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On peut encore travailler après 45 ans : la preuve avec le Comité de bassin emploi du sud Val-de-Marne

On peut encore travailler après 45 ans : la preuve avec le Comité de bassin emploi du sud Val-de-Marne © Fb

La retraite à 45 ans n’est pas vraiment à l’ordre du jour. Pourtant, les jeunes seniors représentent une proportion croissante des demandeurs d’emploi sans que les dispositifs d’accompagnement suivent. Le Comité de bassin d’emploi du sud Val-de-Marne a décidé d’y remédier par un programme de coaching intensif inspiré de l’ex-Garantie jeune.

Quatre demandeurs d’emploi sur dix ont plus de 45 ans, leur nombre s’est accru ces trois dernières années et pourtant, peu de dispositifs les concernent”, explique Daniel Pigeon-Angelini, directeur du Comité de bassin d’emploi Sud Val-de-Marne. Pour y remédier, il vient de lancer Promo 45+, un dispositif inspiré de l’ex Garantie jeune. Lancé début septembre, ce programme de coaching intensif sur 6 semaines a déjà accompagné une première promotion de huit personnes qui recevaient leur diplôme ce mercredi au siège du CBE Sud 94, à Chevilly-Larue. La prochaine promo démarrera dès le 7 novembre.

“C’était intensif! Je vais prendre quelques jours pour me poser et préparer mes candidatures. Mais c’était important de pouvoir se mettre à jour parce que j’ai été formée à l’ancienne. Grâce au travail mené, j’ai déterminé le poste que je cherche : hôtesse d’accueil dans des institutions publiques ou privées”, explique Marie-Line, arrivée de Martinique l’année dernière avec une expérience de 30 ans comme responsable d’accueil de caisse dans un supermarché. Georges, lui, a déjà des contacts avec la RATP et une société de sécurité. “En Côte d’Ivoire, j’ai travaillé comme agent de sécurité, motive-t-il. Je suis arrivé en France au début des années 2000. D’abord en situation irrégulière, j’ai travaillé dans le bâtiment et bossé pour des boîtes de sécurité. Puis j’ai monté une entreprise de décoration et peinture avec un ami mais tout s’est arrêté avec le Covid. Je me suis formé entre temps pour être agent magasinier, pour utiliser les réseaux sociaux. Et j’ai continué à me former avec ce groupe. Il y avait une bonne ambiance et de la cohésion“. Sylvie, qui a longtemps travaillé dans le commerce puis dans la petite enfance, a déjà obtenu un entretien avec le conseil départemental pour travailler en crèche. “Il faut s’adapter aux nouvelles pratiques, aux nouvelles demandes des employeurs et c’est vraiment ce que m’a apporté cette formation”, souligne-t-elle.

Savoir rédiger un CV mais aussi travailler l’éloquence

Dans les starting blocks, la nouvelle promotion démarrera l’accompagnement le 7 novembre. Le programme de coaching cible les personnes âgées de 45 ans et plus, au chômage depuis un an. Ils sont adressés par la mission locale de Val de Bièvre, le Pôle emploi de L’Haÿ-les-Roses ainsi que d’autres prescripteurs du département. “Ce dispositif permet de reprendre un rythme de vie professionnelle avec 25 à 30 heures de présence dans nos locaux du MIN de Rungis. Mais nous mettons aussi de la fantaisie et de la variété dans les activités. Il y a des étapes incontournables comme la rédaction des CV, de lettres de motivation, et les techniques de recherche, mais nous proposons aussi du yoga, des petits cours d’anglais, des interventions d’avocats pour travailler l’éloquence, des séances de coaching ou des sorties notamment sur des forums pour l’emploi ou à l’Exploradôme de Vitry-sur-Seine. Le but est de créer ou recréer une dynamique avec un retour vers un emploi souhaité”, résume Sadjia Kerdioui, la cheffe du projet.

Signataire d’une convention avec le conseil départemental du Val-de-Marne et le territoire Grand-Orly Seine Bièvre, le comité de bassin d’emploi (CBE) Sud Val-de-Marne ambitionne d’accueillir plus de 100 bénéficiaires dans les deux ans à venir. “Au cours de ces trois dernières années, il y a eu des créations d’emploi mais la situation des demandeurs de plus de 45 ans ne s’est pas améliorée, insiste Daniel Pigeon-Angelini. Nous nous sommes un peu inspirés du mécanisme de la garantie jeune, aujourd’hui contrat d’engagement jeune (CEJ), qui a de bons résultats”. A la différence de la garantie jeune puis du CEJ, les bénéficiaires de Promo 45+ ne sont pas rémunérés. “Le comité de bassin d’emploi avait déjà été innovant en lançant le label 45+ pour signaler les entreprises prêtes à embaucher des demandeurs d’emploi de plus de 45 ans. Le dispositif a rapidement été répliqué au plan national. Ce sera probablement le cas pour la Promo 45+ qui vient répondre à un véritable besoin”, espère Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses et président du CBE.

Le CBE sud 94 intervient sur les villes Chevilly-Larue, Fresnes, L’Haÿ-les-Roses, Rungis, Thiais et Villejuif.

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