Justice | Val-de-Marne | 05/09
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Descente à l’improviste des avocats du Val-de-Marne dans les commissariats de police

Descente à l’improviste des avocats du Val-de-Marne dans les commissariats de police

Depuis janvier 2022, les avocats peuvent visiter les lieux de privation de liberté à l’instar des parlementaires. Dans le Val-de-Marne, le barreau a saisi la balle au bond sous l’égide du bâtonnier Edouard Billaux. Vendredi, plusieurs visites se sont déroulées à l’impromptu dans les commissariats de Créteil, Choisy-le-Roi, Vitry-sur-Seine et Villeneuve-Saint-Georges.

9h du matin ce vendredi 2 septembre. Ils sont dix avocats à s’être donné rendez-vous devant le commissariat de police de Créteil. Une visite surprise pour évaluer les cellules de garde à vue. “C’est une prérogative qui nous a été octroyée très récemment, dans la loi pour la confiance dans l’institution judiciaire du 22 décembre 2021. Ce droit de visite n’est effectif que depuis le 1er janvier 2022 et c’est la première fois que nous en faisons usage”, développe Édouard Billaux, bâtonnier de Créteil.

À l’exception des hôpitaux psychiatriques, Le bâtonnier et sa délégation peuvent donc visiter tous les lieux de privation de liberté pour les évaluer, mesurer la taille des cellules, observer la distribution des repas ou encore s’assurer de la salubrité des locaux. “Une avancée sociale majeure qui permet de briser l’opacité de ces lieux, de se servir des conditions de détention comme d’un instrument de plaidoirie, et aussi de relayer les besoins des policiers”, insiste un avocat.

Quelques minutes après 9 heures, les avocats entrent. L’accueil est en revanche refusé aux journalistes.

Cellules sales, caméras de surveillance en panne, difficultés à faire venir les médecins

Après plus de deux heures de visite, la délégation ressort de l’hôtel de police avec un premier bilan mitigé. “L’accueil a été très bon au niveau du commissariat, mais l’accès aux délégataires a été refusé dans le département de la sûreté territoriale, qui gère entre autres les affaires de stupéfiants, de cambriolage, ou encore la brigade des mineurs. Je suis le seul à avoir pu y pénétrer”, témoigne Édouard Brillaux. “Le gradé a fait preuve d’une lecture très personnelle des textes de loi. Ailleurs, ce n’est pas de cette manière qu’ils sont interprétés”, regrette Pascale Taelman, ancienne bâtonnière.

Sur le fond, les délégataires font état de cellules sales et de nombreuses caméras de surveillance en panne. “C’est un problème aussi bien pour les gardés à vue que pour les policiers !”, insiste Édouard Billaux. Les avocats rapportent aussi que les fonctionnaires leur ont part de difficultés à travailler. Deux problèmes ressortent : le sous-effectif, ainsi que la difficulté à faire venir des médecins, souvent récalcitrants à se déplacer.

Des problèmes similaires à Vitry-sur-Seine, Choisy-le-Roi et Villeneuve-Saint-Georges

Après Créteil, les avocats se répartissent entre les commissariats Vitry-sur-Seine, Choisy-le-Roi et Villeneuve-Saint-Georges. “Là encore, les policiers nous ont fait part des sous-effectifs, de bureaux sous occupés et de leurs difficultés à faire venir des médecins. Pour les mineurs, ce sont parfois les policiers qui se déplacent eux-mêmes aux urgences . En revanche, les gardés à vue ont refusé de nous parler”, détaille Jamila Sarraf, une des avocates ayant effectué une visite à Villeneuve-St-Georges.

Une fois le droit de réponse du corps policier rédigé, un rapport de ces visites sera rendu public. À terme, la délégation a pour ambition de visiter tous les commissariats du Val-de-Marne ainsi que la Maison d’arrêt de Fresnes.

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