Justice | | 31/03
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Le Kremlin-Bicêtre : relaxe requise pour le policier jugé pour violence

Le Kremlin-Bicêtre : relaxe requise pour le policier jugé pour violence

Le parquet de Créteil a requis la relaxe mercredi pour un policier jugé pour des violences commises sur un mineur et son père en août 2019 au commissariat du Kremlin-Bicêtre.

Six mois d’emprisonnement avec sursis ont en revanche été requis contre le père, Yann G., qui comparaissait le même jour pour “outrage et rébellion”. La décision sera rendue le 1er juin.

Le 1er août 2019, Yann G. était venu au commissariat du Kremlin-Bicêtre 
récupérer son fils de 15 ans à l’époque, qui sortait d’une garde à vue. Selon 
ce père de famille, au casier judiciaire vierge, les policiers leur adressent 
alors plusieurs remarques méprisantes. Le ton monte et un policier l’insulte. Puis il “me met une série de coups de poings”, raconte le père à la barre, ensuite “des coups de pieds” à son fils “assis au sol sans protection” et immobilisé par plusieurs fonctionnaires.

Cinq et dix jours d’interruption temporaire de travail (ITT) leur sont 
donnés, un scanner révélant une fracture des os propres du nez chez 
l’adolescent. Le policier affirme, lui, avoir dû s’interposer face à un père de famille très agité, qui refusait de quitter le commissariat. 

Devant le tribunal correctionnel, il a décrit “un échange de coups dans la 
mêlée”
. Le coup donné à Yann G. ? Non volontaire: il cherchait à se protéger 
d’un crachat au visage. Pour l’avocate du policier, la gravité des blessures du père et du fils a été exagérée, citant un premier examen médical qui n’avait établi que deux jours d’ITT.

Parole contre parole

Alors que la procureure avait elle-même choisi de renvoyer cette affaire au 
tribunal, la magistrate a estimé mardi n’avoir “aucun élément qui me permet de dire que (le fils) a été victime de violences de la part de la police”.

Dans ses réquisitions, elle a fustigé “l’attitude totalement inadaptée” et 
les “propos outranciers” du père de famille, au commissariat et au tribunal, 
notant que ses déclarations et celles de son fils avaient plusieurs fois 
changé.

“Pourquoi la parole de fonctionnaires de police vaudrait plus que celle de 
Yann G. ?”
, s’est désolé l’avocat de la famille, Me Yvan Bonet, s’interrogeant 
plus globalement sur le fonctionnement du commissariat du Kremlin-Bicêtre. Les familles de quatre adolescents, qui y avaient été détenus en mai 2020, ont porté plainte pour détention arbitraire et injures racistes, provoquant la saisie de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

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