Transports | | 13/04
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Limeil-Brévannes dénonce l’annulation d’expulsion du bidonville bloquant le chantier téléphérique

Limeil-Brévannes dénonce l’annulation d’expulsion du bidonville bloquant le chantier téléphérique © IDFM

“Nous avons dû interrompre les fouilles archéologiques, chantier préalable à celui du téléphérique, car l’Etat a annulé l’expulsion du campement installé à doivent se poursuivre les fouilles”, dénonce Françoise Lecoufle, maire LR et conseillère départementale de Limeil-Brévannes.

Le bidonville s’est formé fin juin 2021 sur un terrain en friche destiné à la future station Emile Combes du téléphérique urbain qui doit relier Créteil Pointe-du-Lac à Villeneuve-Saint-Georges, Bois-Matar. Entre 150 et 200 personnes y vivent sur un petit terrain en friche appartenant à l’agence des espaces verts de la région Île-de-France (AEV), sur le coteau boisé de Limeil-Brévannes. Un juge a reconnu l’occupation illégale du site et autorisé son évacuation qui était prévue le 13 avril.

“Lors d’une réunion le 29 mars, la préfecture, réticente à procéder à l’expulsion avant le 1er tour de l’élection présidentielle, s’engage cependant sur la date du 13 avril. Le 12 avril, à 17h, soit moins de 24h avant l’expulsion, elle annule sa décision au motif de -manque d’effectifs de police”, fustige la ville dans un communiqué, rappelant qu’Ile-de-France Mobilités, opérateur du projet, a déjà engagé des centaines de milliers d’euros pour remettre en état le “site encombré de détritus suite à 9 mois
d’occupation illégale”
. Et, poursuit la commune, “à la demande de l’Etat, la ville de Limeil-Brévannes a accepté de prendre à sa charge le transport en car et l’hébergement en hôtel des personnes les plus fragiles. Ses forces de police municipales, quant à elles, sont mobilisées depuis 9 mois.”

Déplorant une “marche arrière”, la ville s’interroge “sur les réelles motivations de cette décision qui survient au lendemain du 1er tour de l’élection présidentielle. Comment l’Etat peut-il prévoir une expulsion pour le 13 avril après avoir vérifié la disponibilité des forces de police et annoncer le 12 avril un « manque d’effectifs de police », conduisant à l’annulation de l’expulsion ?”

“L’argument que l’on nous a donné, c’est qu’ils s’étaient rendus compte qu’il y avait 200 personnes et qu’ils n’avaient pas prévu assez de policier. Ce chiffre a toujours été évoqué lors de nos échanges”, ajoute le cabinet de la maire de Limeil-Brévannes.

Polémique

En réaction au communiqué de la ville, le collectif local Vite le Téléval a réagi par un autre communiqué, dénonçant une “polémique inutile”. “Cette information est étonnante à plusieurs titres : d’une part, les travaux préparatoires ont été reportés pour partie par le Département à juin 2022. D’autre part, la préfecture confirme qu’une intervention aura bien lieu après le 24 avril pour libérer les terrains et traiter dignement les personnes à déplacer”, poursuit Thomas Khabou, porte-parole du collectif.

“Ce collectif, entièrement composé de membres de l’opposition, semble bien renseigné. Je n’ai pour ma part aucune information concernant le démantèlement de ce campement”, réagit la maire.

Le député réagit, la maire lui répond

De son côté, le député LREM Laurent Saint-Martin a réagi sur Facebook en dénonçant également la polémique. “Je me suis entretenu avec la préfète du Val-de-Marne qui m’a assuré que l’opération d’évacuation du camp était reportée de quelques jours, afin de s’occuper dignement et dans les meilleures conditions de toutes les personnes à déplacer. Le projet du Câble 1 demeure inchangé bien entendu”, indique l’élu. nos concitoyens méritent mieux que ces manœuvres politiciennes. “Gageons que ces comportements ne présagent pas de l’instrumentalisation permanente des sujets locaux à des fins électoralistes, alors que le contexte actuel devrait nous conduire au rassemblement.”

Toujours sur Facebook, Françoise Lecoufle a à son tour répondu au député. “Je suis ravie d’apprendre que madame la préfète vous ait assuré aujourd’hui que l’opération n’était reportée que de quelques jours. Hier, le discours était « l’opération est annulée sans fixation de nouvelle date ou de nouveaux délais ». (…) Je ne comprends pas que l’Etat s’empêche d’appliquer la loi en période électorale : le camp abrite toujours autant de monde, et pas plus que ces dernières semaines, comme en attestent les rapports de ma police municipale, transmis par ailleurs à la préfecture”, maintient l’élue.

(Mis à jour le 14 avril avec la réaction du député)

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