libres. A gauche également, Val-de-Marne en commun, la plate-forme de soutien à Christian Favier, n’a officiellement investi personne, laissant se départager au premier tour Christine Janodet-Daniel Guérin d’un côté, et un binôme PCF-LFI (Adji Touré et Gilles Vosgien) de l’autre. A ces trois candidatures convient-il d’ajouter celle du Rassemblement national qui présente Nina Smarandi et Alain Conclois. La majorité présidentielle passe son tour.

Villejuif : un canton qui réunit droite et majorité présidentielle

Dans l’histoire politique val-de-marnaise récente, Villejuif est la commune qui a sans doute le plus nourri la chronique polémique et insolite, depuis l’alliance LR-UDI-EELV non investi- divers gauche de 2014 qui a permis à Franck Le Bohellec (à l’époque LR) de devenir maire d’une ville qui était communiste depuis près d’un siècle. Une alliance hétéroclite qui n’a pas tenu dans la durée, donnant lieu à de nombreux vaudevilles en conseil municipal pour recomposer en permanence une majorité de plus en plus intenable. En 2020, la gauche s’est ressoudée au second tour et a renversé la vapeur avec 452 voix d’avance, après avoir réussi à garder le canton en 2015. Désormais, c’est au tour de la droite de partir en reconquête en commençant par le canton, en misant sur le même champion, Franck Le Bohellec (Libres) désormais soutenu également par LREM, contrairement aux municipales. En face, la gauche n’a pas trouvé d’accord au premier tour, et devra donc se compter. Le RN est également candidat, qui avait remporté 16% des suffrages au premier tour en 2015, en 4ème position derrière la droite, le Front de gauche et les socialistes.

Vitry-sur-Seine : le 4ème tour des municipales

A Vitry-sur-Seine, ville resté clairement à gauche en 2020, c’est surtout la guerre interne au PCF qui pimente le scrutin. Depuis l’élection à la hussarde de Pierre Bell-Lloch contre sa propre tête de liste et maire sortant Jean-Claude Kennedy lors de l’installation du conseil municipal en juillet 2020, la hache de guerre n’a pas été enterrée entre les équipes soutenant l’ancien maire et le nouveau, mettant fortement dans l’embarras la majorité départementale. Un vrai casse-tête qui a conduit Val-de-Marne en commun à soutenir Evelyne Rabardel et Hocine Tmimi (soutiens de Kennedy) dans le canton 2, en tant que conseillers sortants, et Marie-Albert Jules-Rosette et Lauranne Esseul (côté Bell-LLoch) dans le canton 1, pour les mêmes raisons, alors que se présentent également Jean-Claude Kennedy et son ancienne adjointe Isabelle Lorand qui entendent bien laver l’affront du 4 juillet. Le PS, lui, soutient le clan Bell-LLoch dans les 2 cantons, étant allié dans la majorité municipale. Les écologistes de la Fabrique – Vitry en mieux, qui tracent leur route depuis 2014, pourraient faire leur miel de cette lutte interne au premier tour, mais aussi la droite qui part cette fois complètement unie, et le RN qui avait réussi à se maintenir au second tour à Vitry 2 en 2015.

Rendez-vous sur 94 Citoyens dimanche 20 juin à 20 heures pour les premiers résultats, estimations et analyses.

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