Nature | | 24/05
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Au Plessis-Trévise, le défrichage du Bois Saint-Martin fait polémique

Au Plessis-Trévise, le défrichage du Bois Saint-Martin fait polémique © Facebook Sabine Patoux

Du bois de Vincennes au domaine Chérioux, les coupes d’arbres ne passent plus auprès des habitants. Dernière polémique en date : celle de l’abattage d’arbres en limite du Bois Saint-Martin et des communes du Plessis-Trévise et de Pontault-Combault.

Changement radical en lisière du Bois Saint-Martin au Plessis-Trévise où les abords du massif forestier s’étendaient à un chemin piéton d’environ 8 kilomètres entre le château des Tourelles et l’Allée de l’avenir. Depuis le début du mois de mai, arbres, arbustes et végétation situés autour de la grille qui ceinture la forêt ont été supprimés pour faire place nette. Mais pour certains habitués des lieux, cette éradication a été ressentie comme un coup de poignard pour la forêt. A l’instar de Céline Bognini, chanteuse lyrique installée au Plessis-Trévise en raison de son cadre de vie. “Ce bois, c’est mon anti-dépresseur, mon meilleur ami. J’ai été sensibilisée aux travaux nécessaires pour en protéger l’accès mais de retour de vacances, lorsque je me suis rendue sur mon petit chemin, j’ai découvert un massacre, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était un endroit agréable, frais, ombragé, c’est maintenant le désert de Gobi. Des arbres magnifiques, en parfaite santé, ont été abattus”.

Créer une lisière étagée et reconstruire une clôture pour contenir la faune

De son côté, l’agence des espaces verts d’Île-de-France (AEV), en charge de l’entretien du bois, motive ces travaux par la création d’une lisière étagée et non franche, “plus favorable au développement de la biodiversité”, ainsi que par la mise en sécurité de toute la lisière et par la préparation de l’emprise d’une nouvelle clôture autour du bois pour remplacer l’actuelle, “endommagée après que des personnes en aient forcé le passage”. Cette clôture “a pour fonction de contenir notamment la grande faune, comme les sangliers, afin que celle-ci ne pénètre pas dans le bassin urbain, très dense aux alentours (voieries et habitations). Elle a aussi pour fonction d’empêcher l’accès des piétons, en dehors des entrées et voies de circulation prévues pour le public (les zones les plus sensibles en terme de biodiversité, comme les sous-bois, étant fermées et strictement interdites au public). Le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) avait exigé de l’AEV de refaire la clôture pour garantir de canaliser les promeneurs vers des entrées et des chemins autorisés à la promenade et éviter le piétinement du sous-bois”, détaille l’AEV.

Un collectif pour aller en justice

Des arguments qui ne convainquent pas Céline Bognini qui a partagé photos et vidéos sur les réseaux sociaux et rallié d’autres habitants, prête à créer un collectif et à aller en justice.

En attendant, l’habitante a lancé une réunion dans un bar de la place du marché, le 13 mai. Une réunion qu’elle précise avoir souhaité “apolitique” mais qui a malgré tout placé ce sujet dans la campagne des législatives avec la présence de Mirabelle Lemaire, conseillère municipale d’opposition et candidate Nupes aux élections. Rapidement après, l’habitante a été reçue par le maire Didier Dousset (Modem) et son adjoint à la biodiversité, Bruno Caron. Ils m’ont dit que je fonctionnais trop à l’émotion mais ils ont massacré la biodiversité. Des arbres en bonne santé ont été abattus, en pleine période de nidification. Ce n’est pas une lubie d’écolo. C’est illégal. Nous sommes en mai et crevons déjà de chaud“, dénonce l’habitante.

Sabine Patoux, élue d’opposition à la mairie du Plessis-Trévise et conseillère départementale en charge de la transition écologique, considère elle aussi que des dommages ont été causés à cet espace naturel. “Il y a un bien-fondé à réaliser ces travaux mais je suis en désaccord avec la méthode et le calendrier. A l’évidence, la coupe a été faite sans discernement. Le remplacement de la clôture ne justifiait pas de s’y attaquer aussi franchement, sur plusieurs mètres de large. Je suis allée voir l’entreprise mandatée par l’agence des espaces verts d’Île-de-France. Ils m’ont montré un arrêté municipal d’autorisation d’occupation de l’espace public datant de plusieurs semaines en arrière. Le maire aurait pu le faire respecter, mais il y a un problème d’absence de dialogue entre l’agence régionale et la municipalité. J’espère qu’en compensation de ces dégâts irréversible, nous aurons l’aménagement d’une piste cyclable”.

De son côté, le maire du Plessis comprend que cet élagage ait pu choquer mais invite à faire confiance aux professionnels de la forêt. “Je ne suis pas technicien mais ce sont des forestiers qui exécutent ce travail, ils ne font pas n’importe quoi. Une poignée de personnes s’en sont émues, un peu encouragées politiquement. Les fossés bordant le bois vont être accessibles aux véhicules d’entretien et ils pourront être dragués, limitant ainsi le risque d’inondations pour les habitations riveraines. Il y avait également le problème des brèches dans le grillage. Il n’est pas rare que des sangliers, des biches ou des renards s’égarent dans la ville. Il faut y remédier. Enfin, les fauchages ont permis d’enrayer la dissémination de lauriers exogènes, très invasifs. Nous allons poursuivre nos efforts de pédagogie dans les prochaines semaines. Nos rapports avec la région sont bons et nous préparons la signature d’une convention avec l’AEV pour protéger cet espace”, annonce l’édile.

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