Sécurité | | 27/02
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Aubervilliers: salariés, direction et locataires de l’OPH unis face aux violences

Aubervilliers: salariés, direction et locataires de l’OPH unis face aux violences © Charles Henry

Depuis le 20 janvier, les menaces sont allées crescendo contre la direction et les salariés de l’office public d’habitat (OPH) d’Aubervilliers. Pour y répondre, la direction a mis en place un système de sécurité renforcé détaillé jeudi 24 février à l’occasion d’une journée blanche demandée par les salariés, les locataires et la direction.

Cette rencontre était nécessaire pour qu’on se parle, pour qu’on fasse savoir ce qui se passe ici“, déclare Steeve (son prénom a été changé). J’ai 35 ans de boite. On a tous connu des tensions, mais à ce point c’est du jamais vu. On est parti dans la psychose.” Le jour de la dernière agression en date, le 11 février, il était à l’étage du bureau d’accueil de l’OPH où un agent de sécurité et des salariés s’étaient fait gazés. Quelques jours auparavant, le 27 janvier, une salariée qui rentrait chez elle après sa journée de travail, avait été rouée de coups et gazée devant sa petite-fille.

Journée blanche et sécurité renforcée

Face à l’augmentation des agressions, salariés, locataires et membres du conseil d’administration ont demandé l’organisation d’une journée blanche. “Il faut marquer le coup. On sait qui est visé, c’est la direction et en même temps le personnel. On menace de casser les jambes, on menace les familles des salariés. La journée a été décidée pour dire faut qu’on stop. On ne cède pas à l’intimidation“, dit un des représentants syndicaux.

De fait, aucun droit de retrait n’a été exercé. “On est là aussi pour réaffirmer notre attachement à notre mission service public“, poursuit-il.

Pour Jean-Michel Paturet, le directeur de l’OPH, “il est important de souligner la volonté commune de faire bloc.”

Si les 21 bureaux de l’OPH étaient fermés lors de cette journée, “on voulait aussi que cette fermeture soit constructive et utile et qu’elle soit un moment d’échanges“, abonde Karine Franclet, maire d’Aubervilliers et présidente de l’office.

Au-delà d’un soutien psychologique, un certain nombre de mesures de sécurité ont ainsi été annoncées allant de la vidéosurveillance à un téléphone portable doté d’un système d’alerte.

La reprise en main de l’OPH dans le viseur

Un agent électricien salue les nouveaux dispositifs. “C’est très positif. Il y a des collègues qui ont peur et qui ne veulent plus, par exemple, descendre dans les caves. Mais, ajoute-t-il: “Il faut tenir. Le directeur fait du bon boulot, il faut faire le ménage.”

Dès l’apparition des premières menaces, le 20 janvier, la cible des agresseurs est taguée en lettres rouge sur les murs de cinq bureaux d’accueil de l’OPH: “A tous les gardiens, vous risquez de perdre votre jambe à cause de votre directeur.” Avec un énigmatique message “Pour la réinsertion“.

A l’attention de Jean-Baptiste Paturet, qui a été nommé à la tête du bailleur l’été dernier, c’est une balle de revolver qui a été déposée le 31 janvier, accompagnée d’un mot menaçant ses proches.

Ces violences interviennent dans le contexte d’une réorganisation du bailleur engagée notamment pour faire face aux défis de la rénovation urbaine. “Le projet ANRU n’était pas soutenable en l’état, explique Karine Franclet. Ce qu’on a commencé à faire en arrivant, ce-sont des audits. On découvre qu’on peut commander 230 chaudières sans passer par des marchés, qu’on pouvait avoir une voiture de fonction avec une carte essence et en plus une prime de 1 700 euros. Donc là on siffle la fin de la récré et vraisemblablement ça ne plait pas.”

L’enquête est aujourd’hui entre les mains de la police. “Il y a tout un réseau de ramifications à détricoter, les mécontents sont nombreux“, lâche l’élue, ajoutant espérer que “ces voyous soient condamnés avec une extrême sévérité.”

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