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Thiais: une centaine de demandeurs d’asile investissent une résidence désaffectée de la ville de Paris

Thiais: une centaine de demandeurs d’asile investissent une résidence désaffectée de la ville de Paris © Fb

Alors que l’hiver approche, une centaine de migrants demandeurs d’asile ont investi une résidence sociale désaffectée de la ville de Paris située à Thiais, ce dimanche. La ville regrette ce squat. Les occupants promettent une cohabitation apaisée. Reportage.

Situé dans le quartier résidentiel des Baudemons, à Thiais, ce centre d’hébergement appartient au centre d’action sociale de la ville de Paris (CASVP) et accueillait jusqu’à cet été une soixantaine de personnes âgées en situation de précarité. Depuis, la ville a fermé le site et réparti les résidents dans d’autres établissements de la commune.

“A l’approche de l’été, le bâtiment était complètement vide. La ville de Paris voulait vendre. Nous nous étions mis en contact pour rester à l’écoute et l’acquérir ou le faire acquérir par un bailleurs pour poursuivre l’activité à vocation sociale de ce lieu”, explique Richard Dell’Agnola, maire LR de Thiais.

Alors que le bâtiment est vide et que l’hiver approche, une centaine de personnes, des migrants demandeurs d’asile, ont investi les lieux ace dimanche soir. Originaire d’Afrique de l’Ouest, ils sont suivis par l’association United Migrants, basée à Aubervilliers. “Nous sommes nombreux à attendre depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, des demandes d’asile ou de régularisation. Un logement est essentiel pour pouvoir travailler, s’intégrer et ne pas tomber dans la délinquance, les trafics, les drogues et l’alcool. Il fait de plus en plus froid, alors, après avoir repéré ce site, nous avons décidé d’ouvrir ce squat”, résume Moussa, interprète pour l’association, lui-même victime d’une interminable procédure de demande d’asile. Deux jours après l’ouverture du squat, 75 ménages sont désormais installés dans les chambres et des salles aménagées au rez-de-chaussée.

Pour maintenir de bonnes relations avec le voisinage, des consignes ont été données pour ne plus accueillir de nouveaux occupants, d’entretenir le lieu et d’éviter les nuisances. “Quand nous sommes entrés, il y avait des ordures, les locaux étaient dans un sale état, nous avons déjà tout nettoyé. Nous ne négligeons pas l’hygiène et la sécurité de tous. Nous avons trois femmes enceintes et des enfants en bas âge parmi nous”, poursuit le porte-parole des habitants.

Alertés par la présence des demandeurs d’asiles et migrants dans leur quartier, des riverains sont venus demander des comptes aux occupants et préparent une pétition pour obtenir l’évacuation des squatteurs. Ce mardi, la police était présente pour veiller au calme. “Ce n’est pas une rue où l’on s’attend à cohabiter avec des migrants mais après les avoir fait rentrer pour qu’ils voient la façon dont le centre était occupé, ils se sont montrés moins hostiles”, estime Romain Prunier, président de l’association United Migrants, qui a également ouvert il y a six mois un squat à Vitry-sur-Seine dans un immeuble de bureau.

De son côté, la ville de Thiais a rapidement demandé l’évacuation avec le concours des forces de police du site, et prévenu le propriétaire, la mairie de Paris, qui a porté plainte dans la foulée et demandé à une équipe de maraude de l’association France Terre d’Asile de se rendre sur place pour effectuer un diagnostic social visant à repérer les personnes les plus fragiles pouvant bénéficier d’un logement d’urgence.

“C’est un quartier très calme, paisible, et la cohabitation avec la cinquantaine de résidents seniors se passait bien mais les habitants ne sont pas prêts à vivre avec une centaine de personnes migrantes. Je m’en suis ému auprès de la préfète du Val-de-Marne mais elle n’a pas fait le nécessaire pour que nous disposions de suffisamment de policiers afin de mener l’éviction dans les 48 heures ayant suivi leur installation. Maintenant, la procédure va durer plus longtemps, d’autant que la trêve hivernale approche”, regrette le maire, Richard Dell’Agnola.

Parmi les occupants, certains gagnent leur vie en tant que journaliers, d’autres n’ont pas ou peu de revenus. L’association Médecins du monde doit se rendre sur place ce vendredi.

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