Education | | 02/09
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A Champigny-sur-Marne: le lycée Gabriel Péri entame sa nouvelle vie

A Champigny-sur-Marne: le lycée Gabriel Péri entame sa nouvelle vie

Ambiance de fête au lycée Gabriel Péri de Champigny-sur-Marne ce jour de rentrée des classes. Entièrement réhabilité, l’établissement du Bois l’Abbé a inauguré son nouveau décor avec la présidente de région, Valérie Pécresse.

“Avant, les élèves avaient surnommé le lycée “Gabriel Pourri”. Maintenant, entre profs, on l’appelle le lycée Christian Dior !” résume Mohamed El Bezzari, prof de maths-sciences dans l’établissement depuis 2004. Au cœur du quartier du Bois l’Abbé, l’établissement s’offre un petit air presque bling-bling avec ses panneaux de cuivre doré sur la façade. Mais il revient de loin.

Des conditions d’enseignement éprouvantes

Ouvert en 1965, en même temps que la cité qui l’entoure, le lycée avait mal vieilli. “Quand je suis arrivé, il n’était déjà pas aux normes. On avait des plafonds très bas, à moins de 3m, et l’intérieur du bâtiment était très sombre. Les toilettes étaient en sale état, les agents d’entretien avaient un boulot monstre. Et même de l’extérieur, on avait du mal à distinguer que c’était un lycée ! Quand je suis venu pour mon premier jour, j’ai mis 1h pour le trouver”, se rappelle Abdel Ouahhou, prof de métallerie depuis neuf ans.

Une situation qui pesait sur les équipes éducatives. “On avait environ 30% de turnover chaque année. Moi-même, Gabriel Péri n’était que troisième sur ma liste de vœux d’affectations ! Finalement, je suis resté, et je ne regrette pas”, confie Mohamed El Bezzari.

Chez les élèves, on apprécie aussi la différence. “Avant, ici, c’était comme dans une cave. Il faisait toujours soit trop chaud, soit trop froid”, racontent Joana et Jennifer, élèves de terminale en filière Accompagnement, Soins et Services à la Personne (ASSP). “Moi, les conditions matérielles, je m’en fiche tant que j’ai le bac. Mais c’est vrai que là, ça va faciliter notre préparation. L’année dernière, c’était difficile d’arriver à 8h et de trouver les radiateurs éteints”, continue Jennifer.

Joana, Jennifer et Teresa, en terminale dans la filière Accompagnement, Soins et Services à la Personne (ASSP).

Un long chantier

Pour en arriver à ce résultat, le lycée aura d’abord été quasi-entièrement détruit pour être totalement reconstruit. Seuls la maison des lycéens et les logements de fonction ont été conservés, pour donner place à un bâtiment aéré, aux larges couloirs éclairés par de nombreuses baies vitrées. Plusieurs espaces verts, encore vierges pour l’instant, ont également été aménagés, de manière à “faire glisser les jardins à l’intérieur du lycée”, explique la région, et pourquoi pas à terme, accueillir un potager. Démarré il y a près de 6 ans, le chantier n’a pas été de tout repos. “Le lycée était scindé en deux, entre l’ancien et le futur établissement. Nous donnions cours dans des préfabriqués, en devant gérer le bruit des travaux, la gestion des salles…” se souvient Abdel Ouahhou. En septembre 2018, une trentaine d’enseignants ont même fait valoir leur droit de retrait pour protester contre les conditions de sécurisation des bâtiments provisoires dressés jusqu’en novembre 2019. “C’était très compliqué, mais on y est arrivés”, résume le prof de métallerie, habillé tout de blanc pour l’occasion.

Une des nouvelles salles de classes du lycée Gabriel Péri, accueillant des élèves d’ASSP.

Inauguration par Valérie Pécresse

Ce jeudi matin, jour de rentrée, c’est ici que Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a choisi de porter ses pas pour inaugurer l’établissement, en compagnie des élus de la ville et du département. Pour la région, en charge de l’infrastructure des lycées, leur gestion constitue l’un des premiers budgets de la collectivité, de l’ordre de 1 milliard d’euros pour l’année 2022-2023. Au-delà du chantier Gabriel Péri, qui a coûté 35,5 millions d’euros, l’autre grosse opération dans le Val-de-Marne concerne la reconstruction du lycée Georges Brassens de Villeneuve-le-Roi, 60,5 millions d’euros, dont la livraison est attendue en novembre. 400 places supplémentaires ont aussi été créées au lycée Pauline Roland de Chevilly-Larue. Lors de sa conférence de presse de rentrée, la présidente de région a annoncé la création de 30 600 places de lycée supplémentaires d’ici à 2028, dont 2 400 en 2022.

Lire aussi : Rentrée scolaire: quoi de neuf dans les lycées d’Ile-de-France

Objectif excellence

La page des travaux désormais tournée, l’heure est désormais à la rentrée des classes, avec des objectifs ambitieux. “Gabriel Péri va devenir le fer de lance des lycées professionnels d’Ile-de-France, en développant la mixité scolaire : nous envisageons d’avoir à la fois des élèves en tout scolaire, en apprentissage, mais aussi en formation continue”, explique, enthousiaste, le proviseur Jacques Médina. Premier objectif : atteindre un nombre d’élèves correspondant à la capacité réelle de l’établissement. Pour l’heure, le lycée ne compte que 438 élèves pour 700 places. Un but qui passe d’abord par la création d’un “sentiment d’appartenance” à l’établissement, selon Jacques Médina : “Il faut que les élèves se sentent fiers d’appartenir au lycée, pour qu’ils donnent plus scolairement. Et la fierté, ça passe aussi par de beaux locaux !”

Pour favoriser l’insertion professionnelle et faciliter les stages, le lycée a mis en place un partenariat avec le groupe Legrand, spécialisé dans l’électricité. Un autre doit se concrétiser avec le groupe de BTP Eiffage, très présent à Champigny dans le cadre des travaux du Grand Paris Express. Sur le plus long terme, le proviseur projette la création d’un BTS, “probablement dans l’électricité”, qui s’ajoutera aux cinq filières de bac pro et de CAP (ASSP, Électricité, Animation et aide à la personne, métallier, ouvrage des bâtiments métalliques).

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