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L’Office national des forêts a dévoilé son futur siège tout en bois à Maisons-Alfort

L’Office national des forêts a dévoilé son futur siège tout en bois à Maisons-Alfort © Twitter ONF

L’Office national des forêts (ONF), qui gère les 11 millions d’hectares de forêts publiques françaises, quittera prochainement sa tour de l’avenue de Saint-Mandé à Paris pour un vaste bâtiment en bois dans le campus de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. Une visite de chantier était organisée ce jeudi. Occasion, pour l’organisme qui traverse une crise financière et sociale depuis plusieurs années, de rappeler son cap avec un mot d’ordre : la biodiversité.

C’est une belle vitrine pour la filière bois qui prend forme sur le campus de l’école vétérinaire, laquelle accueille aussi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Déployée sur 7 600 m2 et quatre étages, le futur siège a été construit à partir d’épicéas des forêts du Grand-Est, Au total, ce-sont ainsi plus de 2 000 m3 de bois qui nourrissent sa structure, dont 84% issus des forêts gérées par l’ONF. 365 des 8 400 collaborateurs de l’office y prendront place courant 2022.

© Lavergne

Ce temple de bois, architecturé par Vincent Lavergne en association avec l’atelier WOA, joue le mimétisme avec la forêt dans sa forme même. “A l’image d’un arbre, un axe vertical développe une série de plateaux qui rayonnent autour de lui. La structure composée de poutres treillis s’y rattache comme des branches à un tronc, afin de limiter les points porteurs et de générer des espaces ouverts offrant de grandes continuités visuelles”, explique l’agence de Vincent Lavergne sur son site internet. Le tout se présente aux normes écologiques en vigueur avec panneaux photovoltaïques, récupération des eaux de pluie, isolation renforcée…

Un contexte social et financier tendu

Le chantier, qui a coûté 25 millions d’euros, a été “autofinancé par la vente du site historique de Saint-Mandé”, rappelle le responsable du projet immobilier, Jean-Marc Tavernier. Financièrement, l’ONF est en effet en proie à des difficultés récurrentes depuis des années et reste très endetté alors que le chiffre d’affaires issu des ventes de bois continue de diminuer. Le budget 2021 prévoit un déficit de 115 millions. “Le chiffre d’affaires des ventes de bois issus des forêts publiques s’élève en 2020 à 426,5 millions d’euros contre 491 en 2019, Soit une baisse de 13% en un an seulement, qui s’explique par les dépérissements en forêt et la crise Covid 19”, détaille le dossier de presse de l’ONF. De quoi plomber l’office, même si celui-ci perçoit d’autres recettes ainsi qu’une dotation de l’Etat pour compenser ses missions de service public. Un contexte qui a conduit à des arbitrages douloureux dans un contexte social déjà difficile. Le projet de contrat 2021-2025 proposé par l’État et adopté de justesse en juillet, prévoit ainsi la suppression de 475 postes sur 8 400 dans les cinq ans. Tout en saluant les enveloppes supplémentaires annoncées par l’État, Bertrand Munch, directeur général de cet établissement public à caractère industriel et commercial (Epic), note ainsi que “ce n’est pas en supprimant des emplois qu’on rétablit l’équilibre”, alertant sur le fait que ces suppressions entraîneront un recours important à la sous-traitance, notamment pour les plantations.

© Lavergne

Objectif biodiversité

Ce jeudi toutefois, face à ce magistral palais de bois, le gestionnaire d’un quart de l’ensemble des forêts françaises, les 11 millions d’hectare de forêt publique, s’est projeté dans le futur, avec un cap clair : celui de la biodiversité, en faisant l’objectif absolu de l’année qui vient. “Nos sujets de rentrée, c’est le réchauffement climatique, le réchauffement climatique et le réchauffement climatique”, enjoint Bertrand Munch.

L’ONF, qui plante chaque année en moyenne 3 millions de plants, passera à 10 millions sur 15 000 hectares de forêt domaniale, en misant sur la diversité des essences pour mieux résister aux aléas climatiques.

© Twitter ONF

Mais que planter? Albert Maillet, directeur Forêts et risque naturels, détaille la méthode choisie, celle de “l’analogie climatique”: utiliser les scénarios des experts du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour identifier les zones en France où le climat va changer, puis chercher des territoires ailleurs dans le monde où le climat ressemble aujourd’hui à celui des scénarios français de demain, et enfin sélectionner les essences les plus adaptées. “Pour cela il faut diversifier nos métiers”, explique-t-il. En 2021, près de 500 personnels de l’ONF seront ainsi formés pour diriger des programmes de reboisement.

Plus de 150 millions d’euros – sur les 300 promis dans le cadre du plan de relance – financeront cette plantation d’arbres, le reste étant destiné à moderniser le secteur et à aider la filière bois, toujours en proie à des difficultés d’approvisionnement. Au niveau national, toutes forêts confondues (publiques et privées), le plan de relance a prévu la plantation de 45 000 hectares de forêts, ce qui correspond environ à 50 millions d’arbres.

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