Politique | | 08/04
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Présidentielle 2022 : paroles d’électeurs #10 dans une salle de sport à Maisons-Alfort

Présidentielle 2022 : paroles d’électeurs #10 dans une salle de sport à Maisons-Alfort © Louan Deniel

Le premier tour de la présidentielle 2022 se tiendra dimanche 10 avril. Les électeurs sont-ils prêts à voter ? La rédaction de Citoyens.com part à leur rencontre. Dixième étape dans une salle de sport à Maisons-Alfort.

“La France de Zemmour, je ne l’ai pas connue, mais elle fait rêver.” C’est par ce paradoxe qu’Enzo, 26 ans, commercial en reconversion pour devenir coach sportif, annonce son intention de voter pour le candidat Reconquête ! Habitué de cette salle de sport située dans un quartier résidentiel de Maisons-Alfort, il explique que, selon lui, “la France est en train de se tiers-mondiser (sic).” Au cœur de ses préoccupations, “l’immigration bien sûr, mais aussi les relocalisations [d’entreprises] : il faut faire bosser les Français, pas les autres” estime-t-il. À côté de lui, son ami d’une vingtaine d’années, surveillant au collège Sainte-Marie, renchérit : “Macron, je le déteste !” Il développe en évoquant le rapport de la Commission d’enquête du Sénat sur le cabinet McKinsey, et la gestion de la crise sanitaire. Pour lui (il n’a pas souhaité donner son pénom), ce sera Nicolas Dupont-Aignan, car “il veut nommer le professeur Raoult ministre de la santé, je trouve ça bien.”

“On parle trop de l’immigration, et pas assez de la condition des femmes”

L’après-midi voit défiler des jeunes qui se pressent sur le terrain de basket situé juste à côté de la salle de sport. Enzo et son ami s’éloignent, ils croisent Liane, 20 ans, un colis sous le bras. Dimanche, elle votera “plutôt à gauche”. Elle se préoccupe surtout de l’écologie, et trouve que “certains candidats, comme Zemmour, éclipsent de leur programme” des thématiques essentielles : “On parle trop de l’immigration, et pas assez de sujets comme la condition des femmes dans la société” conclut-elle. Alexandre, 18 ans, partage: “C’est la première fois que je vote. En tant qu’étudiant, je trouve qu’on ne parle pas assez de nous.” A contrario, il regrette “qu’on parle beaucoup de l’immigration et de l’héritage, alors que ces questions sont secondaires” juge-t-il. Le jeune homme se dit aussi “très concerné par l’économie. Je suis plutôt tourné vers le capitalisme, alors je voterai pour Emmanuel Macron ou Valérie Pécresse”, même si selon lui, “Macron n’a pas fait un mandat extraordinaire.”

Lucie, 34 ans, vient pour son cours de musculation. Cheffe de service en lobbying, elle se déclare pour “la gauche populaire, rassembleuse, harmonieuse.” Traduction en langage d’électrice : “Je vais voter pour Fabien Roussel.” Elle évoque l’agriculture et le soutien à la jeunesse, qui sont selon elle trop peu abordés par les candidats. Elle qui est membre du Cercle Femmes de Vins regrette aussi le manque de considération pour “la vie associative, et plus largement le service public” qui, selon elle, “est toujours abordé sous un angle limitatif de réduction des coûts.”

La politique, j’en ai rien à faire !”

L’atmosphère se rafraîchit. Il fait bien chaud à l’intérieur de la salle, mais une brise commence à souffler au-dehors. Un adolescent traverse la rue en courant, précédé par sa voiture télécommandée : il y a une compétition sur le circuit situé derrière la salle de sport. Un autre, capuche sur la tête et écouteurs sans fil sur les oreilles, franchit la porte d’un pas rapide. Il s’arrête tout juste pour lancer : “la politique, j’en ai rien à faire !”

Sans aller jusqu’à l’abstention, qui pourrait dépasser le record de 2002 établi à 28,4%, certains électeurs s’intéressent moins qu’avant à ce scrutin, ou semblent désabusés. “Je n’ai pas trop la tête aux élections en ce moment” avoue Aurélie, 21 ans, alternante en communication plus préoccupée par ses contrôles qui s’enchaînent que par les urnes. Elle ira tout de même voter dimanche, mais ne sait pas pour qui. “Je ne voterai surtout pas Zemmour, car il n’est pas féministe. Ensuite, j’aimerais bien que ce soit une femme. Mais je n’apprécie pas Marine Le Pen, et Valérie Pécresse a un programme qui me semble plutôt destiné aux personnes âgées.” Aurélie voudrait un candidat qui se soucie de la jeunesse, “c’est quand même l’avenir de la France”, avec des préoccupations féministes et écologiques. D’après elle, “ils disent qu’ils vont faire beaucoup de choses, mais ils ne le font pas.” Même son de cloche pour Kévin, 36 ans, responsable d’un service jeunesse et coach sportif : “Je m’intéresse toujours à cette élection, mais moins qu’aux précédentes.” Ancré à gauche, – il avait voté Royal en 2007, Hollande en 2012, et Mélenchon en 2017 – Kévin explique son désintérêt par le traitement médiatique de l’élection qui, selon lui, s’attache aux “cents petites phrases” prononcées par les candidats plutôt “qu’aux sujets de société.” Et de détailler ses préoccupations : pouvoir d’achat, jeunesse, éducation. Il attend la gauche sur ces sujets, mais demeure indécis.

Et au second tour ?

Au second tour, Alexandre ne votera “surtout pas pour les extrêmes, ni de gauche, ni de droite. Je suis presque certain de voter pour Macron” s’il se retrouve face à Marine Le Pen. Enzo et son ami ne sont pas d’accords : le premier hésite entre la candidate du Rassemblement National et Jean-Luc Mélenchon, selon la configuration ; le second votera “Marine Le Pen ou blanc.” Lucie ne veut pas “choisir un ou une candidate en colère”, et voterait pour le Président sortant en cas de duel face à Marine Le Pen. Même chose pour Kévin, “mais ce serait un vote par défaut” soupire-t-il.

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