Urbanisme | Val-de-Marne | 07/10
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Val-de-Marne: battue aux départementales, la gauche garde la main sur l’aménageur Sadev 94

Val-de-Marne: battue aux départementales, la gauche garde la main sur l’aménageur Sadev 94 © CD

Aménageur historique du Val-de-Marne, la Sadev 94, a réélu ce mardi 5 octobre un président de gauche malgré la bascule à droite du département, premier actionnaire mais non majoritaire. En mai dernier, l’entrée en lice de nouvelles collectivités de gauche a en effet changé le rapport de force politique au sein du conseil d’administration en permettant de le maintenir à gauche même en cas de perte du département. Explications et réactions.

Le sujet de la Sadev 94 est épineux depuis le printemps. Début mai en effet, deux collectivités ont rejoint la Sadev : le territoire du Grand Orly Seine Bièvre (GOSB) et la commune de Bagneux, toutes deux dirigées par des élus PCF. Le département a alors cédé 3% à chacune. Dans le même temps, Christian Favier, ancien président du département qui était aussi président de la Sadev, a passé le relais à Pierre Garzon, à l’époque aussi vice-président du département, afin de pouvoir se concentrer sur la campagne.

Résultat : un changement capitalistique faisant passer le poids du département dans le capital de cette société d’économie mixte de près de 30% à un peu moins de 24%, le laissant toujours premier actionnaire. Dans l’opération, le département a toutefois perdu 2 de ses 6 sièges, l’un attribué à Bagneux, première commune des Hauts-de-Seine à rejoindre le syndicat, l’autre au GOSB.

Alors que le conseil d’administration compte 18 sièges, dont trois reviennent à des représentants d’entreprises, et 15 à des collectivités, ce changement a permis de maintenir une majorité de sièges à gauche une fois que le département est passé à droite, à raison de 9 pour la gauche et de 6 pour la droite.

Depuis la bascule du département à droite, ce sujet qui fâche est sur la table mais les discussions n’ont pas fait bouger d’un iota les positions de chacun. Ce mardi 5 octobre, Pierre Garzon a donc été réélu avec 9 voix contre 6 pour Olivier Capitanio, le nouveau président LR du département. Les trois représentants d’entreprises (Semmaris, Semeru et CDC) n’ont pas pris part au vote. En lot de consolation, le président de la Sadev a proposé la vice-présidence et la présidence de la Commission d’appels d’offre au président du département qui a refusé un “strapontin”.

La Sadev en bref
Créée en 1986, la Sadev est une société d’économie mixte qui regroupe à la fois des collectivités (aujourd’hui le conseil départemental du Val-de-Marne, le territoire Grand Orly Seine Bièvre et 18 communes : Alfortville, Arcueil, Bonneuil-sur-Marne, Cachan, Champigny-sur- Marne, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Fontenay-sous-Bois, Fresnes, Gentilly, Ivry-sur-Seine, L’Haÿ-les-Roses, Limeil-Brévannes, Valenton, Villejuif, Villeneuve-le-Roi, Vitry-sur-Seine dans le 94 et de Bagneux dans le 92, ), et des entreprises (Caisse des Dépôts, Coteg, Emulithe, IDF Habitat, Colas, Semeru, Semmaris).
Son objet est de mener et porter des opérations d’aménagement urbain. Elle opère actuellement une cinquantaine de projets, essentiellement dans le département.
Son capital social est d’environ 10 millions d’euros et son chiffre d’affaires 2020 est de 86,5 millions d’euros avec un résultat net de 1 million d’euros.

“La règle à la Sadev a toujours été que la présidence revienne au département qui en est l’actionnaire principal et utilise beaucoup cet outil d’aménagement. En faisant le choix de changer cette règle et de tourner le dos à ce qui s’est toujours fait, les élus de gauche refusent de prendre en considération le choix qui s’est exprimé lors des dernières élections et se recroquevillent sur eux-mêmes. Ce choix fragilise la Sadev dont le département était le pilier. Il est d’autant plus dangereux pour la Sadev que d’autres opérateurs risquent de s’interroger sur la solidité du dispositif, regrette Olivier Capitanio qui indique en prendre acte et en tirer les conséquences. La Sadev 94 n’est pas le seul aménageur de la place. Nous avons des opérations en cours mais pour les autres, nous allons revisiter nos engagements”, poursuit l’élu.

“Nous nous inscrivons simplement dans la continuité d’un acteur qui est particulièrement implanté dans le territoire Grand Orly Seine Bièvre en termes d’interventions, avec 70% des opérations faites dans des villes de ce territoire”, estime de son côté Pierre Garzon qui rappelle que la Sadev a été historiquement créée non seulement par le département mais aussi par des villes de gauche. “L’ADN de la Sadev 94 a toujours été de faire place aux villes, contrairement aux outils d’aménagements développés par les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis. Nous avons besoin d’un aménageur qui comprenne la logique des villes. Nous sommes également ouverts aux autres territoires du Val-de-Marne, Paris Est Marne et Bois et Grand Paris Sud Est Avenir, que nous avons du reste déjà sollicités lorsque le Grand Orly Seine Bièvre nous a rejoints.”

“Il n’a jamais été question de ne pas respecter le fait communal et nous n’avons eu de cesse de le réaffirmer, mais il faut aussi respecter le fait départemental. Dans le contexte de la loi Notre qui a retiré la compétence aménagement aux villes et aux départements, ce choix fragilise aussi le lien entre ces collectivités”, insiste Olivier Capitanio.

“L’essentiel est de ne pas subir la loi du marché en termes d’aménagement, cela reste le cœur du débat”, maintient Pierre Garzon.

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