Emploi | | 18/01
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Charenton-le-Pont – Saint-Maurice: le difficile recrutement à la carte des hôteliers

Charenton-le-Pont – Saint-Maurice: le difficile recrutement à la carte des hôteliers © Fb

Alors que l’activité reprend de façon fluctuante, au gré des vagues de Covid, les hôteliers jonglent pour organiser leurs ressources humaines. Pour démarrer 2022, les villes de Charenton-le-Pont et Saint-Maurice organisaient ce lundi un forum de l’emploi à leur attention. Une première initiative de forum thématique qui pourrait faire des émules. Rencontre.

Dans ce secteur en pénurie de main d’œuvre, cette reprise en dent de scie ne facilite pas les recrutements. “La restauration et l’activité de banquet représente un gros volume de l’activité de notre hôtel qui a une capacité de 250 couverts. Mais la fréquentation fluctue, nous avons donc besoin de prendre des gens en extra pour s’adapter”, explique Stephan Devillers, directeur adjoint du Novotel Paris Sud Porte de Charenton. Dans la commune voisine, l’hôtel Kyriad Paris Est dispose d’une équipe au complet mais cherche des renforts. “Nous cherchons des extras en restauration et en veilleur de nuit parce que l’on souffre des absences liées aux cas de Covid”, explique une responsable.

Des offres en extra accueillies avec plus ou moins d’enthousiasme par les candidats. “C’est difficile d’être contacté uniquement lorsqu’il faut venir boucher les trous. J’aimerais bien que l’on me garantisse un nombre minimal d’heures dans le mois”, explique Rachid, chauffeur VTC qui cherche un emploi près de chez lui. “Je commence à peine à chercher un emploi en restauration parce que je doit recevoir mon diplôme du CAP cuisine dans deux mois. Comme je débute, les extras pourraient me mettre le pied à l’étrier et me procurer des premières expériences”, considère en revanche Sandrine, en réorientation professionnelle après 13 ans dans le milieu de la santé.

Extras ou contrats, les hôteliers ne fixent pas de critères de niveaux d’études ou même de compétences particulières et proposent de réaliser eux-mêmes les formations en interne. “Pour les métiers de base de l’hôtellerie et de la restauration, l’expérience professionnelle n’est pas exigée. Ce qui compte, c’est l’attitude des candidats. La formation, nous nous en occupons. J’ai commencé en extra comme serveur, et j’ai pu évoluer jusqu’à un poste de direction“, insiste ainsi Rodolphe Rodriguez, directeur du complexe Ibis et Ibis Budget de la porte de Charenton.

Ancienne responsable d’une épicerie fine, Yasmina, se projette dans cette trajectoire, même si elle n’a pas trouvé de poste qui l’intéressait immédiatement ce lundi. “Novotel, c’est le groupe Accor, pointe celle qui rêve de poursuivre sa carrière dans le luxe. Les rencontres fortuites, c’est mon mantra.”

En fonction des postes, toutes les compétences ne s’improvisent néanmoins pas complètement. “Pour être réceptionniste, il faut être bilingue anglais et si l’on peut parler une troisième langue, c’est encore mieux. Nous accueillons des clients qui restent de longs mois, parfois une année, et il faut répondre à leurs besoins, être autonome”, rappelle Sandra Dos Reis, la directrice d’Adagio. “Je viens du Cameroun où j’ai eu un CAP pâtisserie. J’aimerais avoir une équivalence en France. Le bilinguisme est inhérent à mon pays d’origine donc je n’ai pas de problèmes pour parler anglais”, met en avant Charles, conscient de cet atout.

D’autres job-dating thématiques à venir

A l’initiative de ce forum dédié à un métier spécifique, les services emplois de Charenton-le-Pont et Saint-Maurice, après que des élus de ces villes aient été sollicités par les hôteliers sur leurs problèmes de recrutement. Du côté des villes, cela a aussi permis d’inviter plusieurs dizaines de personnes en recherche d’emploi. “Avec le confinement, il y a eu un déclic pour de nombreux employés du secteur de l’hôtellerie et de la restauration qui ont vécu leur sortie brutale de l’emploi comme un choc et ont décidé de changer de métier. Maintenant, ce secteur en tension cherche à pourvoir ses emplois vacants. Or, les responsables recrutement des établissements hôteliers ne sont pas toujours accessibles, d’où l’organisation de cette rencontre”, motive Souad Benheniche, conseillère emploi à la mairie de Charenton-le-Pont.

Une rencontre ciblée sur une famille de métiers que les deux villes envisagent de reproduire dans d’autres secteurs en tension comme le service à la personne ou la grande distribution.

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