Santé | Ile-de-France | 14/03
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L’Ile-de-France se prépare à évacuer une centaine de patients Covid

L’Ile-de-France se prépare à évacuer une centaine de patients Covid © AP-HP

Le 14 mars 2020 à minuit, restaurants, bars et cinémas fermaient, juste avant la mise sous cloche inédite du pays. Un an après, le gouvernement tente d’éviter un 3e confinement, lançant une évacuation “massive” de patients pour soulager l’Ile-de-France, sous tension.

Restos et lieux de culture toujours fermés, couvre-feu à 18h en métropole, déplacements vers l’étranger limités, reconfinement localisé le week-end à Dunkerque ou à Nice… Les restrictions en place pour freiner l’épidémie de Covid-19 sont déjà importantes.

Mais il est “très peu probable” que l’on parvienne à ce freinage sans de nouveau confiner, estime dans le JDD l’épidémiologiste Vittoria Colizza, qui craint que la gestion sanitaire soit “encore plus difficile” en avril.

Même si le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés s’est stabilisé (autour de 25 000), la pression sur le système sanitaire reste importante, avec une hausse continue des personnes en réanimation: près de 4 100 désormais, dont plus du quart (1 100) en Ile-de-France où les malades Covid occupent plus de 95% des capacités initiales en réa.

Face au risque de saturation, l’exécutif a annoncé dimanche le lancement d’évacuations de plus grande ampleur pour soulager ces services.

Après trois personnes transférées samedi et trois dimanche, six par jour seront évacuées par voie aérienne à partir de lundi, a annoncé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal depuis le tarmac de l’aéroport d’Orly d’où un avion sanitaire partait vers Bordeaux.

TGV médicalisés

Et une “opération plus massive” sera organisée en fin de semaine par TGV médicalisés, a-t-il ajouté, estimant à une centaine au total le nombre d’évacuations sanitaires depuis l’Ile-de-France la semaine prochaine, principalement vers les Pays de la Loire, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie.

Cette opération “chardons” s’ajoutera aux 175 transferts effectués en France depuis fin janvier, pour un total de 1 000 depuis le début de l’épidémie, a précisé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon sur BFMTV.

“Nous faisons tout pour ne pas avoir à prendre des mesures plus contraignantes pour les Français”, a insisté Gabriel Attal.

Mais “s’il faut confiner, on le fera”, a ajouté Jérôme Salomon.

Saluant les évacuations, le chef des urgences de l’hôpital Avicenne de Bobigny Frédéric Adnet s’est inquiété de leur mise en oeuvre vu les difficultés logistiques et le consentement nécessaire des familles. “Il n’est pas complètement évident qu’on arrive à cet objectif”, a-t-il réagi sur BFMTV.

Pour d’autres médecins, ces transferts ne sont pas suffisants pour réellement relâcher la pression. 

“Ca ne suffira pas. Il faut ralentir la circulation du virus”, a ainsi plaidé sur RTL le Pr Rémi Salomon, président de la commission médicale de l’AP-HP (hôpitaux de Paris). “Aujourd’hui nous commençons à chercher les lits, jour après jour c’est l’angoisse pour chercher de la place”, a-t-il ajouté, évoquant un risque de “situation de débordement”.

L’inquiétude touche aussi les régions d’accueil. “Les capacités du CHU de Bordeaux en terme de réanimation sont relativement limitées car 90% des places sont occupées”, a souligné dimanche le Dr Laurent Petit, chef de l’unité de réanimation chirurgicale de l’établissement où sont arrivés deux patients évacués dimanche de Seine-et-Marne.

Les écoles en dernier

Pour éviter un nouveau confinement, outre les transferts de patients, l’exécutif mise sur l’accélération de la vaccination.

Plus de 5 millions de personnes ont désormais reçu une première injection, dont plus de 2 millions ces deux dernières semaines, et 2,2 millions ont reçu leurs deux doses.

Le Premier ministre Jean Castex s’inquiète malgré tout des “misères” subies par la stratégie vaccinale du gouvernement en raison des retards de livraison de vaccins, notamment celui d’AstraZeneca.

Un vaccin qui suscite le doute après sa suspension par plusieurs pays en raison de craintes d’effets secondaires néfastes. Dans une tribune publiée dimanche dans le JDD, un collectif de médecins estime toutefois que la balance bénéfice/risque est en faveur du vaccin. “La vaccination est une chance, saisissons-là”, insistent-ils, appelant à accélérer encore plus la vaccination. 

Alors que le Premier ministre espère dépasser les 10 millions de vaccination au 15 avril, un quatrième vaccin, celui de Johnson & Johnson qui a reçu son autorisation cette semaine et qui ne nécessite qu’une dose, devrait participer à la massification de la campagne. L’arrivée des premières doses est prévue à partir de la mi-avril en Europe.

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a lui martelé dimanche son opposition, en cas de reconfinement, à une fermeture des écoles. “L’école est la dernière chose à fermer”, insiste-t-il dans le Parisien, évoquant toutefois l’hypothèse d’une fermeture des cantines.

par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS

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