Santé | | 21/01
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Plus de 10 000 vaccinés contre la Covid-19 en Val-de-Marne

Plus de 10 000 vaccinés contre la Covid-19 en Val-de-Marne
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119 695 personnes ont été vaccinées contre la Covid-19 en Ile-de-France à date du 20 janvier, dont plus de 10 000 en Val-de-Marne. Dans les centres pris d’assaut, les médecins s’organisent pour prioriser les patients les plus fragiles tandis que du côté politique, des élus, voire leurs administrés, continuent de réclamer des centres supplémentaires et des vaccins. Point d’étape en chiffres et reportage au centre de vaccination de Nogent-sur-Marne, visité ce mardi par la ministre Brigitte Bourguignon.

Combien de doses ? Combien de vaccins ?

Petit point sur les chiffres pour commencer. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé ce mardi sur France Inter que le gouvernement communiquerait sur la population vaccinée par département d’ici la fin de la semaine. En attendant, les chiffres sont publiés chaque jour au niveau national et régional. Les derniers en date, ceux du mercredi 20 janvier, font état de 692 777 personnes vaccinées au niveau national dont 119 695 en Ile-de-France, soit 0,98% des Franciliens. Dans le Val-de-Marne, le directeur de la délégation Val-de-Marne de l’Agence régionale de santé, Eric Véchard, rapporte que le préfet a annoncé 9 326 vaccinations à date du 18 janvier. A date du 20 janvier, le Val-de-Marne a donc en toute logique dépassé les 10 000 vaccinations. Pour rappel, le département compte environ 100 000 personnes âgées de plus de 75 ans et le nombre de doses attribuées au département chaque semaine est actuellement de 4875, calculées sur la base de 5 injections par flacon. Etant donné qu’en moyenne, les médecins réussissent à réaliser 6 injections (car il y a toujours un peu de marge dans les flacons), cela permet d’envisager un nombre de vaccinations plus proche des 5 800. Le nombre de doses pourrait néanmoins évoluer dans les prochaines semaines. Lors de l’inauguration du premier centre de vaccination du département, le directeur de l’ARS 94 avait ainsi évoqué un objectif de 12 000 doses par semaine d’ici le mois de mars.

© CD
Les vaccins sont conditions par flacons de 5 doses, avec une marge permettant le plus souvent de préparer 6 seringues. Une fois préparés, les vaccins doivent être injectés dans les 6 heures

A quand les rendez-vous ?

Ce mercredi 20 janvier au soir, aucun rendez-vous n’est plus disponible en ligne en Val-de-Marne dans les centres qui avaient connecté une partie de leurs créneaux à une plate-forme Internet, soit 7 centres sur 13.

Le reflet d’un engouement massif de la population des plus de 75 ans, qui fait des heureux et des anxieux. A Nogent-sur-Marne ce mardi après midi, Paul, 77 ans, fait partie de la première catégorie. “Je suis très content de l’organisation”, se réjouit le Vincennois auprès d’Anaïs, infirmière à la Maison de santé de Saint-Maur-des-Fossés venue prêter main forte. Habile sur Internet, le septuagénaire a guetté l’ouverture des rendez-vous sur Doctolib. “Mes amis sont très étonnés que j’ai eu un rendez-vous aussi tôt!” confie-t-il. Dans le box à côté de Paul, une habitante de la ville, également âgée de 81 ans, a elle obtenu son rendez-vous grâce à sa belle-fille. Tout le monde n’a toutefois pas dégainé aussi promptement, certains pensant qu’il suffisait d’aller tranquillement prendre son rendez-vous à partir du 18 janvier. “J’ai 81 ans, mon mari également, et notre rendez-vous est début avril, cela fait un peu loin!” nous confie une lectrice dans un mail. Une attente qui suscite de l’anxiété même si ce n’est que quelques semaines de plus à patienter.

La ministre fustige les centres de vaccination qui surbookent
Déjà 2 millions de personnes ont pris rendez-vous”, s’est félicitée la ministre délégué à l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, en visite sur place ce mardi, saluant ce centre “organisé en bonne intelligence” et symbole de “l’intelligence collective”. La ministre a estimé la fin de la vaccination des plus de 75 ans à “la fin du mois prochain”. Sur la polémique concernant le manque de doses, la ministre a fustigé les centres de vaccination qui prennent “plus de rendez-vous que de doses disponibles”. Lesquels ? “Ils se reconnaîtront”, embraye-t-elle, tout en invitant à ne pas “ajouter de la colère à l’impatience”. Concernant la géographie des centres, elle a indiqué qu’il n’était pas à l’ordre du jour d’ajouter de nouveaux centres qui ne seraient pas dotés de capacité de vaccination.

Vacciner les plus vulnérables en priorité

Pour éviter que tous les créneaux de Doctolib ne soient immédiatement pris d’assaut et qu’il ne reste plus aucun rendez-vous pour les patients les plus fragiles, les docteurs qui gèrent le centre nogentais ont sanctuarisé quelques plages horaires et demandé aux médecins généralistes locaux de leur envoyer leurs patients les plus vulnérables. “L’objectif de ce centre est aussi de venir en appui des médecins traitants, insiste Frédéric Thibault, chirurgien urologue à l’hôpital Armand Brillard, responsable du centre et animateur de la future CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé) de Nogent-sur-Marne.  Nous avons par exemple un médecin qui nous a demandé de lui préparer 18 doses afin qu’il puisse aller vacciner à domicile ses patients âgés.”

Les médecins sont aussi entrés en relation avec les résidences qui accueillent des personnes âgées, qu’il s’agisse des Ehpad (Etablissement hospitaliers pour personnes âgées dépendantes) – qui ont fait l’objet d’un accès prioritaire à la vaccination avant même le 18 janvier et disposent de leur propre flux de distribution des doses- ou des résidences en autonomie. “A ce jour, seul un Ehpad de Nogent nous a demandé de les accompagner. Nous envisageons par ailleurs d’aller dans les résidences en autonomie pour proposer des séances de vaccination sur place”, indique Anne-Marie Beneteau-Béchara, médecin généraliste à Nogent-sur-Marne, qui coanime le centre.

Les docteurs Anne-Marie Beneteau-Béchara et Frédéric Thibault

Avec la crise sanitaire, la coopération qui s’était engagée entre médecins de ville et hospitaliers locaux, pour constituer une CPTS (communauté de professionnels locaux qui vise à mieux s’organiser pour couvrir les besoins d’une population dans un bassin de vie, et dispose de crédits pour fonctionner), s’est accélérée. “Les liens se sont renforcés mais nous n’avons en revanche pas le temps de travailler à la structuration avec la pandémie. Une série de diagnostics territoriaux est toutefois en cours et nous espérons aboutir cette année”, enjoint le docteur Thibault.

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En attendant, les médecins sont sur tous les fronts, qui vont eux-mêmes chercher les doses à l’hôpital Sainte Anne deux fois par semaine, avec une glacière appropriée pour conserver les vaccins au frais. Une partie est alors stockée à l’hôpital Armand Brillard pour des raisons de sécurité, et régulièrement acheminée sur place. Le centre, qui reçoit 720 doses par semaine, a atteint son rythme de croisière.

La glacière qui permet de transporter les doses entre 2 et 8 degrés entre l’hôpital Sainte Anne, centre congélo-porteur qui les stocke à moins 80 degrés, et le centre. Une fois décongelées, les vaccins doivent être utilisés dans les 5 jours.

Pour l’heure, aucune réaction allergique n’a été observée chez les patients du centre. Une personne âgée a en revanche été diagnostiquée comme présentant des contre-indications et n’a pas été vaccinée. Avant chaque vaccination, et après que l’usager ait rempli un premier questionnaire, un médecin vient systématiquement voir le patient pour donner le feu vert.

Avant de devenir un centre de vaccination, le local laissé vacant par l’ancien fleuriste voisin du Monoprix, étai déjà dédié au dépistage PCR, et il le reste tous les matins, de 8h30 à 11H30 (sauf le weekend). D’ici le mois de février, la vaccination prendra du reste ses quartiers à la Maison des associations, a annoncé hier le maire de la ville, Jacques J-P Martin, ce mardi, tandis que les dépistages resteront chez l’ancien fleuriste.

Des élus réclament de nouveaux centres

Pour rappel, le département compte actuellement 12 centres ouverts à la population des plus de 75 ans et un 13ème ouvrira à Créteil lundi prochain, déjà ouvert à la réservation depuis lundi.

Voir la liste de tous les centres du Val-de-Marne

Une répartition que les maires des villes du sud ouest Val-de-Marne n’estiment pas optimale. Alors que l’Haÿ-les-Roses dispose d’un centre, les maires de Chevilly-Larue, L’Haÿ, Fresnes, Rungis et Thiais ont publié un communiqué pour réaffirmer d’ouvrir un second centre dans ce périmètre. En attendant, les villes ont communiqué à leurs habitants sur des services de transport gratuit pour les emmener.

De son côté, la députée LFI Mathilde Panot a également écrit au préfet pour réclamer un centre dans sa circonscription de 200 000 habitants (Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine) qui n’en compte aucun. A Ivry-sur-Seine, un collectif d’habitants a par ailleurs lancé une pétition pour exiger de leur maire qu’il exige un centre de vaccination.

A Chennevières-sur-Marne, la ville demande également un centre après avoir constaté l’impossibilité pour ses administrés d’obtenir des rendez-vous dans les centres des villes voisines. “Nous avons eu de nombreux retours d’habitants qui ont essuyé un refus de rendez-vous dans des centres d’autres communes lorsqu’ils se sont présentés comme étant de Chennevières, alors qu’il n’y a pas en principe de sectorisation. Nous savons qu’il n’y a pas de doses suffisantes pour ouvrir un nouveau centre dans l’immédiat mais avons candidaté en nous projetant sur le moyen terme”, explique-t-on au cabinet du maire.

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