Grands projets | | 02/06
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Inventons la Métropole: Sevran abandonne le projet de vague de surf

Inventons la Métropole: Sevran abandonne le projet de vague de surf
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A l’issue de dix réunions, le conseil participatif installé par la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) a rendu jeudi 27 mai ses recommandations sur le projet Terre d’eau et de culture. Elles enterrent l’idée de la piscine à vagues au cœur de l’opération d’aménagement de la friche du Montceleux portée par Grand Paris Aménagement et le promoteur immobilier Linkcity. Détails.

« Il faudra qu’on s’arme de tout cet argumentaire pour faire en sorte qu’il [le projet Terre d’eau et de culture] porte vers cette direction que vous avez proposée et que nous partageons pour l’essentiel. » C’est par ces mots que Stéphane Blanchet (DVG), le maire de Sevran, a clôturé jeudi 27 mai une séance dédiée à la restitution des recommandations du conseil participatif devant les membres du conseil municipal. Avec pour principal effet de mettre fin à la controverse suscitée par la perspective de créer une piscine à vagues pour la pratique du surf.

Au cœur du projet d’aménagement des terres en friche du Montceleux, lauréat de la première édition d’« Inventons la Métropole du Grand Paris » en 2017, cette « grande vague » devait s’accompagner d’un ensemble de logements et de commerces. Mais elle est jugée « incompatible et inadaptée » avec ce projet, autrement dit peu en phase avec les réalités sociales, économiques et écologiques de Sevran, une ville de plus de 52 000 habitants. « Hasardeux » pour certains, « désastreux » pour d’autres, voire « obscène » pour Francis Redon, membre du conseil participatif et président de l’association Environnement 93… les critiques n’ont cessé de s’accumuler contre ce projet.

Un projet plus écologique

Majorité comme opposition ont salué les travaux de ce conseil mis en place par la mairie et composé de 28 membres répartis en quatre « collèges » : un de dix citoyens tirés au sort, un de futurs usagers du site, un de représentants d’association et un d’élus choisis par le maire. Avec un objectif, celui de faire « atterrir le projet », selon les termes de Stéphane Blanchet.

Un mois et demi plus tard, « Terre d’eau et de culture », tel qu’il a été rebaptisé, est largement remis à plat. « On préconise que 75% de la superficie total du projet soit occupée par des espaces verts », explique Francis Redon. Exit donc l’aménagement d’une piscine à vagues considérée comme trop coûteuse d’un point de vue financier mais aussi environnemental. « On nous soutenait qu’avec 740 ml d’eaux pluviales on pouvait alimenter tout ça. En fait, après analyses, on se rend compte qu’il ne tombe que 550 ml d’eaux pluviales et en 2050 ce ne sera même plus ça. » Ce qui obligera à pomper dans la nappe phréatique. Des arguments sur la consommation d’eau auxquels ont également été sensibles la Fédération française de surf et le Syndicat des professionnels du surf selon l’équipe.fr. Sur cette question, Francis Redon déplore d’ailleurs « qu’on ce soit fait mener en bateau par Linkcity », le promoteur immobilier.

Une coulée verte

A la place de la piscine à vagues, le conseil consultatif préconise un projet redimensionné de « centre aquatique et de remise en forme privé » auquel pourrait s’ajouter un bassin si la candidature de Sevran échouait pour récupérer une des trois piscines démontables qui seront installées à Nanterre (Hauts-de-Seine) et à Saint-Denis pour les jeux olympiques 2024.

Le conseil participatif a, par ailleurs, fait valoir que le projet devait s’intégrer dans le cadre du passé agricole de Sevran. « Pour nous, l’agriculture devrait également avoir une plus grande place, soit 5 hectares contre 1,5 initialement prévue », souligne Francis Redon. L’idée globale est ainsi d’inscrire Montceleux dans la continuité des deux grands parcs du Sausset et de la Poudrerie, de manière à créer un « corridor écologique ». A cet égard, le conseil participatif recommande de créer une coulée verte reliant les trois sites.

Sur le volet « logement », l’accent a été mis sur le besoin de mixité sociale alors qu’actuellement, entre 800 et 850 logements sont prévus dont 20% de logements sociaux. De même, le conseil participatif appelle à ce que le projet s’accompagne d’une « offre de relogement » aux Sevranais dans le cadre de la rénovation urbaine.

Enfin, la création d’emplois et la formation figurent aussi en tête des préoccupations du projet révisé présenté aux élus sevranais. Stéphane Blanchet donne désormais rendez-vous « à la rentrée ou l’automne » pour la restitution du nouveau projet. Le temps de « digérer » toutes ces recommandations et que les négociations aboutissent avec Linkcity et Grand Paris Aménagement pour l’ajustement du projet Terre d’eau et de culture.

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