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Champigny-sur-Marne: déconvenues en pagaille dans la nouvelle résidence

Champigny-sur-Marne: déconvenues en pagaille dans la nouvelle résidence

L’arrivée prochaine du métro 15 au centre de Champigny-sur-Marne a renforcé l’attractivité de la ville et les nouvelles constructions trouvent facilement preneurs. Mais attention aux finitions. Exemple boulevard Stalingrad où les copropriétaires d’une nouvelle résidence ne sont pas au bout de leur peine.

À première vue, la résidence du 106 boulevard de Stalingrad a tout pour plaire. Achevée il y a un an, elle est située à quelques minutes à pied de la future gare de Champigny-Centre qui, d’ici trois ans, fera la jonction entre les lignes 15 Sud et Est du Grand Paris Express. “J’ai acheté un appartement ici parce que c’est à 15 minutes en voiture de mon travail. J’ai vu que le métro arrivait à côté bientôt, je me suis dit que c’était un bon investissement”, raconte Léo*, propriétaire d’un T2 en rez-de-jardin, acheté pour 200 000€.

Quelques mois à peine après avoir emménagé, les nouveaux propriétaires de cette résidence de 100 logements ont pourtant commencé à déchanter, et témoignent d’ascenseurs régulièrement en panne, de balcons perméables à l’eau qui se fissurent, et encore de bouts de mur qui se délitent dans les parties communes. “Les parkings restent pleins de poussière causée par les travaux et je dois nettoyer ma voiture tous les deux jours”, assure Léo. Les portes coupe-feu claquent par ailleurs violemment et provoquent de fortes nuisances sonores.

De son côté, le promoteur de la résidence, Pierreval, qui fait aussi office de syndic, indique ne pas avoir eu connaissance de dysfonctionnements dans les ascenseurs depuis janvier. Quant au délitement des murs, il précise que “les travaux débuteront dès réception des matériaux.”

Bout de mur de l’intérieur du bâtiment C, découvert par les résidents.

Parmi les problèmes également, l’ouverture par badge d’un des bâtiments a pris l’eau à plusieurs reprises, enfermant plusieurs habitants à l’intérieur ou à l’extérieur. “Un de mes voisins a dû passer la nuit dans sa voiture parce qu’il n’arrivait pas à rentrer”, raconte Léa*, une des résidentes en colère. Sur ce point, Pierreval précise que l’entreprise en charge des réparations est intervenue dès que le promoteur a été informé. “Toutefois, l’intervention est complexifiée par  la nécessité d’envoyer la platine chez le fournisseur afin de la paramétrer. Les délais s’en trouvent donc allongés.”

Mêmes dysfonctionnement pour les portails du parking, qui restent ouverts, malgré des réparations “chaque semaine” selon Léo. “Le parking était devenu un terrain de jeu pour les jeunes qui n’avaient rien à faire. Ils s’amusaient à vider les extincteurs. Il y a aussi eu des vols de pneus et de phares. C’est toute cette accumulation de petites choses qui nous rend fous”, raconte Léa*. Un problème que le promoteur assure avoir résolu en faisant intervenir l’installateur et mainteneur du dispositif.

Les sols des balcons sont perméables à l’eau et se fissurent.

Des désagréments que les copropriétaires estiment insuffisamment pris en compte. “Pour l’étanchéité des balcons, on a fait les premiers signalement en mars, mais nous n’avons obtenu des rendez-vous qu’en juin”, pointe Léa. Léo témoigne lui avoir dû attendre presque un an pour le remplacement de son parquet gonflé, après plusieurs rendez-vous non honorés. “Quand vous achetez un logement 200 000€, que vous posez des jours de congés pour attendre un plombier ou un parquettiste qui ne viennent pas ou qui font mal le boulot, ça met la haine!”

“Nous répondons à l’ensemble des emails et relançons systématiquement les prestataires concernés par les dysfonctionnements. Malheureusement, nous ne pouvons pas toujours communiquer de dates d’intervention aux résidents car l’entreprise concernée communique directement avec eux. De plus, le responsable SAV de l’entreprise en question passe toutes les semaines sur site pour vérifier le suivi du traitement des dysfonctionnements”, réagit Pierreval.

“La seule manière de les contacter, c’est quand on les croise dans la rue ou dans les parties communes. Entre voisins, on se signale leur présence lorsqu’on les voit”, indique au contraire Léa. “Quand j’ai emménagé, on m’a donné le numéro de la personne chargée du service après vente. Elle n’a jamais répondu à mes appels”, complète Léo. La responsable, également jointe par téléphone et par SMS par 94Citoyens, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Les copropriétaires, eux, s’inquiètent que ce manque de réactivité ne conduise à dépasser les délais de garantie. “La plupart de nos réserves sur les parties privatives sont à la charge de Pierreval pendant un an après l’inauguration“, précise Léa. Or, la résidence a été inaugurée au début du mois de juillet dernier. Sur le sujet, le promoteur précise que toutes les réserves émises pendant la période de garantie et validées par le service SAV seront traitées.

Sur la liste des doléances encore, les copropriétaires estiment que des malfaçons ont été considérées à tort comme des actes de vandalisme pour faire jouer l’assurance. “Quelques jours à peine après l’inauguration de la résidence, deux portes des locaux à poussettes ont été forcées. Pierreval en a profité pour faire réparer d’autres portes qui n’étaient pas bien centrées. Résultat, la prime d’assurance a augmenté de 20% pour nous, les propriétaires”, déplore Léa. Le promoteur-syndic dément. “Plusieurs actes de vandalisme ont été constatés sur plusieurs portes (local poubelle/local vélo). Pour autant, le débat n’a porté que sur la porte du local vélo du bâtiment C. En effet, nous devions remplacer le cylindre de cette porte mais, la porte a été à nouveau vandalisée. Il a donc été convenu que le syndic contacterait l’assurance de l’immeuble.”

Action collective

En colère, une centaine d’habitants de la copropriété se sont fédérés via un groupe Whatsapp pour partager leurs problèmes et s’entraider dans leurs démarches. Ils envisagent de changer de syndic et n’excluent pas de mener une action judiciaire. Un huissier est d’ores et déjà passé pour constater des malfaçons.

Certains, comme Léo, envisagent de revendre leurs biens si rien ne s’améliore. D’autres, comme Léa, s’interrogent sur leur investissement : “J’avais acheté ici parce que ça faisait partie des derniers prix corrects pour Champigny. Mais le prix se répercute dans les matériaux et le suivi low-cost. Avec les frais de maintenance, j’ai peur que ça me revienne au même prix qu’un appartement plus cher.”

*Les prénoms ont été changés.

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