Santé | | 17/02
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Maisons-Alfort: les chiens renifleurs au banc d’essai de la détection du Covid

Maisons-Alfort: les chiens renifleurs au banc d’essai de la détection du Covid © Hugues-Marie Duclos
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Du 10 au 24 février, une dizaine de chiens renifleurs vont être testés sur leur capacités olfactives à détecter le virus de la Covid-19 parmi un échantillon de 2000 prélèvements réalisés sur des étudiants. Cette étude de l’AP-PH dans laquelle est impliquée l’école vétérinaire de Maisons-Alfort vise à prouver l’efficacité du procédé.

Avec leur maître, les chiens renifleurs passent devant une dizaine de boîtes dans lesquelles ont été placées des compresses passées sous les aisselles d’élèves et de membres du personnel de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort. Une campagne de tests a été proposée à la rentrée scolaire, couplée à un test nasopharyngé. «Nous pourrons ainsi comparer facilement le nombre de cas détectés par la méthode la plus fiable scientifiquement et le test canin. Le nez du chien est un million de fois plus puissant que celui de l’homme et pourtant, il demeure encore sous-utilisé alors qu’une trentaine de pays étrangers s’y sont déjà mis, résume le professeur Dominique Grandjean, enseignant-chercheur à l’École vétérinaire de Maisons-Alfort, à l’origine du projet Nosaïs-Covid19. C’est encore compliqué aujourd’hui pour nous vétérinaires, d’être considérés comme légitimes dans l’apport de solutions pour l’homme . Et puis, il faut satisfaire tout un tas de contraintes réglementaires pour nous permettre d’assimiler les chiens renifleurs à un dispositif médical.»

Pour passer d’une phase d’expérimentation initiale à une phase plus développée, le Conseil régional d’Île-de-France a débloqué une enveloppe de 25 000 euros et mis l’école en relation avec l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, qui a intégré les travaux de l’école à son étude Salicov AP-HP.

Le plus difficile dans l’expérimentation: recruter les chiens

Après avoir récolté plusieurs centaines de prélèvements à l’école vétérinaire ce lundi, deux autres collectes sont organisées dans des établissements d’enseignement, l’une à la Faculté des Métiers de l’Essonne ce mercredi et l’autre sur le campus central de l’Université Paris Est-Créteil ce vendredi. L’objectif est de constituer un échantillon total de 2000 tests, un nombre permettant aux chiens de détecter à minima une centaine de cas de Covid-19, ce qui permettrait de valider scientifiquement les hypothèses de travail.

Si les volontaires pour se faire tester et donner un peu de leur sueur pour la cause se trouvent sans avoir beaucoup à chercher, les chiens sont plus rares à trouver. Des équipes cynophiles des services de pompiers de l’Oise, de Seine-et-Marne, des Yvelines, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et même des maîtres chien de la police aéroportuaire des Émirats Arabes Unis ont été mobilisés pour une durée d’un peu plus d’un mois. «Nous avons eu un protocole à suivre pour permettre au chien d’assimiler l’odeur liée au Covid-19. En gros, nous ouvrons un tiroir supplémentaire dans le cerveau de l’animal. A la base, c’est un chien avec lequel je fais essentiellement de la recherche de produit accélérant d’incendie. Il n’y a en que 6 en France à être capable de faire cela. Ce n’est pas très compliqué de s’organiser de façon à pouvoir être disponible pour ces tests puis continuer à travailler dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Plus le travail est difficile, plus la récompense est importante. Lorsqu’il me trouve des traces d’hydrocarbures sur un départ de feu, je lui donne un bout de saucisse. Là, pour les échantillons de Covid-19, ce sont des croquettes énergisantes parce que les sollicitations sont fréquentes», explique Didier Roisse, officier expert cynotechnique du SDIS de l’Oise avec sa chienne, Joye, un berger belge malinois.

Une solution moins onéreuse que les tests

Convaincu depuis longtemps du potentiel des chiens pour détecter divers types de pathologie, expériences à l’appui, pour certains cancers ou maladies dégénératives, le professeur Grandjean a assuré à la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, venue assister à une démonstration ce mercredi, que le déploiement de l’outil canin serait plus compétitif que les tests présents sur le marché. «C’est l’une des raisons pour lesquelles l’apport des vétérinaires est accueilli avec scepticisme, l’utilisation des chiens n’est pas chère en soi. Il nous suffirait de 2 millions d’euros pour pouvoir réaliser une campagne nationale de tests», calcule-t-il. Prochaine étape après les résultats de l’étude en cours.

© Hugues-Marie Duclos
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