Culture | | 29/09
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La Courneuve: le campanile de la mairie fait peau neuve

La Courneuve: le campanile de la mairie fait peau neuve © CH

D’ici Noël, les habitants de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) pourront redécouvrir leur campanile, aujourd’hui recouvert d’un imposant échafaudage. Sa restauration s’achève au moment même où le centre-ville commence une profonde reconfiguration.

Du haut de ses 30 mètres, le campanile de la mairie domine toute La Courneuve et l’ancienne plaine des Vertus. Construit en 1909, sa restauration était devenue nécessaire. “Il y avait urgence“, explique Bernard Lemercier, responsable du service technique de la maire et directeur d’opérations. “Ce ne sont pas des travaux de complaisance, mais structurels. Ici on est face au vent, la poussée est très importante et des éléments commençaient à être fragilisés.”

20 tonnes

Ce sont les Charpentiers de Paris qui s’affairent sur le chantier depuis août. Ils ont déjà commencé à refaire la toiture de la flèche et vont s’attaquer au plus difficile: les huit poteaux qui soutiennent la structure vont être changé un part un part des pièces en chêne lamellé collé. “On ne change que le nécessaire“, précise Sébastien Roger, directeur des travaux. “En fin de compte ce qui a pris le plus de temps dans ce chantier c’est l’échafaudage.” Il a en effet fallu près d’un an d’étude pour préparer l’installation de la structure de 20 tonnes.

Coût des travaux: 670 000 euros. Une somme conséquente. “En dehors de la nécessité des travaux, il y a un attachement pour ce campanile qui est un marqueur historique. Notre ville a toujours eu une politique patrimoniale très forte“, indique Didier Broch, adjoint au maire en charge du développement de la culture.

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Les nouveaux poteaux en chêne de la charpente du campanile avant leur remplacement.

Révolution industrielle

A l’époque de son achèvement en 1909, la construction de la mairie n’avait pas, elle, encore été terminée. Le nouvel édifice devait concrétiser la transformation accélérée de la ville sous l’impulsion de la révolution industrielle. “C’est un hôtel de ville qui raconte l’histoire d’un centre-ville“, observe Michaël Petitjean, responsable de l’unité culturelle et patrimoniale à la mairie.

La Courneuve s’est formée au 19ème siècle au milieu de parcelles maraichères. “C’est une autre histoire qui commence avec l’implantation d’une gare en 1867. La ville est connectée à Paris mais aussi au centre sidérurgique de l’est de la France et au bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Les usines vont alors se développer le long de la voie ferrée, comme Sohier qui deviendra KDI“, explique Michaël Petitjean.

La population s’accroît vite. Les élus décident de construire une nouvelle mairie, plus grande, “en plein milieu de nulle part, au milieu d’une zone maraichère“, poursuit-il. “Avec le pari que cela va permettre la création d’un centre-ville avec des lotissements et des bâtiments qui vont s’implanter tout autour. Mais ce qu’il n’avait pas anticipé, c’est que l’hôtel de de ville met beaucoup de temps à sortir de terre alors que les industriels mettent très peu de temps à construire leur usine. Très vite, KDI, Mecano, Champagnol vont sortir de terre.

L’entreprise chargée des travaux de la nouvelle mairie abandonne en effet le chantier. Il faudra attendre la fin de la guerre et 1921 pour qu’ils soient achevés.

Le développement de la ville vers le nord modifiera complètement l’usage de l’hôtel de ville. Alors que l’entrée, avec son campanile avait été pensé vers la voie ferrée au sud, elle est aujourd’hui de l’autre côté où était l’entrée de service.

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Les anciens entrepôts de KDI en cours de démantèlement.

Nouveau centre-ville

La restauration du campanile intervient au moment où un nouveau centre-ville se construit. C’est un symbole important“, souligne Bernard Lemercier. A quelques pas de la mairie, la reconversion de Mécano a marqué un des étapes clé de cette transformation. En 2015, le centre administratif municipal et la médiathèque Aimé Césaire ont été inaugurés dans l’enceinte de l’ancienne usine d’outillage de précision. “Mais la structure de l’ancienne usine d’outillage de précision a été conservée“, souligne Didier Broch. “Ce passé industriel fait pleinement partie de l’histoire la ville.”

Contrairement à d’autre villes de Seine-Saint-Denis, le départ des usines s’est fait relativement tard à La Courneuve. Babcock a fermée en 2012, KDI en 2018.

Situé de l’autre côté du parc Jean Moulin, les anciens entrepôts de l’entreprise KDI ont commencé à être démantelés. Sur un espace de 4,5 hectares, ils vont laisser place à un vaste projets d’aménagement de 1 000 nouveaux logements, d’un groupe scolaire et d’un gymnase, comprenant de nombreux espaces végétalisés.

Un peu plus loin, la reconversion des anciennes usines Babcock doit également faire émerger un autre projet immobilier, adossé au développement d’espaces culturels. Le site a fait l’objet d’un appel à projets dans le cadre de l’appel à projet « Inventons la Métropole du Grand Paris » dont les lauréats ont été lla Compagnie de Phalsbourg et Emerige.

Autre symbole d’une époque révolu, les dernières barres de logements de la cité des 4 000 doivent être démolis en 2025-2026.

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