Santé | Ile-de-France | 03/08
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Ile-de-France: des mois d’attente pour se faire vacciner contre la variole du singe

Ile-de-France: des mois d’attente pour se faire vacciner contre la variole du singe © Pixelshot

Alors que la campagne de vaccination contre la variole du singe a été lancée le 8 juillet dernier et que l’Île-de-France est l’épicentre de l’épidémie, obtenir un rendez-vous requiert de la patience et de la dextérité sur Doctolib, car peu de créneaux sont pour l’instant disponibles.

“Je regarde tous les jours, plusieurs fois par jour, mais rien. Toujours rien.” Dépité, Hugo*, 26 ans, recherche désespérément un créneau pour se faire vacciner contre la variole du singe. Habitant à Gentilly et travaillant à Créteil, il est pourtant proche des deux centres de vaccination ouverts dans le département, l’un à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, l’autre au sein de l’hôpital de Kremlin-Bicêtre. “À Henri Mondor, le prochain rendez-vous est en octobre, c’est trop long alors que l’épidémie circule !”. De son côté, l’hôpital de Bicêtre demande de remplir un formulaire pour obtenir un rendez-vous, sans pouvoir choisir de créneau.

Capture d’écran du site Doctolib pour obtenir un rendez-vous

Pour tenter de remédier aux difficultés d’accès aux rendez-vous, la mairie de Paris a ouvert la semaine dernière un vaccinodrome dans le XIIIe arrondissement. Mathis*, habitant de Montreuil, y a tenté sa chance, mais c’est finalement au centre Edison, dans le XIIIe arrondissement, qu’il a pu obtenir un rendez-vous. “Quand j’ai appris qu’un nouveau centre allait ouvrir, j’ai réservé directement avant qu’il n’y ait plus de places disponibles, en rafraîchissant la page Doctolib toute la matinée. Quand ça a ouvert, tout est parti très rapidement, et aucun créneau n’était disponible dans un hôpital plus proche de chez moi.” témoigne le Séquano-Dionysien de 25 ans, “Il y a de plus en plus de gens autour de moi qui sont affectés de près ou de loin par la maladie, c’est un réflexe citoyen que de se faire vacciner”, estime-t-il.

Hugo va lui aussi tenter de trouver un rendez-vous dans les prochains jours, à Paris s’il le faut. : “J’espère trouver une dose avant octobre, car sans vaccin, le seul moyen de se prémunir de la variole du singe, c’est l’abstinence.”

Originaire d’Afrique de l’Ouest, cette maladie, actuellement appelée variole du singe ou Monkeypox, est causée par un Orthopoxvirus qui se transmet par contact direct (contact cutané avec les lésions, contact prolongé en face à face) ou indirect (via le linge contaminé, etc.). Elle n’est en principe pas mortelle mais demeure extrêmement douloureuse pour les personnes atteintes. La guérison prend entre deux et quatre semaines. L’infection peut provoquer une éruption vésiculeuse et des démangeaisons, essentiellement au niveau du visage, de la zone ano-génitale, des paumes des mains et des plantes des pieds mais aussi sur le tronc et les membres, ainsi que les muqueuses. Cette éruption peut s’accompagner de fièvre, de maux de tête, des courbatures et de fatigue. La période d’incubation est de 5 à 21 jours. La guérison prend entre 2 et 4 semaines.

Près d’un millier de cas en Ile-de-France

En France, l’épidémie progresse de manière continue. Selon le dernier point de situation de Santé publique France, publié daté du 28 juillet, 1 955 cas confirmés ont été recensés en France dont 814 en Ile-de-France, pour ce qui est des patients dont la résidence a été renseignée. Dans la région, 60 à 70 nouveaux cas sont déclarés chaque jour, selon l’Agence régionale de santé (ARS).

Encore peu de visibilité sur la vaccination

Face à l’augmentation des cas, la Haute Autorité de Santé (HAS) a ouvert le 8 juillet la vaccination à toutes les personnes à risque : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans multipartenaires, les personnes qui se prostituent ainsi que les personnes exerçant dans les lieux de consommation sexuelle. Un nombre de personnes éligibles difficile à chiffrer, alors même que l’ouverture de cette campagne de vaccination a suscité un vif engouement au sein de la communauté gay en Île-de-France. Pour l’heure, Santé Publique France n’a pas encore communiqué sur le nombre de doses disponibles, ni même l’objectif de personnes vaccinées dans les prochains mois. La Direction générale de la santé a en revanche précisé que 42 000 doses avaient été prises dans les stocks stratégiques.

En Ile-de-France, 25 lieux de vaccination ont ouvert depuis le 8 juillet, dont 18 à Paris, et vendredi dernier, un peu plus de 8 000 personnes avaient été vaccinées dans la région, représentant 70% des vaccinations réalisées en France. 5 000 ont été effectuées sur la seule semaine du 25 juillet selon l’Agence régionale de santé.

Voir les infos pratiques concernant la vaccination en Ile-de-France

Demande de commission d’enquête parlementaire

Une réponse vaccinale qui reste à ce jour insuffisante au regard de la progression de l’épidémie, pour un certain nombre d’élus et d’associations qui réclament une commission d’enquête parlementaire, dénonçant un manque de transparence dans l’accès aux données et une mise en route sous-dimensionnée par rapport aux enjeux de santé publique. 200 personnalités ont exprimé cette demande dans une tribune publiée sur le HuffPost.

*Les prénoms ont été modifiés

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