Environnement | Val-de-Marne | 22/09
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Forêts en Val-de-Marne : les nouvelles ambitions de la charte de l’Arc boisé

Forêts en Val-de-Marne : les nouvelles ambitions de la charte de l’Arc boisé

Réparer les coupures urbaines par des corridors écologiques, comme par exemple sur la déviation de la RN19, adapter les espèces d’arbre au réchauffement climatique… le point sur les objectifs de la nouvelle charte de l’Arc boisé, ce plus grand massif forestier de petite couronne qui traverse le sud Val-de-Marne.

Avec ses 2500 hectares (forêts de La Grange, de Grosbois et de Notre-Dame), l’Arc boisé est à la fois un réservoir de biodiversité et un lieu de détente aux portes de Paris. Depuis près de 18 ans, l’Office national des forêts (ONF), le conseil départemental du Val-de-Marne et les autres partenaires (préfecture, région, EPT Grand Paris Sud Est Avenir, départements de l’Essonne et de la Seine-et-Marne, Agence des espaces verts) adoptent donc des chartes forestières pour coordonner les actions de protection et de valorisation de ce poumon vert, avec des résultats en demi-teinte. En 2016, une grande avancée a été le classement en forêt de protection de cet espace. En 2018 en revanche, la suppression de la brigade équestre avait révélé les limites d’un fonctionnement dépendant de l’implication et de l’investissement financier à géométrie variable des protagonistes.

Pour relancer la dynamique, une concertation a été lancée en 2020 qui a permis d’identifier les blocages comme un manque de continuité dans le suivi des projets, de lisibilité et de réalisations concrètes, et une mobilisation des communes insuffisante. La nouvelle charte de l’Arc Boisé, signée ce dimanche au château des Marmousets, à La Queue-en-Brie, entend réaffirmer la dynamique. D’autant que les enjeux écologiques se sont désormais imposés comme prioritaires après l’été caniculaire et l’urgence climatique rappelée par le dernier rapport du GIEC.

Corridors écologiques et limitation de l’étalement urbain

Parmi les premiers défis de cette nouvelle charte : le travail sur les corridors écologiques. Espace tampon entre petite et grande couronne, le massif forestier est en effet traversé par des tronçons routiers de grand passage qui créent des discontinuité écologiques. Ainsi la RN104 et la RD4, entre la Queue-en-Brie, Pontault-Combault et Lésigny, coupent la forêt domaniale de Grosbois dans son flan oriental. C’est là que se trouve par ailleurs la limite départementale entre le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne. Il n’existe pas aujourd’hui de corridor pour permettre le passage des animaux ou des zones de contact pour la flore. Même les aménagements routiers récents font parfois l’impasse sur cet aspect comme la déviation de la RN19 à Boissy-Saint-Léger. Le projet comprenait bien un volet corridor écologique mais il se fait encore attendre, un an et demi après son ouverture à la circulation. Résultat : cette route constitue une barrière entre la forêt régionale de Grosbois et la forêt domaniale de la Grange. “Nous allons nous battre auprès de l’Etat pour pouvoir obtenir ces ouvertures de passage à faune. Le conseil départemental de Seine-et-Marne est impliqué dans la charte et nous avons engagé des contacts avec nos voisins de l’Essonne”, explique Patrick Farcy, chargé des massifs forestiers au département et au territoire GPSEA.

Alors que les territoires préparent depuis plusieurs années maintenant l’élaboration de plans locaux d’urbanismes intercommunaux (Plui), le conseil départemental du Val-de-Marne veut par ailleurs en profiter pour dresser un périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels (Paen). Cet outil vise à identifier, en partenariat avec les communes, les lisières, les bois et parcs en lien avec l’Arc Boisé pour que les aménageurs respectent le périmètre du massif forestier. “Nous portons l’objectif de zéro artificialisation nette. Si nous nous apercevons par exemple que des zones à urbaniser ont été prévues près de la forêt, nous pourrons suggérer un changement de stratégie. L’enjeu est de limiter la progression de la ville sur la forêt, mais aussi, de travailler à une plus grande porosité entre ces deux espaces”, défend Jean-Pierre Barnaud, le vice-président du département en charge de l’environnement.

Vers une mutation des espèces boisées

Les grands orientations fixées par la charte font écho au plan d’aménagement forestier adopté par l’Office national des forêts en 2021 pour les vingt prochaines années. Il s’agit notamment de veiller à l’entretien du peuplement forestier, avec chantier prioritaire : le chancre qui décime les châtaigniers de l’Arc Boisé. “De Villecresnes, nous sommes bien placés pour constater que de nombreux arbres sont morts, séchés par la maladie. L’ONF abat régulièrement ces arbres et replante d’autres essences diverses (chêne sessile, robinier, chêne vert, chêne pédonculé) adaptées au changement climatique et capables de supporter le stress hydrique. La terre est argileuse, l’eau s’infiltre peu et les maladies se communiquent facilement par le réseau racinaire, il est donc important d’avoir des plantations homogènes”, explique Patrick Farcy. Pas de coupe rase donc mais une modification progressive du peuplement d’arbres de l’Arc Boisé et une exploitation forestière du chêne sur le moyen-long terme.

Loisirs responsables

A côté de cela, l’ONF et les partenaires de la charte souhaitent ouvrir davantage les forêts au public dans le cadre du “slow tourisme”. “Nous voulons développer une fréquentation responsable avec davantage de continuités douces pour les piétons, les vélos, des accès aux personnes à mobilité réduite, reprend le maire de Villecresnes qui envisage aussi d’initier les publics scolaires à ce morceau de nature. Nous voulons faire découvrir aux gens la richesse floristique, nos mares, les zones humides, les arbres remarquable. A l’inverse, certaines zones doivent rester inaccessibles. Les clôtures ne sont pas nécessaires pour cela, il suffit de laisser des coins dépérir, les ronces se développer, et ainsi se former des barrières naturelles.”

Côté associatif, on est prêt à jouer le jeu. “C’est plutôt bien parti. Le département doit dédier des agents à ce projet. Plus la surface protégée sera grande, plus nous serons satisfaits. Nous nous sommes inscrits dans des groupes de travail et comptons poursuivre nos actions de défense des continuités écologiques et de sensibilisation des élus”, pointe Christelle Pluvinet, animatrice nature à l’association Renard.

Présentation du nouveau plan d’aménagement forestier par l’ONF

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