Transports | Ile-de-France | 28/09
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Ile-de-France : la pénurie de chauffeurs de bus s’invite en politique

Ile-de-France : la pénurie de chauffeurs de bus s’invite en politique © Charles Henry

La présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse (LR), a appelé mardi les opérateurs de transports à “mettre tous les moyens à leur disposition” pour pallier le manque de conducteurs de bus. De son côté, le maire de Montreuil, Patrice Bessac (PCF), menace la région de porter plainte pour discrimination à cause des retards de bus.

Dans le cœur de l’agglomération parisienne où la RATP exploite le réseau de bus, 26% des services ne sont pas assurés actuellement, dénonce Valérie Pécresse qui a écrit jeudi dernier à la présidente de la régie, Catherine Guillouard, pour exiger un plan d’action visant à rétablir un service normal.

L’offre demandée -et payée- à la RATP est de 98% du service habituel. Or, il manque toujours 1 800 conducteurs de bus en Ile-de-France, selon la présidente de région. “Maintenant, il faut que ça s’améliore!”

“Nous allons appeler massivement tous ceux qui sont demandeurs d’emploi à aller vers les métiers de conducteurs de bus”, lesquels sont “des métiers porteurs d’avenir”, promet la présidente de région qui veut doubler à 2 000 euros la prime régionale versée “pour tous ceux qui entreront dans cette formation”.

Elle s’est aussi engagée à systématiser l’accompagnement de la région sur les programmes de logements sociaux et intermédiaires pour les travailleurs-clefs de la SNCF et de la RATP, demandant à l’État d’être “beaucoup plus proactif pour faciliter la délivrance de permis de conduire bus”.

Pour recruter largement, l’élue veut également faire revenir les retraités et étudier avec le ministère de la Défense la possibilité de faire appel à des réservistes. 

“La situation est hétérogène” dans la région, observe également Valérie Pécresse, notant qu‘”on voit des réseaux de bus qui fonctionnent tout à fait normalement”. D’autres, exploités par Transdev, Keolis ou la RATP, connaissent aussi des difficultés, comme à Marne-la-Vallée, Saclay, Argenteuil, Poissy, Saint-Germain-en-Laye et dans la Brie, avec 7 à 10% des bus qui ne passent pas.

Au micro de France Bleu, le maire de Montreuil, Patrice Bessac, a menacé pour sa part de porter plainte pour discrimination, estimant que certains quartiers sont moins bien desservis que d’autres, citant des retards réguliers de 40 à 50 minutes sur les lignes 102, 215 ou encore 301. L’élu a lancé une pétition en ligne pour réclamer plus de bus dans sa ville.

Au-delà de la difficulté à recruter, Valérie Pécresse a dénoncé “un vrai abus de certificats maladie”, estimant qu’il y a “un vrai trafic qui s’organise.” Un point relativisé par la RATP qui chiffre qu‘”à date, une soixantaine de salariés ont été licenciés pour arrêt de travail frauduleux depuis le début de l’année et (qu’)une soixantaine de procédures est en cours”, sur un effectif de 16 000 conducteurs.

Assurant déployer “un plan d’action important afin d’améliorer rapidement la situation”, la Régie remarque aussi que “le coût de l’offre non faite est intégralement remboursée à IDFM et majorée de pénalités”

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