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À Saint-Denis, le club Face 93 réconcilie les filles avec le numérique

À Saint-Denis, le club Face 93 réconcilie les filles avec le numérique

Depuis 2014, le club Face (Fondation agir contre l’exclusion) Seine-Saint-Denis porte le projet Wi-Filles, destiné à attirer les filles vers les métiers du numérique. Reportage au collège Jean-Lurçat de Saint-Denis où sept filles participent aux ateliers d’initiation de l’association. Reportage.

Le mardi après midi après les cours, une semaine sur deux, Thanina, Viyan, Koumba, Donia, Maria et Clara, élèves en quatrième, se retrouvent en salle d’informatique pour suivre les cours d’informatique dispensés par Ali Mahfoufi, 30 ans, développeur de métier.

L’objectif de cet atelier Wi-filles, initié au niveau national par la Face est d’inciter les jeunes filles à s’orienter vers les métiers du numérique. Le secteur est en effet florissant. Sur la période 2012-2022, la Dares estimait en 2015 qu’entre 170 000 et 212 000 postes étaient à pourvoir. Mais en 2016, seulement 33% des postes étaient occupés par des femmes. C’est dans ce contexte que la Face, fondation créée au début des années 1990 par des grands groupes afin de lutter contre l’exclusion en favorisant l’emploi et la formation, et déclinée localement via des clubs d’entreprises, a décidé de s’attaquer au problème avec le projet Wi-Filles, déployé d’abord en Seine-Saint-Denis en 2014 et diffusée depuis dans 17 territoires. En Seine-Saint-Denis, le club Face 93 l’opère à Saint-Denis, Pantin et Bobigny.

Première étape : sensibiliser, informer

L’a première étape est de donner une vue d’ensemble des métiers du numérique. Ce mardi, le groupe écoute un podcast d’une dizaine de minutes, que les filles ont aidé à réaliser. Le podcast reprend leurs propres témoignages. Elles y expliquent les raisons pour lesquelles elles ont rejoint le programme. “Ça m’énerve que les filles soient pas prises au sérieux dans ces domaines-là“, explique par exemple Donia. “En plus, je veux devenir réalisatrice donc cette formation va m’aider”, insiste cette blonde fluette et énergique, au style punk.

Après écoute, les filles échangent avec Gaëlle Alléhaux, journaliste radio et réalisatrice de podcasts. L’intervenante leur donne un tour d’horizon des métiers du son en détaillant le processus de fabrication d’un podcast, de la prise de son au mixage en passant par le montage. Les élèves sont enthousiaste, même si le choc des générations se fait sentir : “C’est quoi la bande FM ?” demande une des filles à Gaëlle.

Deuxième étape : pratiquer

Après l’écoute du podcast, le cours passe à l’étape suivante : la création d’un site individuel, qui comportera texte, photos et vidéos. Premier point : l’initiation au montage vidéo avec le logiciel gratuit Animoto. Les élèves peuvent laisser libre cours à leurs envies pour le choix du thème. Koumba veut par exemple créer une page d’information sur la cause LGBT. “Il y a beaucoup de gens qui les insultent dans ce collège. Donc je veux créer une page où, si les gens sont dans ce cas-là, ils pourront se sentir à l’aise”, explique la collégienne. Pour autant, elle ne se voit pas particulièrement faire carrière dans le numérique : “Je me suis inscrite parce que j’avais envie de tester. Mais je n’aimerais pas bosser dans l’informatique plus tard.”

Thanina est motivée. Fan du groupe de K-Pop BTS, elle veut créer un site à la gloire de ses idoles. “J’aime bien la création de vidéos et de sites, j’ai déjà fait un blog sur les chats avant ! Et j’ai aussi découvert le côté design avec le dessin. J’en fais dans mon temps libre.” raconte-t-elle, musique dans les oreilles. Elle pourrait bien se diriger dans cette voie, ne serait-ce que par goût du défi : “On vit dans un société où les femmes sont rabaissées et je trouve ça dégueulasse.”

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