Santé | | 04/02
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Villejuif: Emmanuel Macron à l’Institut Gustave Roussy

Villejuif: Emmanuel Macron à l’Institut Gustave Roussy © WCC Remi Jouan

Dans le cadre de la journée mondiale contre le cancer, Emmanuel Macron était attendu ce jeudi 4 février dans la matinée à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif.

Alors que le cancer fait encore environ 150 000 morts par an en France, en faisant la première cause de décès chez les hommes et la deuxième chez les femmes, le président de la République doit dévoiler ce matin un nouveau plan décennal de lutte contre cette maladie, comprenant notamment plus de prévention contre le tabac et l’alcool, une plus grande participation au dépistage, moins de séquelles après la guérison… et aussi plus de budget.

Ce programme sera détaillé ce matin pendant les Rencontres annuelles de l’Institut du cancer (INCa), au cours desquelles une intervention vidéo du président de la République sera diffusée.

Dans le même temps, Emmanuel Macron se rendra à l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne), dans un service accueillant des enfants atteints de cancers et dans un laboratoire de recherche spécialisé dans l’immunothérapie, l’une des voies de traitements les plus prometteuses.

Dans un premier temps, une feuille de route, avec des actions concrètes, a été établie pour la période 2021-2025, avec un budget de 1,74 milliard d’euros de la part de l’Etat et de la Sécurité sociale. Cette enveloppe représente “une augmentation de 20% par rapport au financement du plan antérieur”, qui était doté d’environ 1,5 milliard d’euros, souligne l’Elysée.

En matière de prévention, le gouvernement et l’INCa ambitionnent de réduire de 60 000 par an d’ici 2040 le nombre des “cancers évitables”, sur un total de 153 000 – on estime que 40% des cas de cancers pourraient être évités, car attribuables à des facteurs de risques modifiables comme le tabac, l’alimentation, l’exposition aux UV ou encore la sédentarité.

Ils souhaitent aussi convaincre davantage de Français de participer aux trois dépistages organisés mis en place: pour le cancer du sein, le cancer colorectal et, récemment, le col de l’utérus. Objectif: “réaliser 1 million de dépistages en plus à l’horizon 2025”, contre 9 millions chaque année aujourd’hui.

La marge de progression existe principalement pour le dépistage du cancer colorectal, avec seulement 30% de participation, tandis que des “travaux de recherche” sont menés pour envisager des dépistages sur d’autres cancers, comme celui du poumon.

Le plan souhaite par ailleurs limiter à un tiers la proportion de patients souffrant de séquelles cinq ans après leur diagnostic (chirurgies mutilantes, effets secondaires des médicaments, retards de développement chez les enfants…), contre deux tiers à l’heure actuelle.

Le dernier objectif consiste à “améliorer significativement” le taux de survie des cancers à mauvais pronostic, c’est-à-dire ceux dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 33%, tels que le cancer du pancréas, celui du poumon, certains cancers du sein dits “triple négatif” ou encore un cancer rare, le glioblastome du tronc cérébral de l’enfant.

Lutte contre l’excès d’alcool

Le 3e plan cancer, qui couvrait la période 2014-2019 et prolongé en 2020, “a permis des avancées majeures” dans la recherche, l’accès aux thérapies innovantes, la prise en charge des cancers pédiatriques ou encore la prévention du tabagisme, mais “manquait singulièrement d’ambition dans la lutte contre l’alcool”, responsable de 16 000 décès par cancer par an, pointait le bilan d’évaluation dressé en octobre par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’IGESR (pour les ministères de l’Education, du Sport et de la Recherche).

L’objectif pour la période qui s’ouvre, “c’est vraiment la lutte contre l’alcoolisme et contre la dépendance”, assure l’Elysée. “L’ensemble des leviers” seront mobilisés: la recherche, mais aussi la régulation de la publicité, la limitation de l’accessibilité aux mineurs ou encore le renforcement de l’information sur les risques liés à l’alcool, en particulier auprès du jeune public.

par Amélie BAUBEAU

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