Faits divers | Seine-Saint-Denis | 28/03
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Une femme aux assises après avoir mis un contrat sur la tête de son ex

Une femme aux assises après avoir mis un contrat sur la tête de son ex © Kerttu

Elle voulait “revivre”, en finir avec “l’emprise” et les violences: une femme comparaît à partir de mardi avec six coaccusés devant la cour d’assises de la Seine-Saint-Denis pour avoir tenté de faire assassiner son ex-conjoint, le laissant handicapé à vie.

Dans la torpeur du mois d’août 2017, Amandine S., alors âgée de 30 ans, et Jimmy C.,37 ans, se promènent avec leur fils de 3 ans en forêt de Bondy, après un dîner au restaurant. Les parents sont séparés depuis la naissance de l’enfant, après une relation tumultueuse.

Au détour d’un chemin difficile d’accès car en travaux, ils s’approchent d’un homme tout de noir vêtu, juché sur une bicyclette, qui tient une arme. Jimmy C. n’a pas le temps de réaliser qu’un coup de feu part et l’atteint. Le père de famille s’en sort mais reste paraplégique. Il ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant.

En garde à vue, après avoir donné des versions différentes, Amandine S. reconnaît avoir été l’instigatrice d’un plan macabre tissé patiemment pour éliminer son ancien compagnon, rencontré six ans avant les faits, afin de pouvoir “vivre, ou revivre tout simplement”.

Aux enquêteurs, elle décrit “des violences, une emprise” caractérisées par des appels incessants, une surveillance et des humiliations.

“C’était une question de survie de son point de vue”, affirme Nadia Oukerfellah, son avocate, estimant que le procès devra explorer le phénomène d‘”emprise psychologique” entre l’accusée, au départ “une jeune femme ordinaire” estime Me Oukerfellah, et la victime.

Amandine S. a déposée quatre mains courantes en 2016 pour violences conjugales, sans compter deux procédures pour violences volontaires par conjoint ouvertes en 2014 et 2016.

Son ancien compagnon est connu pour des faits de trafic de stupéfiants et de violences conjugales. Mais “le jour où il est sorti de taule, il s’est rangé des voitures”, assure son avocate, Me Daphné Pugliesi, qui décrit un père “fou de son môme”, qui a “tout perdu” depuis le drame.

L’accusée “ne veut pas de père, elle veut avoir la paix toute seule avec son fils”, ajoute-t-elle, dénonçant sa “stratégie de défense” qui est “une insulte pour les femmes battues”.

La jeune mère de famille, sans antécédent judiciaire, a informé des proches de sa famille de son projet criminel. Des textos codés avec sa belle-sœur s’enquièrent de l’avancée des “travaux de la salle de bain”. Au lieu de bricolage, il s’agissait en réalité de trouver un tueur à gages et de l’argent pour financer la besogne.

Tout comme le tireur, la commanditaire présumée comparaît pour tentative d’assassinat. A ses côtés, quatre hommes de sa sphère familiale, amicale et amoureuse doivent répondre de complicité de tentative d’assassinat, tandis que sa belle-sœur est renvoyée pour abstention volontaire d’empêcher un crime.

Au cœur de cette galaxie complice se retrouvent deux hommes: le père et le frère de l’accusée. Lors des auditions, ils ont reconnu avoir facilité le financement du crime et la recherche, via deux autres intermédiaires, de l’homme de main.

Celui-ci, Rudy P., 26 ans au moment des faits, a avoué sa participation, qu’il voyait plutôt comme un geste de bravoure. “On lui a dit que madame S. était en danger de mort, qu’elle était frappée régulièrement” et “il a une personnalité très influençable”, souligne son avocate, Me Sophie Rey-Gascon.

Le procès, prévu sur plus de deux semaines, doit s’achever le 16 avril.

par Fanny LATTACH

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