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Santé | Val-de-Marne | 03/02
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Vaccins Covid-19 en Val-de-Marne: le grand embouteillage

Vaccins Covid-19 en Val-de-Marne: le grand embouteillage © CB
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Alors qu’il reste plus de 85% des plus de 75 ans à vacciner dans le département, comme ailleurs, l’impossibilité d’obtenir de nouveaux rendez-vous en raison du stock limité de vaccins et de la nécessité de sanctuariser des créneaux pour les deuxièmes doses irrite les usagers et suscite des tensions entre villes.

Un peu plus de 23 000 personnes ont été vaccinées contre la Covid-19 en Val-de-Marne, parmi les personnes âgées et les professionnels de santé, ce qui représente plus de 13% des plus de 80 ans et près de 11% des 75-79 ans.

Alors que le Val-de-Marne compte 100 000 habitants de plus de 75 ans, la majorité restante de cette population n’obtient désormais les rendez-vous qu’au compte-goutte car les rendez-vous prévus à partir de la mi-février jusqu’à la mi mars sont très majoritairement réservés aux deuxièmes injections. La semaine du 22 février par exemple, plus de 94% des rendez-vous accordés concernent une deuxième injection. En principe, une montée en charge était prévue pour assurer les deux injections en parallèle, mais le stock de vaccins reste à ce stade insuffisant pour permettre cette accélération.

Voir ci-dessous l’état des rendez-vous accordés en Val-de-Marne (1ères injections en bleu)

Données de Santé Publique France au 2 février 2021

Cette situation est identique dans toute la région Ile-de-France, voir ci-dessous (1ères injections en rose clair)

Aucun rendez-vous en ligne

Alors que tous les centres de vaccination ont désormais mis en place un système de prise de rendez-vous en ligne, cela n’augmente pas pour autant le nombre de créneaux disponibles et d’un centre sur l’autre, le message qui s’affiche en ligne est le même : “En raison d’une forte demande, ce centre n’a plus de disponibilités”, suivi généralement du nombre de vaccinations prévues dans les 28 prochains jours pour montrer au patient que le centre ne chôme pas. Et le message de conclure par un “Réessayez prochainement ou cherchez un autre centre“, qui pousse les usagers à cliquer désespérément sur tous les centres possibles. Voir ci-dessous :

Lorsque les gens en ont marre de s’épuiser en ligne, ils décrochent leur téléphone, mais sans plus de succès. “Nous avions mis en place un numéro vert, il a été pris d’assaut bien que nous ayons 6 à 7 répondants. Faute de rendez-vous, les gens sont mis en liste d’attente”, explique Olivier Capitanio (LR), maire de Maisons-Alfort.

A Saint-Mandé, ce-sont 30 000 appels qui ont été reçus depuis le lancement de la vaccination, indique la ville, au point que le répondeur téléphonique du centre s’est lâché avec un message pas piqué des vers pendant quelques heures, fustigeant “l’impréparation gouvernementale”.

Lire : Saint-Mandé: coup de gueule sur répondeur téléphonique au centre de vaccination

Maire d’Alfortville, Luc Carvounas (PS), rappelle pour sa part que mettre à disposition un centre pour une ville de 50 000 habitants comme Alfortville revient à près de 190 000 euros, en comptant les box, le matériel, la signalétique.. et invite à ce que l’Etat fasse davantage confiance aux communes dans les prises de rendez-vous, en fonction de la visibilité. “On nous demande de faire prendre les rendez-vous en ligne et nous sommes parfois obligés de rappeler les gens pour décommander, sans compter les gens qui prennent rendez-vous alors qu’ils ne sont pas éligibles”, pointe l’élu.

Gestion des stocks en flux hyper tendu

D’une semaine sur l’autre, voire d’un jour à l’autre, la visibilité est en effet très réduite. “Jusqu’à 11 heures ce matin, nous n’étions pas sûrs d’avoir les vaccins pour l’après-midi car le centre congélo-porteur n’avait pas été livré”, confiait la semaine dernière Frédéric Villebrun, directeur du pôle santé de Champigny-sur-Marne, qui a du décaler quelques rendez-vous. Sur le répondeur des centres de la commune, il est désormais demandé de rappeler en mars pour tenir compte des rendez-vous pour une deuxième dose. D’une semaine sur l’autre, la gestion des stocks n’est pas moins tendue. “Ce lundi, on m’a remis 20 flacons alors que 23 étaient prévus et j’ai fini par être rappelé dans l’après-midi pour aller chercher les 3 flacons restants”, relate Vincent Jeanbrun (Libres), maire de L’Haÿ-les-Roses.

Tensions entre villes

Un blocage expliqué au niveau national et européen par les difficultés à obtenir suffisamment de vaccins, qui suscite l’exaspération de certains habitants et crée aussi des tensions entre villes d’un même territoire. Plusieurs communes indiquent ainsi que plusieurs de leurs administrés se sont faits éconduire au téléphone car ils n’étaient pas de la commune où se trouve le centre de vaccination. Des témoignages rapportés par les villes de Chennevières, Villiers-sur-Marne mais aussi Fresnes. “Il n’y a pas d’équité de traitement entre les Fresnois et les Lhayssiens. Lorsque les Fresnois appellent, on les renvoie au CCS de Fresnes. Nous souhaiterions disposer de créneaux groupés pour pouvoir emmener certains administrés fragiles mais ce n’est pas possible”, regrette ainsi Marie Chavanon (PS) maire de Fresnes,

Lors de la réunion des maires avec le préfet et l’ARS (Agence régionale de santé) la semaine dernière, le sujet s’est du reste invité à table et donné lieu à une mise au point pour rappeler qu’il n’y a pas sectorisation géographique des centres.

“Nous avons mis en place un formule de préinscription en ligne sur le site de la ville et tout le monde est logé à la même enseigne : premier arrivé, premier servi. Ce système est complètement traçable”, défend Vincent Jeanbrun. “Pour les gens qui ne sont pas à l’aise avec internet, nous leur suggérons de prendre contact avec le service dédié de leur ville pour être aidé dans cette démarche mais il n’y a pas de traitement de faveur pour les Lhayssiens. Nous avons beaucoup de Parisiens, un peu des Hauts-de-Seine et avons même accueilli des patients de Chartres et de Saint-Malo!” détaille l’élu. “Le vrai problème est qu’il n’y a pas de rendez-vous tout court car il n’y a pas de vaccins. 5 000 personnes se sont enregistrées sur notre site mais nous ne pouvons accorder que 250 rendez-vous par semaine”, reprend le maire de L’Haÿ qui réclame un fichier centralisé pour les prises de rendez-vous avec une carte de vaccination et une priorisation des publics fragiles.

Rendez-vous groupés

A Maisons-Alfort, la ville a proposé des rendez-vous groupés aux communes de la circonscription : Charenton-le-Pont, Saint-Maurice et Joinville-le-Pont. “Hier, 30 Saint-Mauriciens et 30 Charentonnais sont venus se faire vaccinés, emmenés par leur ville”, indique Oliver Capitanio. Une demande de rendez-vous groupés formulée par beaucoup d’élus pour emmener les plus fragiles.

Lire : Vaccins Covid-19: Ivry-sur-Seine réclame des RDV collectifs pour emmener les seniors en car

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