Animaux | Val-de-Marne | 04/05
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La Croix Rouge du Val-de-Marne démarre ses maraudes animalières

La Croix Rouge du Val-de-Marne démarre ses maraudes animalières
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Fin avril, la Croix Rouge du Val-de-Marne et son unité locale de Créteil-Alfortville-Bonneuil ont expérimenté la maraude animalière auprès des sans abris, après avoir déjà créé une unité d’assistance aux premiers secours pour animaux destinée aux personnes sinistrées obligées de quitter leur domicile. Reportage.

C’est suite aux dernières inondations dans le Val-de-Marne, en 2016 et surtout en 2018 à Villeneuve-Saint-Georges, que nous avons remarqué que des personnes refusaient de sortir du sinistre sans leurs animaux”, confie Hervé Pilet, porte-parole de la Croix Rouge du Val-de-Marne. Une première unité d’Assistance de Secours pour Animaux est ainsi crée en 2018, avec 10 bénévoles, dont 5 formés aux premiers secours pour les animaux avec l’école vétérinaire de Maisons-Alfort.

Afin de laisser un peu plus de temps pour trouver une solution d’hébergement pour les animaux, un accueil temporaire de 72 heures est organisé avec des cages, du matériel de premier secours. Une initiative “inédite en Ile-de-France voire même peut-être dans tous la France si on exclut les dispositifs pour animaux de la ferme comme le cheval ou le mouton“, indique Hervé Pilet.

La remorque de l’unité d’assistance aux animaux et son matériel.

Depuis, l’unité locale d’Alfortville-Bonneuil-Créteil la Croix Rouge Français a aussi décidé de s’occuper des animaux des personnes sans abri en créant une maraude animalière. Le premier rendez-vous était donné ce 28 avril.

“La problématique des animaux pour les sans-abris est essentielle, c’est souvent un moyen de protection, d’amitié et un de leurs seuls liens avec le monde. L’animal de compagnie contribue à leur équilibre. Alors, aider ces animaux, c’est aussi, et surtout, aider ces gens, car ils privilégient souvent leurs animaux à leur propre santé. Et ils refusent de les abandonner, même lorsqu’une place dans un centre d’hébergement leur est proposée. Dans le Val-de-Marne, aucun centre n’accepte en effet les animaux, et un seul dans Paris.”

Le projet avait déjà été testé une première fois mais n’a pas pu prospérer faute de bénévoles. “Il y a deux ans, nous avions une équipe de maraude animalière, mais ils sont malheureusement tous partis”, souligne Yasmine, la vingtaine, décidée à reprendre le flambeau.

La première édition est axée sur la distribution de nourriture et du petit matériel pour les animaux des sans-abris. L’objectif est d’élargir cette aide à un service de soins et un service administratif, une dimension qui sera peut-être réalisable avec l’aide d’étudiants de l’école vétérinaire d’Alfort.”

Ce soir, cap sur la tente de Rosalia, nichée sous les arbres sur une butte à proximité d’une route. A 58 ans, Rosalia est à la rue depuis 8 ans mais elle n’est pas complètement seule, entourée par Jacqueline, un Bichon Bolonais stérilisé, et Johnny, un Pit Bull Terrier d’un an et demi. Deux compagnons qui la suivent partout, Jacqueline dans une poussette et Johnny avec une muselière.

À quelques mètres, Thomas et Margarita, 58 ans, partagent leur tente avec 23 chats, dont 15 nouveaux. Une situation qui met le couple dans l’embarras. “Nous voulons bien les donner mais je ne sais pas trop où le faire”, explique Thomas. En attendant de trouver une solution, les maraudeurs mettent à la disposition du couple une boite entière de gelée de volaille.

Au pied d’un immeuble, celle qui se fait appeler “la dame au manteau bleu” est absente ce soir. Seul reste son logement de fortune et le panier de son chat, son unique compagnie, à proximité d’un buisson. “On l’appelle ainsi car elle refuse de communiquer avec qui que ce soit. Son histoire est assez tragique. Après la mort de son frère chez qui elle vivait, elle a été contrainte de dormir dans sa voiture. Une fois celle-ci volée, elle s’est retrouvée à la rue. Ce chat, c’est sa dernière possession”, raconte Annie, bénévole retraitée, qui mène la maraude.

Christophe, qui vit dans un parking, s’est lui fait retirer son chien, un Border collie, par une dame d’une association. Un crève-cœur. “Elle est arrivée un jour pour lui prendre son chien qui venait d’avoir des petits. C’est d’autant plus cruel qu’il s’en occupait vraiment bien“, relate un gardien du parking.

Si la maraude est un succès et la demande réelle, la situation sanitaire “bloque un peu cette perspective, souligne Hervé Pilet. Nous allons surtout effectuer des recensements des besoins jusque septembre, avant de reprendre.”

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