Mouvement social | Val-de-Marne | 07/09
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Alfortville: les travailleurs sans-papiers de sous-traitants Chronopost se remobilisent

Alfortville: les travailleurs sans-papiers de sous-traitants Chronopost se remobilisent © Fb

Plus de 200 personnes ont manifesté devant la préfecture du Val-de-Marne ce mardi pour demander la régularisation des travailleurs sans-papiers de sous-traitants de Chronopost. Une délégation a été reçue. Ce mercredi, un rassemblement de personnalités politiques de gauche est attendu devant le piquet de grève d’Alfortville, à l’initiative de la ville.

Un cortège bruyant parti du bureau de poste de Créteil l’église est arrivé devant la préfecture à 14h45 ce mercredi sous escorte policière. “Qu’est-ce qu’on veut ? Des papiers. Pour qui ? Pour nous”, lançaient au rythme des tambours des dizaines de manifestants placés derrière des banderoles dénonçant leur “exploitation” et réclamant des “régularisations“. Sur place, Christian Schweyer, le porte-parole du collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry-sur-Seine, annonce qu’une délégation va être reçue. “Nous attendions un retour après avoir été reçus en janvier mais n’avions plus aucune nouvelle. Il faut être prudent et ne pas se faire trop d’illusions, c’est peut être une simple visite de courtoisie par rapport au rassemblement prévu demain à Alfortville”, prévient le militant. Un meneur explique la situation en bambara, principale langue du Mali également parlée dans les pays limitrophes.

Pour rappel du contexte, une première mobilisation appuyée par un long piquet de grève devant l’agence Chronopost d’Alfortville en 2019, avait donné lieu à la régularisation d’une trentaine de travailleurs sans-papiers de sous-traitants de Chronopost. Depuis décembre 2021, une nouvelle mobilisation est en cours pour réclamer de nouvelles régularisations.

Pendant un peu plus d’une heure, trois syndicalistes et trois représentants des travailleurs sans-papiers vont s’entretenir avec Sébastien Becoulet, le directeur de cabinet de la préfecture du Val-de-Marne. A leur retour à l’extérieur, les participants partagent leur déception. “J’appelle ça du foutage de gueule. Ils ont dit qu’ils étaient prêt à regarder les dossiers tout en sachant que nous n’arriverons pas à obtenir les cerfa de l’employeur puisque La Poste a rompu le contrat avec le sous-traitant. Ils nous ont dit qu’une enquête de la DRIEETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) enquêtaient depuis avril mais ni les travailleurs sans-papiers ni nous n’avons été approchés. Ce ne sont pas des bonnes nouvelles. L’Etat manœuvre en nous accueillant, il n’y a pas d’ouverture”.

Parmi les 150 personnes du piquet de grève actuel, se trouvent les 83 grévistes du piquet de 2019-2020 demandant un réexamen de situation, une vingtaine nouveaux grévistes sans-papiers ayant travaillé dernièrement ainsi que des soutiens “Le cœur du problème est toujours irrésolu puisque la préfecture impose le cadre de la circulaire Valls pour l’examen des dossiers et que ne pouvons pas fournir les documents demandés faute d’employeur à ce jour. Il y a une mobilisation grandissante de soutiens autour de cette lutte mais pour le moment ça n’a donné lieu qu’à des réceptions de pure forme”, ajoute Jean-Louis Marziani, de l’Union syndicale solidaires 94.

La préfecture insiste sur le cas par cas

La préfecture du Val-de-Marne rappelle pour sa part que le droit au séjour s’apprécie au cas par cas et pas au bénéfice de groupes. “Les régularisations de personnes sans-papiers par le travail se font dans les conditions fixées par la circulaire de novembre 2012 dite « circulaire Valls ». Les dossiers individuels doivent ainsi comporter ainsi les éléments justifiant du travail effectué (notamment les fiches de paie et le contrat de travail ou le formulaire Cerfa fourni par l’employeur) et de l’ancienneté de présence sur le territoire national. Ces pièces sont demandées pour l’ensemble des personnes sollicitant une demande d’admission exceptionnelle au séjour au titre du travail afin de garantir une équité de traitement. Depuis le début du mouvement en décembre 2021, aucun dossier individuel n’a été adressé à la préfecture“, fait-on savoir au cabinet de la préfète. Par ailleurs, l’Etat signale que la préfète a saisi la DRIEETS pour vérifier le bien fondé des accusations de travail illégal. “Deux contrôles ont été menés en avril sur le site de Chronopost à Alfortville, visant deux sous-traitants sur les thématiques du recours abusif à l’intérim et au travail dissimulé. Les investigations sont en cours sur d’éventuelles irrégularités”. Par ailleurs, la préfecture signale avoir demandé au maire d’Alfortville, le 18 février puis plus récemment, le 31 août, de prendre des mesures pour parer aux risques d’incendie et d’intoxication liés à la présence de braseros au milieu des abris de fortune du piquet de grève, et prévenir la dégradation de la situation sanitaire du site.

Un rassemblement prévu ce mercredi à Alfortville

De son côté, la municipalité d’Alfortville a organisé une mobilisation devant le piquet de grève ce mercredi à 18h30 pour soutenir les grévistes “contre l’exploitation indigne des travailleurs de la sous-traitance”, invitant les habitants à participer via une campagne d’affichage sur les panneaux d’information de la ville ainsi que sur son magazine municipal. Le maire PS, Luc Carvounas, annonce la présence de nombreuses personnalités incarnant l’union de la gauche. Est notamment attendu le secrétaire national du PS Olivier Faure.

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