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Devenir du site Renault à Choisy-le-Roi: Laurent Lafon pose la question du foncier

Devenir du site Renault à Choisy-le-Roi: Laurent Lafon pose la question du foncier

Alors que le transfert des activités de reconditionnement de pièces de Renault Choisy-le-Roi vers Flins commencera dès la fin de l’année et qu’une étude de faisabilité sur la création d’un nouveau pôle d’économie circulaire sur place est en cours, l’une des questions sensibles de ce dossier est celui de la maîtrise foncière. Le sénateur Laurent Lafon (UDI) l’a posée jeudi dernier à l’occasion d’une séance de questions au gouvernement.

Un fleuron de l’économie circulaire dédié à l’automobile, c’est justement le projet de Renault… mais à Flins, dans l’Essonne. Au printemps 2020, le constructeur automobile a en effet décidé d’y rapatrier les activités de l’usine de Choisy, qui était pionnière des activités d’économie circulaire, afin de pouvoir fermer le site valdemarnais. Dans le cadre de son plan d’économie de 2 milliards d’euros, le groupe avait envisagé de fermer quatre usines, à Dieppe, Caudan, Choisy et Flins et a finalement opté pour Choisy tout en sauvant Flins en transformant radicalement son activité. A Choisy-le-Roi, face à la Seine, ce site d’une dizaine d’hectares proche de Paris, était en outre l’un des plus valorisable du point de vue foncier.

Sur place toutefois, la ville a prévenu qu’il était hors de question qu’autre chose que de l’activité économique ne s’y installe et la commune, accompagnée par la CCI du Val-de-Marne, s’est attelée à imaginer un autre avenir à l’ancienne usine, souhaitant capitaliser sur le savoir faire en matière d’économie circulaire. La CCI 94 a ainsi lancé une étude de préfiguration d’un Pôle Economie Circulaire à rayonnement régional co-financée par l’Ademe, la Préfecture et la Chambre de commerce. Cette étude est en cours, sous l’égide du cabinet GreenFlex, et ses résultats sont attendus d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.

Lire : Pôle économie circulaire à Choisy-le-Roi après Renault: la CCI 94 sonde les entreprises

“Les premières conclusions sont très positives”, indique Tonino Panetta, maire LR de Choisy-le-Roi, évoquant des manifestations d’intérêt dans les filières bois, textile, papier. “Je souhaiterais que ce pôle tourne autour de l’économie de demain”, se projette l’élu, insistant sur la possibilité d’utiliser la Seine toute proche pour acheminer les produits. Côté financement, le maire espère s’appuyer sur le plan de relance pour financer une partie des investissements.

Reste une question capitale, celle du foncier qui appartient à Renault. Pour l’heure, le constructeur n’a pas encore indiqué ce qu’il comptait faire du site, tendant une oreille aux projets en cours sans prendre d’engagement. C’est dans ce contexte que le sénateur Laurent Lafon a mis les pieds dans le plat ce jeudi 7 octobre à l’occasion des questions au gouvernement, alors que l’Etat détient encore 15% du capital de Renault.

“L’entreprise Renault a confirmé la fermeture de son usine de reconditionnement de pièces détachées à Choisy-le-Roi, dans l’Est parisien, et son transfert à Flins, dans l’Ouest parisien. Cette cessation d’activité est une perte lourde pour le Val-de-Marne, qui voit ainsi partir un site industriel installé depuis plus de soixante-dix ans, avec les emplois qui lui sont liés. (…) Il est vital d’éviter la création d’une friche industrielle de 11 hectares idéalement placée en bordure de Seine, berceau des anciens jardins du roi Louis XV, au cœur du département, sur un site labélisé territoire d’industrie du futur.   L’Etat actionnaire doit prendre ses responsabilités et intervenir pour que Renault accompagne ce projet d’avenir et permette, à travers la maîtrise du foncier notamment, sa réalisation dans les meilleurs conditions”, a questionné le parlementaire, rappelant que l’entreprise avait pu bénéficier d’un prêt garanti par l’État de 5 milliards d’euros.

Chargée de lui répondre, Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l’égalité des chances et la diversité, a rappelé que le transfert des activités avait “fait l’objet d’une attention particulière de l’État, actionnaire de l’entreprise, plus précisément concernant l’avenir des salariés et l’enjeu de préservation de l’activité en France.”

Sur l’enjeu foncier, la ministre a indiqué que “Renault s’est engagé, une fois la situation des salariés réglée, à travailler avec les élus locaux pour la reprise du site de Choisy.”

En termes de calendrier, la ministre a confirmé la date de 2022 annoncée dès le mois de mai, évoquant le premier semestre.

“Compte tenu de l’ampleur du site et de sa localisation, vous comprendrez qu’une implication forte de l’État et de Renault est extrêmement importante pour la réussite de ce projet de reconversion autour de l’économie circulaire”, a réagi le sénateur.

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“L’enjeu de cette question était de sensibiliser le gouvernement sur cette question car il y est intéressé à plusieurs titres. Choisy est situé dans un territoire Industrie d’avenir et l’Etat participe aussi au financement de l’étude via l’Ademe”, explique le parlementaire.

La prochaine étape se tiendra début 2022, avec le rendu de l’étude et le départ effectif des actuels salariés de l’usine.

Tonino Panetta, lui, estime que le constructeur automobile pourrait être partie prenante. “Il y a une filière textile qui s’intéresse au site. Or, dans une voiture, on met du tissu”, enjoint l’élu.

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