Santé | Ile-de-France | 13/06
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MSF entame la vaccination des migrants et sans-abri en région parisienne

MSF entame la vaccination des migrants et sans-abri en région parisienne © DoroT Schenk

Sur des sites des Restos du Coeur ou de l’Armée du Salut, des dizaines de migrants et de sans-abri ont reçu une première injection depuis mercredi en région parisienne, où Médecins sans frontière entame une campagne de vaccination anti-Covid à leur intention.

“Vous n’avez pas de fièvre ? Un test PCR réalisé récemment ?” Autant de questions qu’un médecin pose à tous ceux venus se faire vacciner à la maison du partage de l’Armée du Salut, dans le XIXe arrondissement de Paris.

MSF y a posé ses valises pour trois jours. Mais sa campagne dans différents lieux, en partenariat avec l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, doit durer au moins tout l’été. 

“J’ai souvent la tête qui tourne, mais c’est à cause de la situation”, confie Youssouf, un Ivoirien de 25 ans, ému, au médecin qui prend sa température. “Je dors par terre, dans le couloir de l’accueil de mon foyer et dois partir à 06H30 le matin”.

Comme lui, “300 000 personnes sont hébergées chaque nuit” à travers la France, indique le ministère de la Santé, qui comptabilise “entre 10 000 et 20 000 personnes réellement sans-abri, soit en campement soit en errance dans nos villes”.

Au plus fort de la pandémie, les taux de contamination parmi ce public fragile était particulièrement alarmant. 

“Sur deux foyers de travailleurs migrants en Seine-Saint-Denis, le taux de contamination était de 89% et 54% en centre d’hébergement d’urgence”, rappelle la responsable de la mission France de MSF, Corinne Torre.

“La semaine prochaine, 90 personnes vont se faire vacciner dans un foyer de travailleurs migrants à la demande de l’ARS des Yvelines et 250 femmes dans le centre de jour à Paris”, prévoit Corinne Torre.

Depuis quinze jours, MSF sensibilisait déjà les bénéficiaires des maraudes et des structures sociales fréquentées par migrants et sans-abri, où 500 à 600 personnes ont pu être approchées. Une démarche essentielle selon Anne-Charlotte Schuhmacher, cheffe de service de la Maison du Partage de l’Armée du salut du XIXe arrondissement.

“On m’a prévenu aux Restos du Coeur”, raconte Fateh, 39 ans venu d’Alger en 2019. “Nous, c’est deux amis vaccinés ici hier qui nous on dit que c’était bien”, explique Mohamed, 30 ans, au côté de Shirullah, 35 ans, deux Afghans arrivés en France il y a trois ans après un périple à pied.

Pour un vaccin qui nécessite deux injections, faire revenir ces primo-vaccinés représente cependant un défi. 

“On reviendra dans ces structures une semaine avant la deuxième dose pour bien revoir les personnes mais effectivement on n’est pas sûrs de toutes les revoir et on l’accepte, on sait aussi que la première dose assure une couverture vaccinale correcte”, dit Cristina Castro, responsable d’activité Covid en Île-de-France pour MSF.

Malgré tout, sur place, les quelques personnes interrogées affirmaient vouloir revenir pour leur seconde injection, comme Fateh : “je travaille sur les marchés et sur des chantiers, c’est plus sûr si je suis vacciné”.

Pour répondre à cette problématique, 30 000 doses du vaccin (monodose) Janssen de Johnson & Johnson sont prévues, indique le ministère de la Santé. Toutefois, il est réservé aux plus de 55 ans, or “les personnes à la rue sont souvent âgées de moins de 55 ans”, relève Corinne Torre.

Par Manel MENGUELTI

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