Santé | | 27/01
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Gentilly : manifestation devant Sanofi pour dénoncer les coupes dans la recherche

Gentilly : manifestation devant Sanofi pour dénoncer les coupes dans la recherche © Fb

Plusieurs dizaine de manifestants se sont retrouvés ce mercredi devant le siège de Sanofi à Gentilly pour protester contre de nouvelles suppressions d’emplois du groupe pharmaceutique et alerter sur le risque à terme de “perte de la souveraineté sanitaire” pour la France. Elus et personnels ont dénoncé l’impact du nouveau plan à l’occasion de plusieurs prises de paroles. De son côté, Sanofi défend sa stratégie et annonce qu’il va aider à la fabrication des vaccins Pfizer, à partir de son usine allemande.

Après une année 2020 marquée, notamment en Val-de-Marne par l’annonce de la fermeture du centre Sanofi d’Alfortville et la suppression d’environ 300 emplois, les syndicats du groupe pharmaceutique craignent de nouveaux départs massifs en 2021 dans le secteur de la recherche. Des représentants syndicaux de la CGT Sanofi, des élus et militants communistes et insoumis ont donc décidé de manifester ce mercredi devant le siège du groupe à Gentilly pour dénoncer les orientations stratégique de la direction.

«Dans la branche médicament, nous avions 6350 salariés répartis sur 11 sites en France en 2008, nous sommes aujourd’hui à 3400 pour 4 sites. Le nouveau plan qu’ils nous préparent prévoit la suppression d’un centre de recherche à Strasbourg et 400 nouveaux emplois. Sanofi va ainsi se désengager de la recherche sur le cardio-vasculaire et sur le système nerveux central donc la maladie d’Alzeihmer. Déjà en 2018, ils avaient arrêté la recherche dans les antibiotiques alors que nous avions des chercheurs spécialisés dans les anti-infectieux qui auraient pu être très utiles au regard des pandémies», déplore un ancien responsable syndical national aujourd’hui élu sur le site de Vitry-sur-Seine. «C’est bien simple, j’ai 40 ans de boîte, depuis les premières fusions, la stratégie a consisté à miser sur l’aspect financier et non plus scientifique avec des PSE quasiment tous les un à deux ans. Désormais, ils ont recours aux ruptures conventionnelles collectives, en trois mois c’est terminé et ça leur coûte encore moins d’argent. Ces suppressions d’emploi ont pour conséquence une nette perte d’expertise», abonde un employé du siège de Gentilly.

«4 milliards de dividendes versés cette année, plus d’un milliard de crédits d’impôts et d’aides publiques en 10 ans sans contrepartie, quatre plans d’économie de 2 milliards chacun auront été réalisés (…) la multinationale Sanofi dirigée de plus en plus depuis les USA démantèle nos activités de R&D en France sous la bienveillance du gouvernement actuel. A terme, si la direction ne révise pas sa politique, la souveraineté thérapeutique nous échappera alors qu’il reste tant à faire pour guérir les patients atteints de maladies encore non pourvues de traitement efficace», ajoute Pascal Collemine, délégué syndical central CGT de Sanofi.

Plusieurs personnalités politiques ont également pris la parole pour témoigner leur soutien aux représentants du personnel au premier rang desquels le premier secrétaire du PCF, le député Fabien Roussel. «La recherche française a été vendue sur l’autel de la concurrence et est aujourd’hui entre les mains des grands groupes privés. Quand on livre la recherche au privé, nous sommes privés de recherche, et quand on livre le vaccin au privé, nous sommes aussi privés de vaccins», lâche le député, entouré d’autres élus communistes comme le président du Conseil départemental Christian Favier, la maire de Gentilly Patricia Tordjman, la sénatrice Laurence Cohen, ainsi que députés France Insoumise Mathilde Panot et Eric Coquerel, lesquels se sont succédé au micro pour étriller la stratégie de Sanofi.

Sanofi va produire les vaccins Pfizer

De son côté, Sanofi, qui reste dans la course au vaccin contre la Covid-19 même s’il n’est pas arrivé le premier, a annoncé ce mercredi matin qu’il allait fabriquer les vaccins de son concurrent Pfizer, comme le suggéraient des syndicats du groupe. Le groupe interviendra dans la dernière étape de fabrication pour fournir 125 millions de doses pour l’Union européenne, d’ici à la fin de l’année. Invité sur RTL ce mercredi, Olivier Bogillot, le président de Sanofi, a insisté sur l’aspect inédit d’une telle collaboration avec son concurrent, et défendu sa stratégie vaccinale. Le dirigeant a par ailleurs défendu les suppressions de poste dans la recherche, indiquant qu’elles n’auraient pas de conséquences sur les vaccins, et défendant la priorisation des investissements. La fabrication devrait se faire dans l’usine de Francfort du groupe, située non loin du siège de BioNTech.

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