Santé | | 07/12/2022
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À Montreuil, une CPTS pour attirer les médecins et améliorer le parcours de soins des patients

À Montreuil, une CPTS pour attirer les médecins et améliorer le parcours de soins des patients

Classée en zone d’intervention prioritaire renforcée (ZIP+) par l’Agence régionale de santé (ARS) en avril dernier, Montreuil (Seine-Saint-Denis) cherche à lutter contre la désertification médicale. Dernière initiative en date, la création d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) doit permettre de rendre la commune plus attractive auprès des médecins libéraux et d’améliorer les parcours de soins.

Difficile de se faire soigner à Montreuil, pourtant 5ème ville de France. “De nombreux patients ne trouvent plus de médecins traitants“, confirme le Dr Laurent Prunier, cardiologue et président de la nouvelle CPTS de Montreuil.

Tout est parti d’un groupe WhatsApp que nous avons créé pendant la crise du covid. Ce groupe a facilité la communication et les échanges entre les professionnels de santé. Nous avons alors appris à trouver des solutions pour nos patients“, explique son initiateur qui est également président de l’Amicale des médecins de Montreuil.

Après la crise, il a proposé la mise en place d’un premier groupe de réflexion sur la création de la CPTS. “Il a ensuite fallu 18 mois de réunions pour affiner le projet et rédiger les statuts et le règlement“, précise-t-il. La première assemblée générale de l’association c’est tenue le 24 novembre dernier.

Attirer de nouveaux médecins

Née de la nécessité de renforcer la coordination médicale et d’organiser les parcours de soins durant la crise sanitaire, la CPTS de Montreuil visent à mettre en réseau les professionnels de santé issus des champs médicaux, médico-sociaux ou sociaux et à coordonner des actions territoriales portées par un ensemble de professionnels. A ce jour, l’association regroupe un peu plus de 50 personnes physiques ou morales, dont des médecins de tous horizons: infirmiers libéraux (Idel), kinésithérapeutes, pharmaciens, orthophonistes, médecins généralistes, etc…

De part son rôle, la CPTS peut constituer une réponse à la désertification médicale. A Montreuil, les causes de l’insuffisance de l’offre de soins sont multiples: “les médecins sont débordés, la population augmente et la demande de soins également. Or, la démographie de la médicale libérale est en baisse constante depuis des années et la moyenne d’âge des médecins est proche de 60 ans“, analyse le Dr Laurent Prunier.

Le Dr Laurent Prunier dénombre environ 35 médecins spécialistes et 43 généralistes pour la commune. “Récemment, cinq médecins généralistes libéraux se sont installés dans des maisons de santé pluri-professionnelles qui viennent d’ouvrir. C’est loin d’être suffisant“, constate-t-il alors que “trois médecins généralistes libéraux ont ou vont arrêter d’exercer de même que trois spécialistes.” Par ailleurs, de nombreux médecins continuent, selon lui, d’exercer alors qu’ils sont à la retraite.

S’il fait lui aussi le constat d’une insuffisance de professionnels de santé, l’adjoint au maire de Montreuil chargé de la santé, Olivier Madaule, préfère quant à lui insister sur l’amélioration de la situation. “L’arrivée de Cap Horn Santé, avec 50 médecins, montre que Montreuil peut être attractive. Dans le fond la création de la CPTS est assez naturelle et résulte de la coopération médicale pré-existante qui est une des forces de notre ville.” Pour l’élu, “il faut aussi tenir compte du changement des conditions d’exercice de la médecine de ville. Les médecins libéraux ne veulent plus s’installer en cabinet, préférant se regrouper et partager un secrétariat, des assistants médicaux sur le modèle des maisons de santé pluri-professionnelle (MSP).”

Lire : A Montreuil, une nouvelle maison de santé de 50 médecins

Contribuer à créer une nouvelle maison de santé pourrait d’ailleurs être l’un des projets de la CPTS. D’une manière générale, l’un de ses objectifs sera “de montrer une image dynamique de la santé à Montreuil et attirer de nouveau médecins“, estime le Dr Laurent Prunier. Ce qui passe par la force du réseau, mais aussi par la mise en place de protocoles de soins. La CPTS souhaite aussi renforcer la collaboration avec les internes de médecine générale du CHI André-Grégoire de Montreuil.

Améliorer l’offre de soins

L’objectif principal de la CPTS reste toutefois d’améliorer le parcours de soins des patients. Sa première concrétisation a ainsi été l’extension des horaires de la maison médicale de garde.

Il manque en effet de médecins libéraux pour assumer le service de garde qui n’est pas obligatoire sur notre territoire“, souligne le Dr Laurent Prunier. Il demande par ailleurs que les médecins généralistes des CMS puissent, sur la base du volontariat, participer à la liste de garde, comme c’est le cas dans d’autres maisons médicales de garde. “Il y a un frein administratif et juridique qui nécessite une décision du conseil municipal pour être levé.” “A l’heure actuelle, légalement c’est compliqué“, confirme Oliver Madaule, tout en précisant que la ville se penche sur la question.

Quant à l’offre de soins non programmées, “la CPTS devrait participer dès son ouverture à l’élaboration d’un SAS ou service accès aux soins“, indique son président. Ce dispositif permet à un patient de trouver des rendez-vous de soins dans les 48 heures. Par ailleurs, une équipe de soins spécialisés, doit également voir le jour pour trouver des rendez-vous de cardiologie dans les 48 heures à la demande du médecin traitant.”

Parallèlement, plusieurs groupes de réflexion et de travail se constituent sur les soins non programmés, les relations ville hôpital, les visites à domicile, l’insuffisance rénale chronique ou cardiaque, le diabète… Pour Olivier Madaule, la CPTS peut justement “développer des actions utiles de prévention et de promotion de la santé. Je prends l’exemple du sport sur ordonnance ou de la santé mentale qui devient un sujet majeur.

Créées en 2016 par la loi de modernisation de notre système de santé, les CPTS sont à ce jour au nombre de 16 en Seine-Saint-Denis. Celle de Montreuil n’a pour l’instant reçu qu’une aide de l’URPS (union régionale des professionnels de santé) pour sa mise en place. “Une première enveloppe de 35 000 euros pourrait nous être allouée par l’ARS une fois les statuts de l’association déposés et la rédaction d’une lettre d’intention effectuée. Cela nous permettrait d’embaucher un coordinateur et d’accélérer le processus“, précise le Dr Prunier.

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