Justice | | 01/06
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Champigny-sur-Marne: prison avec sursis requise contre un policier pour harcèlement sexuel

Champigny-sur-Marne: prison avec sursis requise contre un policier pour harcèlement sexuel © CD

“sale pute”, c’est par ce type de répliques que réagissait le policier éconduit lorsque ses subalternes ne répondaient pas positivement à ses avances. Désormais affecté en Seine-et-Marne, l’agent exerçait alors à Champigny-sur-Marne.

Cinq mois de prison avec sursis ont été requis mercredi à l’encontre d’un policier pour harcèlement sexuel et harcèlement moral sur quatre de ses subalternes entre 2017 et 2021 dans le commissariat de Champigny-sur-Marne. Il est reproché à ce brigadier de 34 ans d’avoir fait des avances de nature sexuelle répétées à ses collègues puis de les avoir harcelées lorsqu’elles le repoussaient.

L’enquête pénale a débuté quand une de ces fonctionnaires a saisi l’Inspection générale de la police nationale (IPGN) à l’automne 2021, à la suite d’une procédure disciplinaire interne, qui a valu un blâme au fonctionnaire.

Le policier éconduit traitait ses collègues femmes de “sale pute”

Selon les déclarations des plaignantes lues par la présidente du tribunal, Jonathan L., éconduit, les traitait de “sale pute” notamment devant des collègues et leur “imputait des insuffisances professionnelles non avérées”. 

Elles décrivent “un même scénario”, constate la présidente d’audience.

A la barre, ces femmes ont également relaté les réflexions inappropriées sur leur conjoint ou amant jusqu’aux rumeurs “trash” colportées sur leur vie sexuelle.

Une cinquième policière, d’un autre commissariat, a également témoigné dans ce sens mais les faits, datant de 2011, sont prescrits.

“Je ne pensais pas que ça l’affectait autant”

Le prévenu, qui officie désormais en Seine-et-Marne, s’est défendu en décrivant un climat de camaraderie potache, “dans un milieu policier (qui) est notre deuxième famille”, où les fonctionnaires se côtoient en dehors des horaires de travail.

Une ambiance admise par ses accusatrices : “Tout ce qui est blague vaseuse, je n’ai pas de problème avec ça”. Une autre : “Je ne lui reproche pas d’être insistant, mais de faire payer après”.

“Il n’y a jamais eu (…) d’arrière-pensées”, a maintenu le policier mis en cause, en dépit des textos figurant au dossier et prouvant le contraire. 

Devant les dénégations du prévenu, le procureur Florent Boura interroge : “Vous pensez que les gens inventent, qu’ils fondent en larmes sur commande ? (…) Comment vous expliquez que cinq femmes disent la même chose et en sont marquées ?”

Après le témoignage d’une policière qui avait discrètement essuyé quelques larmes la tête haute, il s’est adouci : “Honnêtement, je ne pensais pas que ça l’affectait autant”. “Je ne voyais pas que je pouvais faire du mal autour de moi à cause de mon humour un peu particulier”.

L’expertise psychiatrique a dressé le portrait d’un homme “névrotique, (…) fonctionnant dans le déni, (…) qui peut être irritable et agressif en cas d’échec”.

“Cette affaire m’a servi de leçon et j’ai changé de comportement”, promet le policier au casier judiciaire vierge.

La décision devrait être rendue le 7 juillet.

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