Urbanisme | | 28/09
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Le Perreux-sur-Marne: démolition de la propriété des magnats du dentifrice

Le Perreux-sur-Marne: démolition de la propriété des magnats du dentifrice

Un pavillon ayant appartenu à la famille Barreau, créateurs des dentifrices Email Diamant à la fin du XIXe siècle a été démoli le semaine dernière au Perreux-sur-Marne, au grand dam des défenseurs du patrimoine local.

Hasard du calendrier, c’est autour des journées du patrimoine que les pelleteuses ont entamé la démolition du pavillon de la propriété Barreau, au 34 avenue Ledru-Rollin. Le sort de cette maison remarquable a été scellé au printemps 2017 lorsque Accueil Immobilier, un promoteur francilien, a obtenu un permis de construire pour y bâtir une résidence de grand standing sur cinq étages.

“D’après les témoignages que nous avons recueillis, il y avait eu des travaux de remise en état. Des personnes qui ont pu se rendre à l’intérieur nous ont décrit de beaux plafonds décorés. Il est désolant que les propriétaires aient préféré céder ces bâtiments absolument superbes contre des euros sonnants et trébuchants”, estime Françoise Saunier-Laporte, présidente de l’association Agir pour le Perreux (APLP 94). La plus vaste parcelle de l’emprise du futur programme immobilier a été vendue fin novembre dernier pour un montant de 1,8 million d’euros et comprenait le pavillon de 123 m2 ainsi que 1000 m2 de terrain.

Dans le voisinage, la disparition du pavillon a fait réagir dès les pancartes annonçant l’arrivée d’une future résidence et, au cours de cinq dernières années, des procédures ont été lancées par les riverain, qui ont abouti à la modification à plusieurs reprises du permis de construire.

L’architecte des bâtiments de France a même manifesté son désaccord sur la démolition du pavillon et demandé son classement sur la liste des bâtiments remarquables inaliénables de la ville, par courrier à la mairie.

La maire dénonce la pression accrue des promoteurs … et de l’État

De son côté, la maire, Christel Royer, reconnaît la voracité des promoteurs qu’elle explique par un droit de l’urbanisme contraignant les communes à densifier. “Les plans d’occupation des sols (POS) étaient des outils bien plus efficaces pour protéger le cadre de vie. Nous pouvions par exemple différencier les parcelles et les réserver à l’habitat pavillonnaire ou au collectif. Nous avions également le pouvoir d’établir un coefficient d’occupation des sols. Avec le PLU (Plan local d’urbanisme), nous n’avons plus que des mesures indirectes (hauteur, gabarit, prospect et recul) pour agir. C’est la raison pour laquelle nous avons attendu jusqu’à fin 2016 pour dresser notre plan local d’urbanisme. La conséquence a été immédiate avec un lobbying épouvantable auprès des propriétaires de pavillons et 25 permis de construire déposés en 6 mois”, explique-t-elle. Le permis accordé au promoteur Accueil Immobilier remonte à cette période.

Depuis, la commune a mis le holà en modifiant à plusieurs reprises son PLU, tout en expliquant accepter les projets lorsqu’ils se situent à proximité des grands lignes de transport en commun et sur les grands axes communaux. La propriété du 32 avenue Ledru-Rollin est justement située à 200 mètres de la gare Nogent-Le Perreux. “La ville doit évoluer, il faut que nos jeunes et nos seniors puissent continuer à pouvoir vivre ici. Et pour favoriser cette mixité sociale, nous réservons 30% de tous nos programmes au logement social”, défend la maire. Une obligation pour la commune qui fait partie des villes carencées en logement social dans lesquelles la préfecture pris la main sur les permis de construire.

“Nous sommes pris en étau entre un État qui nous contraint à construire sur la ville et une population qui est attachée à son cadre de vie et nous reproche de ne pas le défendre”, résume Christel Royer.

L’association Agir pour le Perreux, elle, milite désormais aussi en direction de la préfecture du Val-de-Marne et obtenu de premières victoires. L’Etat a ainsi déjà refusé d’accorder un permis pour un programme sur l’emprise d’une villa en meulière de l’avenue Brossolette au motif qu’il ne s’insérait pas bien dans son environnement. L’association et les riverains avaient lancé l’alerte cet hiver.

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