Initiative | Val-de-Marne | 27/03
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Mini-entreprises en Val-de-Marne: les élèves inventent l’économie de demain

Mini-entreprises en Val-de-Marne: les élèves inventent l’économie de demain © Bérénice Paul

Des smoothies fabriqués en pédalant aux mèches de bougies issues de la récupération de ficelles de rôtis en passant par les box solidaires, les collégiens et lycéens du Val-de-Marne ont rivalisé de créativité pour créer leur mini-entreprise en mode écolo et citoyen. Ce vendredi, ils exposaient leur projet à Créteil. Rencontre.

Encourager l’esprit entrepreneurial en se projetant dans un projet avec des vrais produits ou services à vendre et la recherche d’un modèle économique, tel est l’enjeu des mini-entreprises dont le concept, déployé dans de nombreux pays, a fêté ses 100 ans en 2019. Né aux Etats-Unis, le mouvement a essaimé en France dans les années 1960, sous l’impulsion de la Jeune Chambre Economique (JCE) et de la fédération de parents d’élèves PEEP, puis s’est structuré au sein de l’association Entreprendre pour Apprendre (EPA). L’initiative, reconnue par l’Education nationale depuis 2008, continue de prospérer. En 2019, ce-ont près de 2 000 mini-entreprises qui ont ainsi vu le jour, représentant plus de 40 000 élèves accompagnés. Dans le Val-de-Marne, c’est l’association EPA Ile-de-France qui impulse la dynamique. Cette année, 13 équipes de collégiens ou lycéens ont développé un projet de mini-entreprise dans le département, tout au long de l’année scolaire.

“L’objectif est de valoriser le travail des jeunes et la prise de parole face à des professionnels afin qu’ils puissent gagner en confiance. On voit vraiment l’évolution entre le début d’année et aujourd’hui. Nos programmes vont du collège jusqu’au post-Bac”,  explique Pauline Adam, chargée de mission et coordinatrice Val-de-Marne chez EPA IDF. “Nous n’allouons aucune enveloppe budgétaire pour financer les projets des élèves. Nous sommes une association à visée pédagogique. Notre rôle est de les accompagner dans la création d’une initiative entrepreneuriale, rappelle-t-elle.  C’est donc à eux qu’il revient de trouver des investisseurs, de faire des études de marché ou de faisabilité. Ce genre d’exercice permet de travailler sur le savoir-être, l’autonomisation et la confiance en soi. Nous voulons les aider à être les acteurs de leur propre vie. La prise d’initiative personnelle est l’un des maître-mot que les élèves apprennent à apprivoiser autant qu’à valoriser.” 

Savons naturels

Au lycée Guillaume Budé de Limeil-Brévannes, qui participe à l’aventure depuis de nombreuses années, un groupe de Première STMG s’est lancée dans la production de savons aux huiles essentielles, avec un nom déjà prêt pour l’international: Natural Soap. “On voulait fabriquer des produits de beauté respectueux de l’environnement. Pour l’instant, on a mis au point 4 odeurs. Celle qui a le plus cartonné auprès du public, c’est la pomme d’amour. On l’avait mise au point au moment de la Saint-Valentin!” sourit Assia.

“Les pigments sont faits à base de minéraux. C’est 100 % naturel. On trouve notamment de la poudre de mica. Pour l’instant, on a fait 200 euros de chiffres d’affaires. On vend 2 euros les 10 grammes. Nous voulons vraiment être honnête avec les clients et pour cela, on utilise une balance pour chaque transaction. On veut leur montrer qu’on ne leur ment pas”, insiste la jeune fille.

Lire aussi : Coup d’envoi pour les mini-entrepreneurs du lycée Guillaume Budé de Limeil-Brévannes

A Alfortville, la classe de troisième du collège Paul Langevin s’est aussi lancée dans les savons, et propose des kits pour les fabriquer chez soi. “Comme la loi est trop contraignante, on ne pouvait ni fabriquer ni vendre nos propos savons. Les kits sont composés d’argile, de savon de Marseille et d’huiles essentielles. Il y a aussi du romarin et du thym que nous avons été chercher dans les jardins du collège”, expose Adriana, présidente de l’entreprise.

Débrouille et système D

A Cachan encore, les premières années de BTS du lycée polyvalent ont créé des bougies, en s’appuyant au maximum sur le recyclage. D’où le nom de la mini-entreprises : Recycandle. “On voulait sensibiliser les jeunes au recyclage et on a commencé par les bougies. L’objectif est de proposer d’autres produits ensuite. Vous voyez les fils qui entourent la viande ? Eh bien, c’est de là que proviennent les mèches de nos bougies. Notre fournisseur, c’est une boucherie de quartier! explique Lila avec enthousiasme. Et les bâtons de bois que vous apercevez, ce-sont les touillettes à café utilisées par nos professeurs durant leurs heures de pause! Enfin, pour les parfums comme la clémentine ou la fleur d’oranger, nous avons directement été nous servir dans la cour du lycée!”

Ce système D permet de limiter drastiquement les frais de production mais a surtout une vertu pédagogique, insistent les élèves. “En voyant la manière dont nous fabriquons nos bougies, les gens prennent peut-être plus conscience de l’impact des déchets sur l’environnement.” Ce vendredi, la présentation de la mini-entreprises dans le hall de la CCI a un certain succès. “Nous avons déjà eu deux ventes et nous avons créé plusieurs partenariats !”

Des jeunes pousses qui valorisent l’économie circulaire

Véritable fil conducteur de cette édition, le recyclage a aussi prévalu en terminale STMG du lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés. “On avait le choix entre réaliser un service ou vendre un produit fini. Au début, on avait eu l’idée de mettre au point un système d’arrosage à distance. Mais, l’opération nécessitait un financement trop élevé.  Comme on voulait valoriser l’économie circulaire. On a donc eu l’idée de proposer un kit pour faire pousser des graines. Notre projet s’appelle Sème ta meilleure graine. Tout est recyclé. Les fourchettes que l’on trouve dans les kits ont été récupérés à la cantine du lycée“, détaille un élève. Succès également pour la jeune pousse qui a déjà passé eu plusieurs commandes.

Pédaler et s’engager

Juché sur un drôle de vélo, un élève de troisième en prépa métier, au collège Gourdou Lesseure à Saint-Maur-des-Fossés, explique lui comment fabriquer des smoothies écologiques tout en faisant du sport. “Nous avons construit un vélo à une seule roue. Lorsqu’on pédale, le mouvement de la roue vient actionner les ailes d’une hélice placée dans une boîte située niveau du guidon. Celle-ci mixe ensuite les fruits qui se trouvent dans la boîte”, explique-t-il, essoufflé par la démonstration. “Notre entreprise se nomme Ô Cyclovélo. Nous avons monté un stand lors de la journée portes ouvertes du collège. On va bientôt participer aux jeux du Val-de-Marne. Nous vendons 1,50 euros le petit verre et 2,50 euros, le grand.” Ce jeudi, le test est réussi. “On a vendu pour 82 euros sur l’ensemble de la journée.”

L’équipe de la box solidaire lauréate du grand prix départemental

D’autres initiatives plébiscitent elles l’engagement citoyen, à l’instar de 260 % Box. “Nous proposons une box, sous forme de sac, destinée aux plus démunis. Elle coûte 5 euros. Le client a le choix. Soit, il achète la box et l’offre aux gens dans le besoin. Soit, il nous laisse la box pour que nous la distribuions nous-même. Dans tous les cas, l’acheteur reçoit, en cadeau de remerciement, une mini box contenant un porte-clés”, explique Bokmo-Grace, élève de première au Lycée Frédérique Mistral de Fresnes. C’est cette équipe qui a obtenu le grand prix départemental.

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