Santé | Val-de-Marne | 09/03
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Vaccin Covid en Val-de-Marne: les pharmacies dans les starting-blocks

Vaccin Covid en Val-de-Marne: les pharmacies dans les starting-blocks © Iryna Tiumentseva
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C’est au tour des pharmaciens de commencer à vacciner contre la Covid-19. Les premières doses d’Astra Zeneca arrivent en officine ce jeudi ou vendredi. Les médecins de ville, eux, ont commencé depuis le 25 février. Explications.

Concrètement, les pharmaciens peuvent commander 1 à 2 flacons sur le site de l’ARS (Agence régionale de santé) Ile-de-France entre ce lundi et ce mercredi, en vue d’une livraison la semaine prochaine. Mais dès cette semaine, un premier flacon sera livré de manière systématique dans toutes les pharmacies, ce jeudi ou vendredi. Professionnels de santé habilités à prescrire le vaccin, les pharmaciens pourront donc vacciner directement leurs patients.

Alors que le département du Val-de-Marne comptait 392 officines au 1er février, selon les derniers chiffres de l’Ordre des Pharmaciens, et que chaque flacon de vaccin Astra Zeneca permet de préparer 10 doses, voire 11 ou 12, ce nouveau canal représente donc près de 4 000 doses supplémentaires dès cette semaine, voire le double la semaine prochaine. “Nous représentons une force de frappe importante, sans besoin de créer de barnums”, souligne Eric Douriez, président de la Chambre syndicale des pharmaciens du Val-de-Marne et pharmacien à Thiais.

Les patients actuellement éligibles à la vaccination Astra Zeneca chez les médecins ou en pharmacie
Personnes âgés de 50 à 64 ans inclus avec une ou plusieurs des comorbidités suivantes identifiées par la Haute Autorité de santé (HAS):
– l’obésité (IMC >30), particulièrement chez les plus jeunes ;
– la BPCO et l’insuffisance respiratoire ;
– l’hypertension artérielle compliquée ;
– l’insuffisance cardiaque ;
– le diabète (de type 1 et de type 2) ;
– l’insuffisance rénale chronique ;
– les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans ;
– avoir eu une transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques.
– la trisomie 21 comme comorbidité à risque.
– Le cumul de ces comorbidités est également à risque.

Et puis, dans les officines, on est déjà rompu à la pratique de la vaccination, avec la grippe saisonnière. “L’affluence ne pourra pas être pire que pour la grippe de cette année. J’avais 800 doses qui sont parties en un mois. Et dans son officine, mon épouse a vacciné l’équivalent d’un tiers de tous les patients de l’année précédente! ” se souvient Eric Douriez. Le protocole est juste un peu plus lourd car les flacons sont multidoses et le vaccin ne peut se conserver que 48 heures une fois le contenant ouvert. Il faut par ailleurs s’organiser pour faire attendre les patients dix minutes après l’injection afin de surveiller les effets secondaires.

Parmi les préparatifs : les listes de patients. Avec une ou deux dizaines de doses par semaine pour commencer, il faut prioriser. “Nous avions déjà commencé à établir des listes de patients prioritaires, en suivant les recommandations de l’Haute autorité de santé (HAS), sans trop savoir à quoi elles serviraient au début, explique Martial Fraysse, pharmacien à Fontenay-sous-Bois. Au début, nous transmettions ces listes aux médecins du secteur et aux centres de santé. Désormais, nous allons rappeler pour les actualiser et proposer des rendez-vous. Dans un deuxième temps, nous installerons un totem en vitrine pour inviter à prendre des rendez-vous en ligne, sur une plate-forme de pharmaciens avec un questionnaire permettant d’évaluer les comorbidités“, détaille le pharmacien qui insiste sur la vigilance à exercer pour vacciner les personnes vraiment prioritaires.

Ces impatients qui tentent le coup en prenant RDV alors qu’ils ne sont pas prioritaires

“Ce week-end, j’ai été vacciner au centre mis en place à l’hôpital Bégin de Saint-Mandé. Près de 10% des personnes qui avaient pris rendez-vous sur Doctolib n’étaient pas éligibles, si bien qu’à la fin de la journée, il nous restait des doses et nous avons été dans les services de l’hôpital pour vacciner des patients à comorbidités qui ne l’avaient pas encore été”, témoigne le pharmacien fontenaysien. Un constat partagé par Jean-Brice de Bary, médecin à Mandres-les-Roses, qui était lui sur le pont à Limeil-Brévannes ce week-end. Ce dernier note que la priorisation en amont n’a pas été possible, l’information étant arrivée au dernier moment. “Nous avons été prévenus jeudi, il y a ensuite eu un contrordre vendredi et après discussions nous avons finalement obtenu les doses”, rappelle-t-il au passage. “Nous avons accepté quelques patients de 50 à 75 ans qui n’avaient pas d’énormes facteurs de comorbidité pour ne pas perdre les doses mais nous avons aussi refusé une bonne cinquantaine de personnes”, précise le médecin.

Pour rappel, la vaccination massive de ce week-end reposait sur les vaccins Pfizer, destinés aux plus de 75 ans ou aux plus de 50 ans avec facteurs de comorbidité ou aux soignants de plus de 50 ans. “6 248 primo-injections ont été réalisées ce week-end dans le Val-de-Marne”, chiffre Eric Véchard, directeur de la délégation Val-de-Marne de l’ARS, qui précise qu’au total en Val-de-Marne, il y a déjà eu 60 000 premières injections et 31 000 deuxièmes. “30% des plus de 75 ans ont été vaccinés et 49% des vaccinés en Val-de-Marne ont plus de 75 ans”, détaille le directeur de l’ARS 94. Le virus, lui, ne chôme pas non plus, avec désormais plus de 400 contaminations pour 100 000 habitants dans le département, dont 60% de variant anglais.

Lire aussi : Covid-19 Val-de-Marne: les vaccinodromes n’ont pas chômé ce week-end

Pharmaciens, médecins, même combat

Du côté des médecins généralistes, c’est depuis le jeudi 25 février que la vaccination a commencé en cabinet. Pour les raisons expliquées dans le paragraphe précédent, ce début de vaccination n’a pas fait l’objet d’annonces tonitruantes, chaque médecin commençant par vacciner ses patients les plus fragiles. En nombre de doses, les comptes ont été similaires à ceux des officines. “Dès la première semaine, la pharmacie a pu me délivrer deux flacons, idem la semaine suivante. La semaine qui vient, j’aurais dû pouvoir commander 3 flacons mais avec les dernières annonces de la DGS (Direction générale de la santé), nous sommes dans l’expectative. Il faut que nous puissions continuer à vacciner entre 25 et 50 personnes par semaine”, plaide le docteur Jean-Brice de Bary, qui indique s’organiser pour vacciner environ 25 patients sur une demi-journée. “Sur l’ensemble de ma patientèle, j’ai environ 300 personnes à vacciner qui sont éligibles”, chiffre-t-il.

Ce lundi soir, la polémique a en effet commencé à enfler alors que la Direction générale de la santé a annoncé que les médecins ne pourraient pas passer commande cette semaine pour la semaine prochaine. Une annonce “inacceptable” pour l’Ordre national des médecins, alors même que la vaccination chez les généralistes était montée en puissance avec 33 000 médecins volontaires pour vacciner cette semaine du 8 mars, pour 765 000 doses, au niveau national.

Le syndicat des médecins libéraux, lui, a carrément reproché à la DGS de “céder aux caprices des pharmaciens”. Du côté des officines, cette polémique est vécue de manière injuste. “Nous avons indiqué que nos 18 000 pharmacies se tenaient prêtes à vacciner, nous n’avons pas demandé de “piquer” les doses aux médecins”, plaide Eric Douriez. “J’ai systématiquement commandé le maximum de doses pour tous les médecins de secteur afin d’anticiper et de leur éviter une rupture, nous ne sommes pas en concurrence”, ajoute Martial Fraysse.

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